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Full text of "Abbrégé de l'art des accouchemens"

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J30Ç4S 


A B B R E G E 

B B VJ R T 

DES 

ACCOÜCHEMENS 


ms lequel où donne les précepte! néçeflaires 
>ourJe mettre Heureiifement eil pratique! 

On y a joint plujieurs Observations inter efantes 
fur des cas fmguliers , 

Ouvrage très-utile aùx jeûnes Sàges^Femities ^ & 
généralement a tous les Élèves en cet Art, qui 
défirent de s’y rendre habiles . , . 

èfOÜVÊLLE ÈDÏTÏÔNl 

inrichie de Figures en Taille-douce enluminées. 
,r Madame LE BOURSIER DU COUDRAY , 


Libraire, îrapri- 


Chez PIERRE. 

meur 


M. DCC. LXIX. 

Avec Approbation & Privilège dit Roi. 





























dans les campagnes Çutilité de ma Machine\ 
Vous achever^ ce que votre illuflre P rédécëjfeirr, 
ré avait eu que ledems de commencer : nombre 1 . 

\ cle Sujets bênijfent le Protecteur de 1 Art, qui 
Us a préfervés de devenir les trijles victimes de\ 
T ignorance. Votre Nom , MONSEIGNEUR J 
à la tete de ce Livre , ne fauroit donc ternir, 
f éclat des elogeS que la pojlérité vous devra: 
\îl n éjl pas moins glorieux de veiller a la con-\ 
fervation des Sujets de Sa Majejflé dans te fein 
de fort Royaume , que d’éloigner de fis Fr on-', 
tieres > & de détruire les ennemis de fes Etats ; j 
, 1! un.a plus de rapport que Vautre aux fintimens. 
[ dé humanité:, qui vous animent : votre cœur fi 
fatisfait tous les jours a foulager les malheu¬ 
reux ^ '& les marques de bonté, qu ils en éprou¬ 
vent , donnent un prix, nouveau a vos bienfaits. 
Je me repofe fur leur reconnoijfance du foin 
de les publier , & f ajoute a un fentiment fem- 
hlable -, Vaffurance du profond refpect avec L- 


Votre très - humble , &. 
très-ohéijfante firvante 9 \ 

Le Boursier du Coudra ré 





J E n’entrerai pas dans un détail fort éten¬ 
du, fuf ce qui concerne l’Art des Accou- 
çhemens; j’ayoue même qu’il me feront im- 
poflible d y parvenir , à moins que je netranf- 
crivilfe ce que tant d’Auteurs ont écrit fur. 
çe fujet. Tpüt mon objet eft de renfermer, 
en peu de mots les vrais principes de cet 
Art, & de les préfentçr fous un point de 
vue qui puiffe les faire comprendre par des 
Femmes peu intelligentes. Combien y en a- 
t-il de cette efpèce, qui fans prévoir aucune 
fuite fâcheufe fe mêlent d’accoucher ? & 
-combien de malheureufes ne deviennent- 
I elles pa§ les vi&iînes de cette ignorance r 
,La feule compaijion ip’a rendue Auteur., &c 
n’écrivant point pour les perfonnes éclairées, 
je ne fçaurois me rendre trop intelligible. 

' Après avoir appris dans, la Capitale, l’Art 
que je profefle,**& l’avoir exercé f efpace de 
feize ans, mon fort me conduiiit en Province* 
Pour répondre aux marques d’eflime que me 
'donnoient ceux qui m’y avoient appellée , 
j’annonçai que j&. donnerpis volontiers mes 








dont je rendis les jointures affez flexibles 








Avant - Propos. vij ; 

pour pouvoir le mettre dans des portions 
différentes, un arrière - faix, avec les mem-j 
branes, & la démonflration des eaux qu'elles' 
renferment, le cordon ombilical compofé de 
fes deux artères, & delà veine , laiffant une 
|moitié flétrie, & l'autre gonflée, pour imiter 
! en quelque forte le cordon d'un enfant mort, 
:& celui d'un enfant vivant, auquel On ïentj 
les battemens des vaiffeaux qui le compofentJ 
j J'ajoutai le modèle de la tête d'un enfant: 
féparé du tronc, dont les os du crâne pafi 
foient les uns fur les autres; je crus qu'avec 
une démonflration aufii fenfible , fi je ne pou- 
jvois pas rendre ces femmes fort habiles, je 
leur ferois du moins fentir la néceffité de de¬ 
mander du feçours affez tôt pour fauver la 
mere & l'enfant; fecours dont les Villes ne 
manquent pas; mais qui feroit très-née efla ire; 
dans les Campagnes, où l’habileté d'un Chi¬ 
rurgien appellé trop tard , devient fouvent; 
inutile , ne pouvant qu’être le fpeâateur de 
deux vi&imes expirantes, pour lefquelles Ion; 
art & fon zèle font alors infruèhieux. Ainfi 
mon projet fut de faire conoître a ces femmes; 
les divers dangers où leur incapacité expofe; 
jla mere & l'enfant, de leur montrer la nécef-j 



viij Avant-propos . 

fité de procurer au plutôt le Baptême à ceux 
qui font prêts à périr , & de conferver des 
fiijets à l’Ëtat. J’ai raffemblé les diffétentés! 
leçons qüe je donnais à lire , & je me hazardé 
aujourd’hui de les. fairë imprimer ; ce qui efl 
moins l’effet dé la pféfomption, que vingt 
années d’expériencê aüioient pu m’infpirer, 
que le defir de me rendre \ pat ce moyen, 
plus utile, à nia Patrie : trop heuréüfë fi je 
puis y parvenir. C’eftparcë jfiotif que j’ef- 
pere obtenir de mis Leâëùrs la gtaêè. dê fiè ! 
point faire attention aux fautes qu’ils pour-; 
ront rémarquer dans ma di&ion , loriqu’ellesj 
n altéreront point le fens dei préceptes que je 
donne à mes Élèves. 

J’ayôue qu’en compofant les Leçofis que je, ; 
leur donnais'à lire, je n’avois en vue que les 
.Sages-Fënimes de la campagne ; mais ayant 
fait réfléxion que ces Leçons pourraient paffer 
èntrelés mains de pérfonnes plus intelligentes',' 
par conféquent füfceptibîes d’une infiruilion \ 
plus étendue, j’ai crû que fans rien changer 
à l’ordre que j’avois donné à ces préceptes , 
je devoïs ÿ ajouter quelques remarques par¬ 
ticulièrespoiir les faire lire avec plus de fa- 
tisfa&ion & en même tèms plus de fruitl 

Chargée 






Chargée par ordre du. Roi, & comblé#'; 
dé les bienfaits, pour iîiftrulrë ; à l’aidé ’dé‘ 
iâ MaEfelne-rjue j’ai'imaginée, les. iemihes 6c' 
hiles oui fe deiiinent à cét état*$ iur tout dan| 
les Campagnes , j’ajoaîte à ma fecéïîdè Édb, 
lion ? des Planches qui puifeit ia|âpelfe A' 
unes . Elevés mes mentes démm^firwÿon&gM^ 
pour pouvoir leur rendre ë né ors plué {emi- : 
Mes , Je iesr al fait enlumiheri --pQtlr - èmedes 
différentes couleurs.àcaÀflehEuAp de-clarté 


ionnes qüi 


s ia connoillanî 


mation 

Mairie 









V ^ ^ # ^ ^ * Sa * « ? ^ ¥ tt * Iflf 

L ’Auteur fait fentir dans Ton Avant-Pro¬ 
pos , qu elle n’a pas eu feulement pour! 
objet rinftruûion des Sages-Femmes de la ! 
campagne , mais aufli celle de toutes les per- 
jfonnes qui voudront embraffer l’Art des Ae- 
jcouchemens. C’ed pour répondre à ce zèle 
•pour le bien public, *que l’on a jugé à pro- ! 
|pos de placer ici des Notes particulières fur 
quelques endroits de FOuvrage 5 & d j join-; 
dre quelques Obfervations intéreifantes qui 










A B B R É G É 

D E r A R T 

DES ACCOUGHEMENS, 


Des qualités requijes aux Femmes qui 
de (li tient à i Art des A±c couche mens. 


'ÿgcgj g? h H h 1 K £ h S de notre Religion 9 ! 

~|P |ÿ- nous ne devons pas ignorer quelle! 
ffilpWk nous oblige à exercer avec honneur! 

l’état que nous avons choifi ; mais; 
puifque dans quelque profeffion que ce foit 5 | 
ion doit y faire de bonnes œuvres, nous! 
n’aurons là-deffus rien à nous reprocher 
Ci nous pratiquons celles que notre Art nous 
met à portée de faire par nos veilles & nos 
foins pour les pauvres femmes qui ont befoin 
de notre fecours. Nous fatisfaifons au Com¬ 
mandement d’aimer Dieu dans fes mem¬ 
bres, & nous devons nous empreffer de les 
foulager, & de leur donner même la préfé¬ 
rence fur celles qui par leurs rieheffes 













'■% Abhrêgé de 1 Art 

font moins exgofçês à périr faute de foire 
;Àinfi nefaifcms point acheter à ces pauvres 1 1 
dhalheureufes nos fervices, en les obligeant ' 

; de mauvaife- grâce , & avec un air dur. Ne' 
nous impatientons pas de la longueur de leur 
travail ; raffurons - les fur la Çtqinte qu'elles 1 .: 
‘6 fit fpüvent qùe nous les abandonnions pour’ 
j aller fecourir celles qui font plus fortunées.; 

I Ceft une allarme qui augmente leur peine ; 
|êUès ne ientent que trop , que ce n’eft point ï 
{intérêt qui nous fixe auprès d'elles, n’atten¬ 
dant que de notre charité les fecours qui leur; 
font néceffaires. Calmons leurs inquiétudes J ; 
compatifidns à leur fituatiori '; c’efl. le feui 
moyen- de les confoler : fouirons mille in-; : 

| commodités & tous les dégoûts ■ que l’on; [■ 
trouve-dans leurs chaumières ; la:renom-:j 
penfê que Dieu, y a-attachée 9 doit nous don-; 
j'ner la. force-ôt-le ^courage de les fupperterJ 
^Gardons-nous bien-/ ceque je n’ai vu .quel 
jptrop feuvcnf 5 les femmes étant dans les der-j 

i uiéf es douleurs 5 l’enfanî au paffage f de; 
les abandonner, inhumainement pour 'courirj 
au fecoùrs de quelqu autre plus en état de' 
I;payer -nos-ioîns ; c efi un crime affreux lansj 
I doute. Mais, de - quel: ppurrois-je* caraÇ- 





des Accauchemêm. >| 

Itérifei ceux qui pour ne pas abandonner la| 
ifemme, & pour s’en défiarraffer prompte-'' 
ment 3 accélèrent l’aGCoiicïtemeut; §€ . vfolend 
lient 4a mere & l’enfant , fans rougir d’être; 
[la cauie de la mort prochaine de deux- 
fortunés, que leur obfeufiîé empêche defe-j;'■ 
jgrettér. Mais que faifons *- nous ? Ignorpns-j 
| nous que ces deux vi£limes ^éfoienî' ehered 
iaux yeux de Dieu, utiles à leur famille, & : 
||néceifairês, à l’état ? G’éîoit un dépôt qui nôps ; 
jiavoit été confié. Pouvons-nous, en iêâfkeri?; 
[fiant à un vil intérêt, ne pas trembler for le [ 
[compte exaQ: que nous en rendrons un jour 
à celui qui leur a voit donné l’être, 

! On commet un autre crime dont orucher-; 

I ché vainement à fe juftifier par des fophifines [ 
auxquels on donne l’apparence de la vertu ai 
on refule tout fieçours à une fille qui a cellej 
de l’être, & qui donne les marques de maf 
ternité ; on l’abandonne , on la réduit au. déd! 
fefpoîr; on la détermine fou veut , faute de. j 
| confiance & de confolation , à donner la mort- \ 

| à. un.innocent, que le crime de fa mère-ne; 1 
l'doit pas rendre indigne de nos foins. Il; femqj 
|;ble que dans les petits endroits a ces bonnes| 
j.gens fe çroyent des .élus du Ciel;,.qpptp mejj 


4 Abbrégé de F-An 

rien biffer à la vengeance divine , s’imaginant 
que c’eif participer au crime, que defoula- 
ger les criminels ; mais le zele, la charité & 
la prudence s qui animent es femmes qui fe 
■ deitinenî à l'Art des Âccouchemens, doivent 
leur faire méprifer des préjugés fi contraires 
à la religion & à l'humanité, & les porter à 
donner à ces infortunées tous les fecours que 
leur fituation exige. 

H devrait être inutile de recommender 
aux femmes de ne jamais fe prendre devin; 
mais les Accoucheufes font obligées d j faire- 
plus d'attention que d’autres, fe trouvant dans 1 
le cas d’être appellées à toute heure, &dV' 
voir la tête faine , afin de ne point expofer■ 
la mere ni l’enfant à quelque danger. Mais fi 
les bonnes mœurs font néceffaires à la femme 
qui fe ddtine à l’Art des Accouchemens , 
pour fe concilier l’effime de celles qui auront; 
befoin de fon miniifere, il lui ëfl eflentiel auf ! 
fi , pour mériter leur confiance , êr pour na-, 
:Voir rien à fe reprocher far les mauvais fuc-j 
!eès qui pourraient lui arriver dans le cours;! 
H de la pratique, de s’inflruire des chofes efen* 
jjtîelles à fa profeffion , c’efl - à - dire, de con-i 
jjtiokre les parties du corps humain , ou du 







'moins celles qui ont rapport a îaecoucne- 
'ment, & d’avoir une connoiffance fuffifante , 1 
(tant de la théorie que de la pratique de fon- 
|Art, ce quelle pourra acquérir i°. par la ! 
Jeâure réfléchie des bons Livres, qui en 
renferment les préceptes ; en voyant tra¬ 
vailler des personnes habiles ; 3 0 . en s’exer¬ 
çant foi - meme ; & enfin en affiliant , autant 
qu’il lui fera poffible , aux difle£lions anaîo-j 
iniques, . | 

j Je n’a vois connu que des malheurs caufés 
par l’ignorance des Sages-femmes de campa- 
| gne * & j’avois tâché , comme on le voit, dé 
les engager de . s’inflruire, ôt à fe conduire' 
avec plus de charité; mais ma miffionm’ap-' 
prend tous les jours combien il périt d’enfans 
après être fortis du fein de leur mere, par le 
manque de foin; premièrement de îa part de 
la Sage-femme & par la fuite de celle des 
Nourrices, ce qui m’engage d’entrer dans un- 
plus grand détail. 

| Lorfque l’enfant vient au monde trop foi- 
.ble & fans aucun mouvement, ces Femmes fe 
^hâtent de Fenvelopper dans un chifon ,Tex~| 
’pofent par terre dans un des coins de la cham¬ 
bre le plus reculé, pour éviter à la mere ce 







% -jtbhri '0 éc 1 Art 
M&é fpeàacîe : ion ne pèut douter qu il sert 
lêâtetrè de tons- viva-ns., & toujours maibeu- 
jfeufefrtèîit értècrtë. farts Baptême > témoins 
]îei quaîfe qui eüffèht été facrifîës ^ êê à qui 
fpetB : !e bonheur de fendre là vie de les; 
: fàire b&ptifèf à FEglHe, Je trouvai un de eës 
fêrtfans I qui ürt eMen- avoit déjà mange un 
jdoigt des pieds ÿ -farté- que péflbnne s’en fut 
àppëfçti- fort lent cPnifeiett dette rtégËgence 
eft douloureufe à l’humanité; on trouvera au 
jêhapiffë quatorzième la. manière dont if faut 
ifecôufir F ârtfaiit5 <êt où verra quit ne faut jà 
[maià : l^aBtüdqrtrtëf que Fort rte : fort.bien ton 
'Vàirteu defa--morrt 

Âpfês fdrts : ees ; ;î&mf 9 s’d ■revient à la vie 
Ôu qu’il naît riért éfairtt pouf Ia : pëfdrëy h 
(Sage-femme fur - font dans dès Paroiffe de 
(campagne -, fera. avertir Monfiréur- lé Gare 
(afin dé ÿaffdrèf de l’heufè du Baptême * fautei| 
ide nette ' pféèâùfion_, il arriver! foüvertt qrt’tKf | 
l'Curé occupé à la vifite de les-malades ou àj 
fes propres- affaires- -, fè tfouvèfa-abfênt dans! 
Je terni tjdèTort aura porté Fénfant-a -FEgfiféÿj 
Pet mèértvénienr Fexpofe aux: rigueurs- de la 
tfaifort 5 quelques fois pendant piufiëufs heiïp 
jfes , 6ë déifia fa-fanté : : à quel danger 1 enfant; 









des Accouchemens. J 

feroit-il pas expoie, fi ceux qui âccompa- 
ent le Baptême, s’arrêtaient à boire, & en¬ 
voient la Sage-femme à en faire autant. 

Ï1 j a ordinairement du danger à porter les 

fur-tout 


i Baptême pendant la nuit 
’aroiffes de la campagne ; les mauvai si 
les foffés,les planches, lesfaüîoirs, les! 
les mauvais tems , les rencontres des! 
&c. tous ces inconvéniens, defquels j 
;on ne peut fe parer en plein jour i ne per- 
Imettenî pas que l’on y expofe pendant la 
[huit un dépôt fi précieux, un faux pas de 
celui ou celle qui porte Fenfant, peut lui 
Ijfaire perdre, la vie fans Baptême ; on peut lui' 
donner dans la maifon fous condition ; auffij 
voit-on des Paffeurs Pages qui défendent d’a¬ 
mener à FEglife Fenfant lorfquil eff nuit* 

! Il eft encore du devoir d’une Sage-femme’ 
d’avoir foin pendant l’hiver de recommander | 
aux Clercs de la ParoiiTe de chauffer tant fok 
.peu l’eau des Fonds , de forte quelle lait un; 
peu tiede , faute de cette précaution, l’en-1 
jfant pourroit s’enrhumer, il pourroit même 
js’enluivre des infirmités qui le conduiroienP 
à la mort. ; 

j Quand une Sage-femme propofe Fenfant 


;cmens 








8 Abbrcgé de l'Art 

pour îë Baptême , elle doit détacher Pépin- 
pie du bonnet de deffous le menton, & ne 
point arrêter le maillot deffous le col, afin 
.de faciliter léls bnêfions qui fe font fur la 
'poitrine & entre les deux épaules. 

| Quand elle préfente Fenfant au Baptême, 

|il faut quelle rétende le long du bras gau- 
lehe , en foutenant de la main la tête tant foit 
!peu penchée far la poitrine, enforte que la 
tête foit un peu plus haute que les pieds 

Il fè trouve des femmes fi embarraffées, 
quelles présentent Fenfant des deux mains 
; & par les épaules : cette attitude eft fi vio¬ 
lente pour lui j qu’il en devient fur le champ 
tout violet , parce qu’il n’a pas la force de 
feutenir fa tête : je dois tout ce détail à des 
Curés, qui, pénétrés de fentimens d’humani¬ 
té, m’ont prié d’en inftruirè mes Eleves. 

C’efi: par cette cbnfidération que Meilleurs 
les Curés confenîent volontiers que les Pa- 
rains & les Maraines fe contentent de toucher 
Fenfant quand on le fsréléntè au Baptême , 
ët Regardent commë^propre aux Sages-fem¬ 
mes d’avoir toutes les attentions : ces Met 
fieurs favent aufix tous de quelle cohfequence 
il eft de ne pas verfer l’eau de trop haut , com- 






J + ÿ&b — des Accouchement. 9 

Ifne auffi de trop appuyer fur la future du 
crâne de l'enfant dans Fonôion, du Saint 
Chrême. | 

| Les Sages-femmes doivent encore s’inté- 
reffer à ce que les Accouchées ne fa-ffent leur , 
première fqrtie pour venir à FEglife avant: 
qu’elles foient bien remifes : on ne fauroiî I 
comprendre combien ces pauvres femmes; 
contraient d’infirmités à leur première for-1 
tie dans des tems de pluye ou de froid, ou ! 
par la lailitude à caufe de la longueur duché- j 
min 9 ou enfin à caufe du fcrupuie quelles fe 
font de prendre quelques nourritures avant 
'que d’avoir entendu la Meffe. 

Les Nourrices * celles même qui ne font! 
pas meres, s’attachent naturellement à leurs, 
nourriiTons, celles qui les 1 aillent fouffrir, 
quand elles peuvent les foulager font des 
monftres de nature : que les Nourrices n’ou¬ 
blient donc jamais que les plus précieux tré.-i 
fors que l’on puilTe confier, efr entre leurs 
mains, & que la religion, F humanki ê^Thon-l 
neur exigent tous leurs foins pour la confer-1 
vaüon de ce dépôt. 1 

L’Eglife défend aux Nourrices de mettre j 
leurs enfans avec elles dans le lit, avant qu’ils | 






jo Abbrègé de l'Art 

ayenî atteint une année complette. NoffeiJ 
gneuxs les Evêques en font communément! 
un cas réfervé, fur-tout lorfque les Nourri-! 
: ces s’endorment pendant ce tems-là : j’ai oui* 
dire bien de fois a des fages Payeurs 5 que! 
le nombre des enfans étouffés à caufe de cette! 
indifcrétion , eff plus grand qu’on ne penfe^ 
on en reeonnoît facilement le danger. 

En effet, fi la Nourrice met l’enfant à côté| 
d’elle, elle fe met de côté pour l’alaiter ; le! 
chatouillement du nourriffon Fa fait bientôt! 
fommeiller, elle penche infenfiblement vers 
luis elle s endort, l’enfant n’a pas la force 
pour fe défendre ni pour la réveiller, il étouffe. 

Une Nourrice plus courageufe s’allied fur 
fon lit avec l’enfant entre fes bras, mais il! 
n y a pas plus de sûreté % la Nourrice fom-j 
meiflera également bientôt, en fomm alliant 
elle craint que l’enfant ne lui échappe, dans 
cette crainte, elle le ferre un peu plus, l’en¬ 
fant- plus ferre fe débat, la Nourric e roui ours 1 ' 
dans lâ même prévention, le ferre encore da¬ 
vantage , enfin elle s’endort, l’enfant eff trop! 
ferré à la mamelle , il ne peut ni crier ni fé 
; débattre , la Nourrice à fon réveil trouve Fem 














iz Ablrégl de F Art 

habitude en fuivant cette pratique; d’ailleurs 
les Nourrices par ce moyen pourront dormir 
[plus tranquillement, leur lait ne fera point vi- 
cié par les infomnies , elles ne feront plusex- 
pofées au froid de la nuit, ni par conséquent 
aux douleurs & aux maladies qui en font la 

fuite-. . . I 

[ J’ai vu un ufage bien louable dans le Dio- 
cèfe du Bugey ; Mrs. les Curés cfioidffent 
,!ün jour de Fête dans la belle faiîon pour in- 1 
^viter-les Nourrices à apporter leurs enfans a 
i’Eglife ; quand elles y font alfemblées le 
Curé leur repréfente patétiquementie prix du; 
, tréfor qu’elles ont entre les bras, le foin quel- j 
[ les doivent en ayoir, les 


précautions qu elles 
| ont à prendre pour le conferver, le mérite 
qu’il y a dans tout cela, la récompenfe qu el¬ 
les en ont à efperer dans cette vie & dans Tau 
jtre ; enfuiîe il donne la bénédiâion à ces en- 
ifans dans la forme prefcrite au Manuel de. ce 
iDiocèfeo 

| Combien d’enfans morts gu eftropiés par 
la négligence de leurs Nourrices ? Il efl bien 
malheureux que l’Etat perde tant de fujets ; 
-mais il lui en relié encore un nombre 3 qui 
: par la fuite ne peut que lui devenir à charge : 





des Accouchemens . 1f j 

ce font les imbéciles, les punais, les fourds ; 
comme l’enfant qui vient de naître n’eftencore ■ 
qu’une cire molle, fufceptible , à ce que l’on 
|croit, de pouvoir être pétrie à fon gré, l’on 
[veut que ce foit à une Sage-Femme à réparer 
les défauts de la nature, en réformant la tête 
■del’enfant, pour la lui rendre plus ronde, de 
lui faire aulli un nez plus petit & plus agréable. 
Ce malheureux préjugé eft de tous les Païs, 
& les Sages-Femmes nont garde d’y man¬ 
quer ; les prieras même de la mere , & les 
reproches qu’elle feroit dans la fuite, & la < 
tête de fon enfant étoit trop longue, large cm 
trop greffe, les rend très-exaûes à cetùlage: 
il eft aifé de penfer avec quelle violence cette 
manœuvre fe pratique. J’en ai vu ne furvi- 
vre que quelques jours après, & d’autresref 
ter infirmes pour toujours , d’autres auffi ne 
pouvoir refpirer pour avoir les os du nez' 
trop refferrés. Mais pour corriger cet abus, 1 
il faudroit que les meres dommençaffent les 
premières à devenir raifonnables fur cet arti-j 
cle-là, quelles fuffentbien convaincues quel¬ 
les participent par am our de mere à la perte &j 
aux infirmités d’un bien qui leur eilfi cher, j 









L A Matrice:, que Ton fçait être Forgane 
principal de la génération, efl:un vifcère 
creux, fitué au bas du ventre, dans cette cavité; 
que Ton nomme le Bajjln , entre la veffie ,qui 
eft placée en devant, & Finreitm rectum , vul¬ 
gairement'' appellé le gros boyau , qui eft par 
derrière; Fun & l'autre lui fervent comme de 
! couffin, Sx la garantiffenî des impreffions aux¬ 
quelles elle fe trouve expofée de la part des 
jos voifins. Ces os lui fervent de rempart dans 
lies accidéns auxquels la femme eft expofée ; 
tels que font les chutes , les coups, &c. 

Le baffin eft fait par deux grands os y dits 
innominés , qui s'uniffent par devant, & fe joi¬ 
gnent par derrière à Fos facrum , qui achevej 
jde former cette cavité. Chaque os innommé 
ieft çompofé de trois piéces> qui font déparées 


■S hanches, les 








CeOe première^figure représente le Bassin pendu en avant 
Pour/aire apercevoir la distance cpù se trouve entre les Os 
Pubis A, et le Coccic BC, l'Os sacrum DD, les Os des illes EE, les 
Os Ichions FF, les deux trous Ovalaires GG, les cavités Cotdcides HH, 
Les échancrures des Os de,s illes aidant affermer Us trous Ciadc/ues 




















i deux os pubis, vulgairement appelles os bar¬ 
rés * fe joignent par devant, & c’efl à ces deux! 
P os que la partie de la femme répond. L'os 
façrum çil i itué au bas des reins , & forme la! 
ipartie po&érieure du baffin : il eû joint à un’ 
'autre os, qui fe termine en pointe ; on le nom¬ 
me coccyx , & vulgairement le croupion. La 
Ifoupleffe des ligamens qui l’attachent à Vos 
|facrum 5 lui permet de fe porter en arriéré ; 
^ce qui facilite la fortie du fétus , & la femme 
relient quelquefois dans cet endroit une vive 
douleur , par lextention confidérable de ces 
ligamens. 

| Â l’égard des os Ifchion y qui forment la' 
Ipartie inférieure du baffin 9 en inlmuant le 
doigt indice, dans le conduit appellé vagin y 
on les fent de chaque côté. L'efpace que ces 
deux oslaiflent entr'eux , : efl pour l'ordinaire' 
allez large , pour donner à l’enfant la liberté 
; de pafTer. Mais lorfque ces os fe trouvent 
: trop rapprochés, c'eft un vice de conforma -\ 
ption d’autant plus dangereux pour i enfant J 

1» n .. .___ J. i_ /_i 







Ï6 A'bbrégè de TArt 

mier enfant ; car lorfqu'elle en a déjà eu, & ! 
quelle en a porté à terme , on ne doit pas 1 
craindre que ces os fe foient rapprochés :! 
cependant fx l'enfant étôit monflrueux par feu 
volume , pour lors le peu d’étendue du petit 
baffin rendrait l'accouchement très-difficile, 
pour ne pas dire impoffible, & ce ferait vai¬ 
nement que Ton atîéndroit que ces os fê fé- 
paraffent pour biffer un paffage 
fant, préjugé dont on ne peut gin 
revenir les Àccoucheufes non * 
attendent avec 


libre à len : 
Ires faire 
infimités. Elles 
fécurité pendant plufieur s j ours 
auprès d'une femm< 
pour faciliter la forîie de l'enfan 

fouyent dans les cam- 


s que ces os fe Réparent,! 

t^yCette er¬ 


reur ne. cauie que trop 
pagnes la mort à un nombre infini de.femmes: 
& d’enfans. " j 

La figure particulière de la matrice , qui; 
approche de celle d'une poire un peu applatîe,1 
tant à fa partie antérieure qub la poilérieure,! 
y a fait diflinguer un corps & un col : elle 
fe trouve attachée en devant par foncolyou 
don étroite , à la veffie, & par der- 
riiiteflin rectum ; elle efl outre cela at- 
aux parties voifines par quatre liga- 
deux à droite & deux 


à gauche y ils 


[mens 





pi. ir e 



Gîte second.- fi.nue fait voir le Bassin et /a matrice avec lentes 

S es dépendances dans la situation naturelle ainsi/ ijue la vessi/ et lin — 
leslin rectum A le corps de la matrice B son orifice a l'extrenuk de sen 
toi CC ses trompes DV les Ovaires T,P tes morceaux Ji'anefces FF 
les deux Lfaaments larcjes GG les deux Lijamtnts ronds avec la patte dCi/c a 
leurs extrémités IJ ta partie supérieure de lIntestin rectum I sa partie inférieure ou 
Anus K la vessie L son col avec le méat uruuurc a son extrémité 





P C/iapparrs 












des Àccouçhemens. XJ ! 

font diftingüés en larges & en' ronds. 

. Les iigamens larges ne font que des replis 
membraneux, qui après avoir couvert la ma¬ 
rrie e s s’attachent aux régions iliaques & lom¬ 
baires où Ils é fe terminent dans le voifinage 
j des reins. •.= 

| Les Iigamens ronds nalfient des parties la¬ 
térales & fupérieilres de la matrice , defcen- 
j'dent vers les ouvertures dès mufcles du bàs- 
! ventre, appellées anneaux , par où ils paflent, 

| & vont.fe terminer en fe divifant en forme. 
Lde patte d’oie, à la partie antérieure &- ftrpé~j 
prieure des ctiilFes. 

| ; Les Iigamens larges & les ronds fervent à 
affujettir la matrice dans fa fituation naturelle, 
fans s’oppofer néanmoins à l’extenfion confi- 
dérabie.. quelle acquiert pendant la grofïefîe;' 
les douleurs que les femmes refîentent vers, 
la fin dans les aines & aux cuiffes , ontpourj 
caufe les îiraillemens que les Iigamens ronds| 
J reçoivent alors, à mefure que le volume de^ 
j; la matrice augmente. 

Quoique la matrice foit rétehüe. de tous les 
| côtés, au moyen de fies Iigamens , elle fe dé¬ 
place néanmoins quelquefois, fies Iigamens 
•pouvant prêter, 6ç ainfi ocçafionner les ablh 





Ab b régi de l’Art 

quités, fa chute & fon renverfertient. Les 
mouvemans convulfifs dont elle eft fuieepti-! 
ble , en font une preuve , puifqu elle 
& defcend alors d une maniéré afe&fenûblej 
La matrice eft compofee dune- iuMance; 
membraneufe & mufcuîeufe, qui lui permet 
de fe dilater ôjt de fe refFeffet plus ou moins 3 
fuivant le volume de ce qui eft renfermé dans 
fâ cavité- Le fônd ou le corps de' la matrice 


L Extrémité du col de la matrice eft em 
braffée par un conduit en partie charnu 3 
\ & en partie membraneux * qui a environ cinq 
l'àrftx pouces de longueur: il eft finie cblL| 














des Accouchemens. 19 

quement de bas en haut. Ce conduit appelle 
vagin , efl capable de fe dilater & de îerefi-j 
ferrer. L’orifice de la matrice qui répond dans! 
ce conduit, laifie couler en certains tems lesi 
Imenftrues ou réglés, & reçoit auffi dans- les 
■approches la femence du mâle pour lagcné-j 
ration. ^ 


Cette ouverture eff capable d’une I 

grande dilatation, puifqu’elle permet la fortie ! 
ja.--.-/rù»! 


du fétus & du placenta , &c. On la nomme affez 
■communément Xorifice interne de la matrice . 
jj L’entrée du vagin ou fon ouverture exté¬ 
rieure^ beaucoup plus d’étendue dans les 
femmes qui ont eu beaucoup d’enfans , que 
dans celles qui n’en ont point eu, ou qui en 
ont eu feulement un ou deux. Cette ouverture 
eff affez étroite dans les filles ; elle y eff fer¬ 
mée en partie par un cercle charnu & mem¬ 
braneux. C’eff ce cercle que l’on nomme hy- 
\rnen . Au lieu de ce cercle,, on rencontre dans 
Iles femmes qui ont été meres , & même dans 
Icelles qui ne Font pas été, mais qui ont foufi 
jfert les approches du mâle, trois ou quatre 
jbouîons charnus , connus fous le nom de ca¬ 
roncules my rtkifiormes , qui font formés par 
le déchirement que le cercle ou Fhymen a’ 
fouifert dans les approches eu dans Fintro- 







2ô - Àbbrégè de /’Art 

du&ioîï trn peu forcée de quelque Corps dans 
ce. conduit : d’où ion doit conclure que fr 
rintégrité: de ce cercle dans une fille neffi 
pas une preùye r afefolue de fa fagéffe, elle doit 
du'Moins; faire, préfaier avantageufement 
pour la fille en qui elfe fe trouve* 

Le vagin eft joint ; adeux autres conduits.- 
Fun placé en devant, & f autre fitûe ' en are 
riefe. L’ouverture de celui-ci appelle .anïisÿ 
répond à FiriîefHn rectum. Le conduit anté-i 
rieur nommé urèthre 5 :eft la continuation du 
col de la veflie ? fituée immédiatement der¬ 
rière les os pubis. L’orifice de ce conduit' 

! connu fous le nom de méat urinaire, donne] 
ifiue à l’urine que la Veille fournit. 

L’on fçait que pour découvrir l’entrée du 
i;vagin & l’ouverture de luréthre, il faut ë.car- 
; ter deux replis formés par la peau, qu’on nom- 
; me les grandes levres 5 pour les diiringuer de 
: deux autres qui ont moins d'étendue, & qu’on 
appelle les petites levres ou les .* nymphes. 
Celles-ci fe portent obliquement. de bas en 
haut pouf aller s’unir l’une à l’autre ; imfflé- 
[diat ement au-deflbus de leur union fe yôk ! 
lune éminence charnue ? qui a quelque rapport 
à un grain de grofeille, Onia nomme le gland 









des Accouchemens . .21 

du clitoris , qui eft un corps caché fous la 
.peau , attaché aux os pubis , & dont la druc- 
tute ed prefque la même que celle de la par¬ 
tie de l’homme. Au-deffous du gland du cli¬ 
toris fe découvre le méat urinaire. 

Les grandes lèvres fe joignent par leur par¬ 
tie inférieure, &’ leur union fe nomme la 
fourcheùerAébpjz e qui ed au-de flous, & qui 
fe termine à Fanus , ed connu fous le nom de 
périnée ^.dont l’étendue diminue par les fré- 
Iquens ajccouchemensj & fe détruit quelque- 
! fois par c eux qui font- laborieux. ^ 

j Mais outre l’orifice de la matrice, qui fé 
prouve dans le vagin , elle a encore deux au¬ 
tres ouvertures très-petites s . dtué es a ies par¬ 
ties latérales & fupérieures.. Elles répondent 
chacune à un conduit particulier, dont la ça- 
ivité va toujours en augmentant à mefure qu’il 







2,2. Abbregé de U Art 

ries latérales de la matrice , k laquelle ils font 
(attachés par un ligament arrondi, qui a peu 
dé longueur. La membrane qui couvre Fq. 
vaire étant divlfée , on découvre un tiiTu lpon-j 
igieux, dans lequel fe rencontrent de petites^ 
jvéficules remplies dune humeur claire. On 
[regarde affez communément ces viëficules j 
comme autant de petits œufs defiirrés à la gé¬ 
nération. 


C H A P I T R E I V. 

De la Génération de l'Homme . 

E Ntre -les divers fent-mrens qui partagent 
les Auteurs .fur/cette importante opéra - 1 
don de la nature, le plus vraifemblabie eft 
celui où l’on veut que l’homme & tous les 
-animaux-, tant oviparesque yjvipares * 5 ti¬ 
rent leur origine d’un œuf, & que de mêmé 
‘que dans l’œuf fécond dune poule , toutes 

| * On nomme ov/pare^ceux .qui mettent dêh.ors leurs germes.', 

'que-le temps &’îa'châleur font éclore. Le germe avéc la nourri¬ 
ture qui y eft attachée, & fes enveloppes forment l’œuf. Les 
vivipares au contraire confervent leurs germes un allez long¬ 
temps dans la matrice pour en développer toutes les parties , de 
forte qu’ils donnent naiilance à. des animaux vivans, ce qui les a 
lait nommer vivipares. 
















valre par la femenee du mâle , s'en détache , j 
qu'il eft reçu enfuite par le pavillon de ]a| 
trompe, & que continuant fà route par ce- 
conduit, il va fe rendre dans la matrice^ où 
il fe développe, & produit ainfi le fétus , lej 
placenta & fes membranes, comme je le dirai j 
ci-après, . . . j 

Quoique la matrice foit le Heu où l’œuf; 

>e. ordinairement^ 
éclorre dans l’os- 
me ; d’antres fois dans la trompe , & 

1 '_ 1.1 3 . _' IX M 1.1. . 


[qui a ete fécondé te develop 
on a vu néanmoins cet œui 
ivalre même %*' 
enfin dans la capacité du ventre où il étoit tom» 
extraordinaires font or- 
le fétus qui §n eû Je! 

le nam-; 


générations 

dinairement mortelles , 1 
produit , ne pouvant fortir par la jgb 







2,4; Ah b régi de l'Art 

, <KX><><XKKX:<XKXX XKKXXKKKXXKKXXXXXKX 

CHAPITRE Y. 

Du Fétus 5 du Placenta , du Cordon ombiüé 
cal , <&c. 

L ’QEuf fécondé qui eft.pafle dans la matri¬ 
ce, produit par fon développement, non! 
feulement le fétus, le placenta & le cordon, 
mais encore les membranes & les eaux-qu el¬ 
les contiennent. 

Le placenta ou farriere-faix eft une maffe 
charnue & fpongieufe, formée de l’entrelaf- 
îfement dune infinité de val (Te aux, tant artèfi 
jres que veines. Le placenta efl arrondi dans; 
fe circonférence, il a deux faces, i’une plane,! 
:& .l’autre un peu convexe. Ceft par cette der* 
niere face, que le placenta efe attaché à la 
;maîrice. La face plane efe couverte de deux 
: membranes unies lune à fautre ; elles for- 
itnent: une.. efpece de fac qui renferme non 1 
feulement le fétus, mais suffi fon cordon 
Iles eaux dans lefquelles il flotte pendant fon 
I féjour dans la matrice. 

jjj La plus extérieure de ces membranes, fe 
|lnomme Chorion , & la feconde Amnios . La 





des Accouchemem. a.5 

un peu épailfe , & parfemée de 
v aideaux. La fec ondeeft très- 
phane. Les eaux contenues dans 
s forment empêchent que le fé- 
louvemehs, ne bielle îa matrice, 
tent fa fortie par leur épanche- 
paifage. 

du environ de la limace plane du 
hache le cordon ombilical formé 
:s vaiffeaux qui compofent le pla- 
llî rampent fur cette face. Ces 
t au nombre de trois , favoir, 
pellée ombilicale ., & deux arte- 
e même nom. La longueur du 
û environ de demi-aulne , donne 
liberté de fe mouvoir fans que le 
expofé à aucun tiraillement. Ce 
e perdre dans le ventre a h en- 
nbril. Le fang qui a palfë' de la 
s le placenta efh porte par tk 
icale dans le corps de fenthiit 
rriture , & le rélidu efl rapporté 
>ar les artères du même nom ; ce 
t une circulation continuelle en- 











es fages-femmesj 
feroient la mere 
circulation * dont dépend! 
mpue y foit par la 

I compreffion du cordon , foit par le détache¬ 
ment du placent a, 

| Il faut obferver que les vaifféâux qui com¬ 
ptaient le cordon , ont des ufages tout diifé- 
}rens de ceux du telle du corps , püifque céft 
jlâ veine ombilicale qui porte le fang du 
^placenta au fétus * ôc que ce font les artères qui 
le rapportent du fétus au placenta; au lieu 

i f'que dans toutes les autres parties du corps., ce 
f jiont' les artères, qui diflribuent le fang que le 
Mcœiar leur fournit, & que ce font les veines 
jtfiïb en rapportent le réfidu au cœur ; cfofl ce 
fjdonî ne permet pas de douter le gonflement 
fjtjui furvient aux reines placées au deffousdei 
| : ïa ligature, faite au bras pour la faignée ? puift 
Irqtie le gonflement de ces vaifleaux n'eft pro- 
j.duit que par le fang qui revient de la main * & 
j, dont le cours fe trouve arrêté parla ligature. 
|j -Lë's artères ont deux mouvemens paftieu- 
jifes , appelles diaftolè fiflale, c'efoà-dire, 

dé dilatation & de refferrement; ces meuve* 
| tuens forment le pouls -, qui fe découvre aifo 


fuffifalitè pour mettre les j 
en état de fentir le danger 
& l’enfant, fi cette 
ila viéj fe trouvoit interro: 

cordon , i 













• 1B Abbrégé de L’Art 

point pénétré jufqu au fétus , en 
il’eau : un morceau du poumon d'un enfant 
;mort dans le fein de fa mere; car on le voit 
auffi-tôt tomber au fond de Feâü, tandis, que! 
[le contraire arriverôit, fi l'enfant n'étoit mort! 
que quelque temps après fa naiffaîice, en un| 
mot , après qu’il auroit tefpiré* On verroit 
dors le morceau du poumon refter au-deffiis 
de l'eau, ce qui n'arrive que.par mie portion 
de Faut qui étoit entré dans le poumon pen¬ 
dant Fiiifpiration, & qui n’en a point été 
t baffe par l'expiration, deux mouvemens qui 
partagent la refpiratiom 
| On auroit recours à cette expérience, fi 
Ifo^étok requife de porter fon jugement au 
fujet d'une mere accufée d’avoir donné la 
•mort à Ton enfant, immédiatement après fa 
naiiTance. On conçoit aifém-ent,. par ce que 
je viens de dire, que fi Fon voyoit un mor¬ 
ceau. du poumon de c et ènfamt jette dans F eau, 
au lieu de tomber au fond, comme il arrive 
au poumon de celui qui n’a point refpiré, 
que fi , dis-je 5 on le voyoit au contraire aller 
jjâii-deffus de Feau, cette circonilance con-l 
Jidamiïeroiî la mere, quelque aiîiirance qu'ellej 
|donnât que fon enfant fût venu mort, étant! 





des Accouchemens. 2,9 : 

une preuve que l’air a pénétré fon poumon , 
par coiiféquent qu’il a vécu.. 

Au relie, il eli bon d’obferver que les ar- 
jtères ôc les veines ne-font pas les feuls Ysif- 
feaux qui fe rencontrent dans le corps hu¬ 
main ; il y en a d’autres appelles nerfs, dont 
lia cavité n'eli point apparente, mais qui n’en 
;font- pas moins deilinés à la diliribution d’un 
liquide fpiritueiix, connu fous le nom àlefprit 
animal , fourni par le cerveau, le cervelet, 
& la moelle de l’épine, & dont la préfence 
eft abfolument nëceffaire, tant pour le fenti- 
'ment, que pour l’exercice de tous nos mou.? 
yemens. 


C H A P I T R E V L 

De la vraie & de la faujfe Grojfejfe. 

L ’On ne fçauroit trop fe défier des con- 
noilfances que l’on croit avoir dans l’Art 
des accouchemens, lorfqu’il faut décider fi 
la femme efl enceinte ou non. La fupprefiîon 
des réglés produisant à-peu-près les mêmes 
iymptomes que la vraie groifeffe; mais l’on 
n’aura rien à nous reprocher, fi nous diffé- 





j'j'o Abbrégé de L'An , 

; rons un peu de donner nos avis, ou de con- 
jfeüler des remedes, à moins que la femme 
ne fût en danger; car alors il eft de notre 
devoir de foire notre rapport de l’etat de la 
femme au Médecin ou ati Chirurgien qui fera 
appelle. Tout amour-propre doit céder lorf-; 
jqiTil s'agit , de la confervation d'un enfant.;! 
Comment peut-on fe confeier de fa mort pré -1 
maturée, qu’on a lieu de fe reprocher, lorf- 
qu’eile a pour caufe la trop grande confiance 
qu'on a eue en foi-même, & que dans cette 
idée Ton a négligé de s inâmire à fond des, 
chofes 9 dont la connoiffance empêcfieroit de 
commettre de pareilles fautes ? 

Pour ne point fe tromper , en prenant pour 
vraie groffeife ce qui n'eft fouvent que l’effet 
du-retardement du flux menffruel, il faut 
I s’informer fi |a femme a été quelquefois fii-j 
! jette a des fuppreffions, & fi, depuis quelle] 
l ne voit plus, fon ventre s’eft applati dans les 
premiers temps. Quoique plufieurs Auteurs;] 
né veuillent pas que la matrice fe refferrej 
pour contenir plus étroitement Fembrion, ce; 

: que fe ne muviferai pas de combattre ; il eftj 
pourtant très-fur que toutes les femmes fe] 
îêntent plus à Faite dans leur ceinture au com-j 


mencemep? 




des Accouchemens. J 1 

'mencemcnt de la vraie groffeffe ; mais que 
fur la fin du deuxieme mois, le ventre s’accroît 
par degrés, le nombril faillit plus en dehors, 
i& Ion fent tout autour une tenlion égale, ce 
!qui eft bien différent dans la fauffe groffeffe ; 
car le ventre augmente dès l’inflant de la fup- 
predion; il s’étend par-tout, & le nombril fe 
trouve concentré. Les naufées , les vomiffe- 
mens, les dégoûts, les envies déréglées des 
alimens ne font pas toujours des lignes cer¬ 
tains de la vraie groffelFe * puifque la limple 
fuppreffion produit les mêmes accidens. Le 
fein groffi & douloureux n’en elt pas non plus 
un ligne affuré, à moins que. le mammelon 
ne foit plus dur, & qu’il ne s’élève de petits 
I*boutons fur l’aréole ou le cercle qui fe noircit 
j! plus qu’à l’ordinaire. 


C H A P I T R E V IL 

De VAttouchement , improprement appelle 
Toucher . 

A Près avoir examiné les difFérens fympto- 
mes dont je viens de faire mention, l’on 
pourra encore mieux s’affurer de l’état de la 


K 




\qz Ahbrégé de F Art 

femme en la touchant. Pour cet effet, on 
fera coucher fur le' bord du lit,, la tête un 
peu baffe,; on infinuérâ le doigt indice dans 
le vagin, pour toucher l’orifice de la matri¬ 
ce, auquel ou donnera un petit mouvement 
pendant que l’on appuyera la main gauche 

cl ::a ~ " "* " ~ *. 

de l’enfant 


fur le nombril, Sc l’on fentira les môuvemens I 
car îi arrive, foüvent que la fem¬ 
me ne le fient pas remuer au cinquième , au 
fîxieme mois , & même quelquefois: plus tard ; | 
thaïs fi cetoit dans Jes premiers temps de la 
groffeffe, & qif on ne pût efipérer de fentir 
les mouvemehs de l’enfant> à caufe de fa pe- 
titeffe y onfieroit tenir la femme debout, & 
en la touchant, on trouveroit 1 orifice de la 
piatrice exaâement,fermé,: plus uni, un peu 
plus recourbé en arriéré, du coté dé îos 'fi- 
v crum r & on fentiroit aufli un poids dans la 
matrice, qui étant 
groffeffe , né 
Sans le cas; dufauxgerm 
ifiqùirré.'L’on examinera " 
ces fignes, pour 
un rapport jufte ,' & ne 
lie jugement que Ion 
I Les jeunes Sages 


jere dans la vraie 
pefe - pa# fur -l’orifice cbmme 
e, de -la mole & du 
fcrupuleufement tous 
fé mettre en état d’en faire 
point fe tromper dans 
portera. 

^ Femme s ne ^auraient 










des Accouchement 

trop s appliquer à découvrir, par le toucher 
les divers changemens qui .arrivent à l’orifice 
de la matrice, puifque c’efi: de ces change-, 
mens que l’on peut juger , i°* fi la femme 
eft enceinte; i°. des difFérens temps de la;! 
groffeffe; 3°, ii l'accouchement eft prochain 
ou éloigné; 4 0 . fi les douleurs que la femme 
’reffent font raufîes, ou fi ce font: cilles dit 
travail ; <Vfî l’en fan t eft bien ou mal fîtui ; 




34 Abbrégé de l’Art 

CHAPITRE VI IL 

■De la nêcejjité de la falgnée dans la GroJfejffe. 

S I l’on pouvoit faire revenir du préjugé où 
font bien des perfonnes, de ne point faire 
faigner la femme enceinte qu’au terme de 
quatre mois & demi, Ton éviteroifbeaucoup 
de faufles couches , qui arrivent plus com¬ 
munément aux deuxiemetroifieme & qua¬ 
trième mois, qu’aux autres termes. La raifon 
;en eft toute naturelle , puifque le fétus ne 
! peut, dans ces premiers temps, confommer 
jjla quantité du fang dont la matrice regorge, 
qui, par fon abondance , détache l’arriéré 
! faix qui lui ed adhérent, & prive l’enfant de 
! la vie, qu’il ne tient que de la communica- 
| tion des vaideaux de la matrice avec ceux 
] du placenta; mais il arrive fouvent que lai 
| Nature , plus;fage que la réglé que Ton s’ed 
: prefcrite * fe décharge d’elle-même de ce 
: qu elle a de trop dans ces commencemens, 
j & laiffe les femmes dans le doute fur leur 
i état, parce quelles ont eu leurs mendrues 
; une ou deux fois avec moins d’abondance ; 




des Accouchemens. 35' 

| ca r il eff des femmes d’un tempérament fi: 
fanguin , que cette légère évacuation n’efi 
pas fufiifante pour les préferver du danger 
d’une fauffe couche, fi l’on ny remédie par 
de fréquentes fiaignées. On peut les faire en 
tout temps, lorfqu’elles font indiquées par 
quelques-uns de ces fymptomes, fçavoir, la 
difficulté de refpirer, le crachement de fang, 
Ile faignement du nez, des étourdiffemens,| 
[l’engorgement des veines, des cuiffes•'& desl 
jambes, les engourdjffemens dans les mem-| 
bres , les affoupiffeméns involontaires , une! 
pefânteur dans le bas-ventre, des maux de 
reins, des coliques fréquentes-, de trop grands; 
vomiffemêns, ou de trop violens efforts pour 
vomir, & des hémorrhoïdes engorgées. On 
i doit alors, de toute nécefiité, diminuer la 
| quantité du fang pour fauver la mere & l’en- j 
faut, & ne point s’embarrafier du terme où 1 




3 6 Abbrégé de T Art 

peuvent même s’en paffer ; mais on doit ij 
purger plus fouvent , pour prévenir une; 

; maladie * qui quelquefois fe déclare pendant 
les couches, & qui devient mortelle. On ju¬ 
gera fi la femme a befoin de la purgation pari 
les figues fuivans : fi fon teint eft livide , g 
elle vomit de la bile , fi la bouche efi: pâteufe, 
o-u fi elle a un goût défagréable, fi elle efi fu- 
jette au dévoiement & aux vomiffemens. Les 
légères purgations lui feront alors néceffaires 
je dis; de légères purgations , car il faut bien 
le donner de garde d’en faire prendre de tropj 
fortes ; elles ne doivent au contraire être çom- 
pofées que de ce qu’il y a de plus doux , 
comme la Manne, la Rhubarbe, la Gaffe & 
les Tamarins , ou bien le fyrop de Chicorée 
compofé de Rhubarbe, S’il étoit néceffaire 
de la purger deux fois de fuite, on laifferoit 
un. jour ou deux d’intervalle, crainte de la 
trop fatiguer. 

On doit lui confeiller aufii d’évirer les ragoûts, 
fauces , viandes grafles, & tous les ali mens 
dé fantaifie, qui font toujours d’une difficile!: 
digeffioti, ne forment qu’un mauvais chyle,! 
qui, fe mêlant avec le fang, ne peut qu’en: 
altérer la bonne confiitution. 






des Accouchemens . 37! 

Il eff encore des femmes qui font d un tem¬ 
pérament fi refferré , pendant leur groffefie , j 
jqu elles ne peuvent aller à la felle qu’avec I 
beaucoup d’efforts : on doit leun faire fentir 
le danger quelles courent alors , fur-tout la- 
vertement, un relâchement de matrice 5 celui 
du vagin, & les hernies , fait de faîne ou du 
Nombril ; on les réfoudra, ; pour prévenir CCS 
aecidens , à faire ufage de lavemens fimples ÿ 
foit d’une . déco£fion de fon, avec un peu 
d’Huiie ou de beurre, ou d'herbes émollien¬ 
tes , telles que la mauve,. la guimauve , là pa¬ 
riétaire , &c* foit d’eau fimplement : celle de- 
riviereeff à préférer. On leur recomjnendera 
! aufii de fe tenir à faife dans leurs habits, pour 
ne point empêcher l’enfant de faire la culbute, 

,dont je parierai dans la fuite, "f 


j Du Faux - Germe & de la Mole V 

T E faux-germe ne fi; autre chofe, félon 
plufieurs . Auteurs , que le vrai germe ? 
«qui dans les premiers jours de la conception, 
ja fouffert quelque altération, & ne forme plus 











quune elpece üe canos> qui ne lame aucune 1 
marque d’enfant ; ce n’eft plus alors qu’une 
petite maffe charnue.* qui reffemble au géfler 
: d’une volaille; On trouvé:, en l’ouvrant, une 
cavité rempli/ d’une eau glaireufe. 

Le faux - germe fe détache communément 
dans le cours des. trois premiers mois -, mais! 
lorfqu’il féjourne plus long-tems dans la ma¬ 
trice , il s’y accroît, change de nom * & de-: 
vient ce que nous appelions Mole . La fortie 
du faux-germe eft touj ours accompagnée : d’u¬ 
ne perte de farig plus ou moins conftdérâble. 
On ne doit point, pour l’expulfer, agir avec 
violence^ comme bien des perfonnes le font ;! 
car fouvent, avec un peu de patience, la na- 
ture s’en décharge d’elle-même. On doitrou-! 
cher la femme doucement, pour s’afîurer fi 
la perte eft occafionnée par un corps étranger ;! 
ce que l’on reconnoît par le poids que l’on: 
lient fur l’orifice de la matrice ,&urie prépa¬ 
ration à la fortie par là fouplefle & la dilata¬ 
tion de'cet orifice. On fera daigner la femme 
! fur le champ, on lui donnera un lavement 
fimple , & on lui fera garderie lit. Cette pré¬ 
caution pourra empêcher fabondance de la 
Iperte ; mais fi le fang vient avec plus de force, 






des Âccôuchémens . 

& s’écoule pendant quelque tems; il faudra 
de toute néceffité délivrer la femme du faux^ 

! germe , fans quoi elle feroit en danger de 
perdre la vie. 

L'opération n’eftpas bien difficile , car fou- 
vent ce corps étranger neft retenu que parj 
l’orifice, qui * à la vérité , ne fe dilate pas 
auffi facilement aux femmes qui n’ont point 
eu d’enfans., qu’à celles qui en ont déjà em 
On infinuera le doigt indice oint d’huile ou de 
beurre non falé, dans l’orifice, pour le dila¬ 
ter peu-à-peu ; on le tournera tout autour , 
en le pliant à demi > pour former une efpéce 
!de crochet , & par ce moyen , on retirera ai* 
fément le faux-germe , ayant attention de ne 
rien forcer , parce que la partie mollaffe du 
faux-germe j qui fe préfente la première , fe| 
fépareroit bien-tôt de l’autre. Pour rendre 
l’opération plus facile j on recommendera à 
la femme de pouffer en bas , tandis qu’on t⬠
chera de retirer le faux-germe. Il arrive quel¬ 
quefois qui! fe trouve très-adhérent, on fé 
|conduira alors , comme je le dirai au Chapitre 
de l’Arriere-faix , 1 a méthode étant à^peu-près 
la même , pour faciliter i’expulfion de l’un_&: 
de Tautre* 







prendre à la femme des remedes violens ; loin 
dé procurer la fortie du faux-germe , ils ex- 
eiteroient la perte , & pourroient même .eau- 
fer la fievre. On doit agir avec beaucoup de 
prudencey pour ne pas avancer la mort d’un 
enfant, que la matrice contiendroit avec le 
faux-germe 3. ce qui arrive quelquefois ; car 
la femme peut concevoir deux ou piufieurs 
enfans à la foisy à quelque diftance l’un 
de l'autre y félon le fentiment de ceux qui ad¬ 
mettent la fuperfétation * ; mais l’un de ces 
enfans ayant péri dans les premiers jours, 
comme je l’ai dit ci-deffus 5 la matrice s’en 
débarraffe, & retient le fétus jufquau terme 
ordinaire. En pareil cas, l’on doit agir avec 
■beaucoup de ménagement 5 n’employant au¬ 
cune violence 3 pour débarraffer fur le champ 
jla femme du faux-germe, à moins quelle ne 
ne fût en danger à raifon de la grande perte 
de fang* On examinera les linges/pour ju¬ 
ger fi la perte eft confidérable. Il eft effem 

* La fuperfétation eft une conception réitérée^ qui fe fait 
! or (que la femme, qui eft déjà grofle, vient à concevoir une 
fécondé ibis. Tous les Auteurs ne conviennent pas de la fu- 
peribtation, & ceux qui l’admettent, affurent qu’elle eft très- 












des Accouchemens, 41 

tiel de ne pas s y méprendre, car il faut 
peu de fang pour gâter beaucoup de linge. 
On examinera foigneufemeîîtles caillots, pour 
^découvrir fi le faux-germe n’y feroit pas ren-1 
[fermé : on recommendera, dans cette vue, d& 
conferver tous ces caillots, comme je le dirai; 

! dans le Chapitre fuivant. 


De la Faujfe-Couche ou de lAvortement 

T ’A vertement fe fait lorfque l’enfant vient 
avant le terme de fept mois; car fa fortie, 
à fept mois, doit être regardée comme un 
accouchement, puifque les enfans venus à 
ce terme peuvent être élevés; mais avant ce 
temps-là on ne peut y compter, & fouvent 
iis n’ont pas le bonheur de recevoir le Bap-| 
terne. Ces couches prématurées viennent quel¬ 
quefois de çe que la femme n’a pas été aflez 
faignée , ou des efforts qu elle a faits pour 


* Quelques-uns diftinguent la faufle-couche de l’avortement,! 
tonnant !e nom de faiîjjts-couches à 3a fortie du faux-germe,| 
le-la mole 8e autre corps étranger, & celui tfavonemem aux 
accouchemens prématurés, c’efl-à«dire à la fortie d’un enfant! 
‘Vant le terme de fept mois. j 






42, Abbrégé de L Art 

aller à la felle, ou elles font caufées par quel¬ 
que maladie aiguë, ou par une toux violente. 
la colere, la danfe, les chûtes, les coups, 
les fardeaux trop pefants, les fecouffes des 
voitures, & par plusieurs exercices, qui 
quoiqu’en apparence de peu de cônféquence 
deviennent nuifibles à des tempéfâmens de 
liçats. En effet, il eft des femmes d’une com 
plexion fi foible, quelles font obligées de 
garder le lit pendant tout le temps de leur 
groffeffe, pour éviter cet accident, 

Lorlque la femme reffent des douleurs, & 
quelle nous appelle, il faut d’abord s’infor^ 
mer de ce qui a pu y donner lieu, &; s’il y 
avoit du temps quelle n’eût été faignée, on 
la feroit faigner fur le champ, & garder le 
lit. Il eft certain que par ces précautions on 
pourroit prévenir le danger quelle court; 
Imais fi fes douleurs dépendoiént de quelque 
accident particulier, quoique cés précautions 
foient toujours néceffàires pour empêcher la 
trop grande perte de fang, elles ne la garan¬ 
tiront point de l’avortement. On connoîtra 
que ce malheur eft inévitable, lorfque la fem¬ 
me perdra des caillots de fang, & que les 
eaux du fétus s’écouleront. Si ces eaux font 






des Accouchemens, 43 

d’une couleur noirâtre, & quelles aient une 
odeur çadavéreufe, on peut affurer que l’en¬ 
fant eft mort 5 ôc même depuis long-temps; 
& lij en touchant la femme, on ne trouve 
pas l’orifice affez dilaté, on l’oindra avec du 
beurre fans fel, ou de l’huile , & on aban¬ 
donnera l’opération à la nature ; mais fi la 
perte devient plus confidérable, il faudra de 
toute nécefïité accoucher le femme promp¬ 
tement, On infinuera doucement un doigt 
dans l’orifice de la matrice, & on y fera em 
trer les autres fucceffivement, les ayant au¬ 
paravant bien graiffés : fi les membranes n’é- 
toient point percées, on les perceroit avec 
un gros grain de fel ^ un curedent, ou bien 
en les grattant avec l’ongle, quoiqu’on doive 
avoir les ongles toujours coupés d’affez près ; 
mais ces membranes font fi tendres, que le 
moindre mouvement qu’on leur donne eft 
fufHfant pour les rompre. On tirera l’enfant 
en le retournant, s’il eft néceffaire, par la 
méthode que j’indiquerai çi-après. Il eft bon 
d’obferver que l’enfant, avant fîx mois, a ra¬ 
rement befoin d’être retourné. Lorfqu’on re- ; 
tourne l’enfant, 011 doit le faire avec beau¬ 
coup de ménagement, pour ne pas rompre^ 







! caution 







des Accouchetnens. 43 j 

qui expoferoit la Femme à de grànds dan¬ 
gers , il faudra fe réfoudre à laiffer rarrierë- 
faix , & l’on tâchera d’en faciliter la fortie par j 
les remedes fuivans, qui la procureront , fi- 1 
non en entier, du moins en fuppuration. 

On fera dans la matrice des inje&ions, qui 
feront compofées d’une déco&ion de mauve , 
de guimauve , pariétaire & graine de liri, à 
laquelle on joindra un morceau de beurre 
frais : on pourra donner un lavement un peu 
fort, fans néanmoins faire prendre aucun re- 
mede purgatif, crainte d’exciter une perte, 
|même la fievre. On fera prendre à la malade^ 
une potion faite avec trois onces d’eau d’ar- 
moife , une demie once d’eau de canelle , 
une once de firop d’armoife, & une once 
d’huile d’amandes douces, le tout mêlé enfem- 
ble. On lui en donnera la moitié fur le champ, 
;& le relie deux heures après, ayant attention 
de faire un peu tiédir cette potion. L’on ex¬ 
primera le jus d’une orange dans fon bouillon, 
ou bien on mêlera dans fa tifanne , qui fera 
faite avec du chiendent, un peu de firop de 
limon ou de grenade. Ces fîrops font bons 
Ipour l’edomach, & fortifient le cœur contre 
les vapeurs qui furviennent dans ces cas. 







4 6 Abbrégé de VArt 

! J’ai dit au précédent Chapitre qu’il fajJ 
loit faire garder les caillots de fang ; cette 
précaution ed très - iiéeedaire ; car fouvent 
les femmes qui font autour de la malade , en 
jettant les caillots -, jettent âufïi un petit fétus, 
ou embrion, kns s’en àppercevoir, & affii- 
rent qu’elles n’ont rien vu. L’on ignore ainfi 
4 e danger dans lequel k femme vàfe trouver; 
& faute de-s’y prendre affez à téms , elle pé- 
ïit. Il ëd encore un moyen de procurer la 
ifôrtie de f arrieretfaix redé depuis quelques 
jours dans la matrice ; c’ed de faire mettre 
lés jambes de rÂccouchée dans un vafe le 
•plus profond que ldn pourra tfoüvér, de le; 
remplir- d’eau allez chaude, dë frotter lesj: 
eûmes toujours vers le bas, Si les premières- 
fri&ions ne fudifent pas, on laiffera repofer l 
la Femme , & on les recommencera, Ces 
.fri&ions font une reffource immanquable ,| 
& l’arriéré-faix fort peu de tems après. 

Je demande en grâce que l’on ne me taxe 
point de m’ériger enDoéleur , je ne parle ici; 
que par un pur zèle pour des malheureufes: 
dénuées de tout fecours, foit que l’éloigne-j 
ment des villages ne permette pas d’y faire; 
venir à temps un Médecin , du un habile! 


Chirurgien > 





Cette fiqure représente le bafidin h nud dans lequel est située la Ala- 
tri ce dans sa position naturelle avec toutes les parties qui en depetl • 
dent A. le Vaqin ouvert, B /'Orifice de la Adi/rice, C le corps de lad 
meme Alatrice qui étant ouverte laisse voir l’enfant qu’elle contient a 
vec les membranes, D qui l’envelopent, EE les Trompes, FF les Ovairei 
GG les morceaux jr an qe Z , IIH les deux Liqaments larqes, II les deux. 
Liqaments ronds avec la patte d’Oqe a leur extrémité, K. la Vessie 1, 
L l’Intestin Rectum . 

On a représenté ce b afin évasé afin de mieuxfinir e connoitre la ) 
-Matrice et toutes ses parties dans leur situation naturelle^A . 


« Cou/rttrJ- par . r . 









H 














Abbrégé de FArt 

|refte dans cette attitude jufqu’au feptieme 
mois, auquel tems il fait la culbute, parce 
que la tête devenant plus lourde, fa pefanteur 
rentrante en bas & en devant. Pour lors le 
; fommet de la tête vient péfer fur l’orifice, 
le nez tourné vers le fondement de la mere , 

: & les pieds font en haut & touchent au fond 
de la matrice : c’eff cette attitude que Ton 
nomme fituation naturelle. 

Lorfque l’enfant préfente quelqu autre par¬ 
tie que la tête, on regarde cette fituation 
comme contre nature 3 & ce n eft que par le 
moyen de l’Art r * que l’enfant peut fortir de 
fa prifon. Gette culbute occafionnê quelque¬ 
fois des douleurs fi 'vives , & qui durent affez 
de tems, pour faire croire à la Femme quelle; 
accouchera bien-tôt. En effet, nous pouvons; 





des Accouckemens. 49 

tien eü quelquefois fi confidérable , que| 
voyant les douleursfe ralentir, on feroit tenté 
de les réveiller par quelques remedes ; mais 
'en évitant de tourmenter la femme, comme 
bien des gens le font, elle achevé Ton temps, 
'& accouche heureufement. Lapremiere Fem¬ 
me que je vis en cet état, me furprit. Au hui¬ 
tième mais, elle fentit de vives douleurs , 
! qui s’étoient augmentées par degrés , à ce 
[quelle me dit ; je trouvai l’orifice dilaté de 
la largeur dlmpetitécu ,.& tout-à-fait émin- 
ci, & les eaux qui fe portoient au devant de 
la tête à chaque douleur, meperfuaderentque 
la femme accoucheroit bien-tôt ; mais tout-a 
jcoup ces douleurs cefferent 
jattendu quelque-tems,elpéran 


•es avoir 


citer j 
pour; 





De la préparation a /’Accouchement naturel. 

T 9 Àccouchement eft dit naturel , lorfque 
JM 1’enfant vient au terme de neuf mois, que 
fa fortie n’eil précédée d’aucun accident fâ- 
plieux ? que la tête fe préfente la première & 
toute feule 9 & que les eaux s’écoulent quel¬ 
ques momçns avant fa fortie. En un rpot pn 





















des Accouchemens. •$ i 

appelle Accouchemens naturels ceux qui fe[ 
paflent felont les règles prefcrites par la Na-! 
ture à toutes les femmes qui finirent heu- 
reufement ; & on donne le nom d’Accouche¬ 
mens contre nature à ceux-qui font accom¬ 
pagnés d’accidens extraordinaires , & qui fe 
terminent fouvent malheureufement & pour 
la mère &. pour Fenfant : il n’y en a que trop 
'd’efpèces de ces derniers 5 dont je parlerai en 
particulier dans la fuite. 

i Quoiqu’il ne faille pas grande fcience dans 
F Accouchement naturel, pour recevoir l’en¬ 
fant qui fè préfente bien ; il y a néanmoins bien 
|des précautions à prendre pendant le travail J 
pour que ces favorables difpofitions n’ayenî] 
pas de fuites fâcheufes. 

On connoîtra que la femme eft en travail 
d’enfant , & que fes douleurs annoncent un 
prochain accouchement yfi elles proviennent 
des reins, & qu’elles répondent au bas du ven¬ 
dre, s’il s’écoule de la partie des humidités 
Iglaireufes, quelquefois fanguinolentes, & fi Fo- 
irifice de la matrice fe trouve dilaté 5 & éminci. j 
Quand Fenfant fe préfente bien, la tête fe fait 
connoître par fa dureté 5 & on la diflingue ai-: 
fement de tout autre partie par fa rondeur éga^ 



Abbrégé de l’Art 

le : on fent dans les douleurs que les eaux ren¬ 
fermées dans les membranes fe portent au de¬ 
vant delà tête , quelles s’accroilfent à mefure 
que le travail avance, &que la poche que ces 
i membranes forment , au lieu de s’allonger dans 
le vagin , préfente une rondeur moilafîe , où 
fe trouvent contenues non feulement les eaux 
mais encore la tête du fétus. 

Il faut prendre garde de ne point fè trom¬ 
per ; car fouventl’orifice forme un bourlet du 
coté du conduit de l’urèthre. Cette grolfeur; 
efl allez confidérable pour en impofer ? la pre¬ 
nant pour les eaux ou pour quelque corps 
jétranger, qui précède lafortie de l'enfant. J’ai 
vu auffi quelle a été prife pour la fortie du cor¬ 
don ombilical. L’on doit juger des fuites fâcheu- 
fes pour lamere jlil’ontiroit à foi ce bourlet, 
le prenant pour les membranes qui contiennent 
les eaux , c’eft à quoi on doit faire beaucoup 
d’attention en touchant la femme avec délica- 
telfe. Cette groffeur eff fou vent facile à voir, 
lorfque l’enfant s’avance au paffage , en glilfant 
doucement le doigt indice en bas fousle cerd 
cle de l’orifice 3 & la partie que l’enfant pré- 
fente. Lorfque l’enfant fe préfente mal,fi fon| 
eft appellée afîez-tôt pour qu il ne fé trouve. 









Pi. V. 



Troisième déqrc de dilatation de l'orifice de la Æatrice et son 
bourlet 'a sa partie supérieure avec locciput de l’Enfant qui 
commence a paroitre . 


Peintpa/' JP. Chappar 


Grave en Couleur par J. Robert . 







des Accouchemèns . 5 3 ’ 

! point engagé dans le paffage , on donnera à laj 
femme un lavement , pour vuider l’inteftin 
rectum ', le paffage fe trouvant plus dégagé , 
l’enfant fortira plus aifément. S’il y a du tems 
que la femme ait été faignée , & quelle ne foit 
point trop foifale * on lui fera tirer deux palet¬ 
tes de fang. Cette précaution eft extrêmemenîj 
'utile, pour lui rendre la refpiration plus aiféej 
la matrice plus fouple * & plus difpofée à fe 
jdilater, & on prévient parce moyen la perte 
'qui pourroit fiiivre l'accouchement. 

I Ce que je viens de dire fur la préparation! 
au travail , doit engager à attendre patiemment 
avant de faire pouffer les premières douleurs, 
& de mettre la femme en fituâtion pour accou¬ 
cher. 

Lorfque au contraire Ton aura lieu de croi¬ 
re que les douleurs font véritables, & qu’elles 
jannoncent un accouchement prochain, on fera 
: mettre la femme au lit , méthode infinim ent 
meilleure que celle qu’on a dans les campagnes, 
qui eff de faire tenir la femme fufpendue en 
l’air , préfumant quelle accouchera plu-tôt. 
L’on ignore le danger auquel on expofe la 
femme en la mettant dans cette fituation, qui 
menace d’une perte inévitable , outre qu’en 








■ j4 Abbrégè de l’Art 

la délivrant dans cette attitude, on rifqueroit 
, d’entramer le fond de la matrice avec l’arriè~ 
! îre-faix. Les vents que la femme reçoit alors 
font aüffi très-prejudiciables ; ce qui doit en-j 
(gager à repréfenter, tant à la femme qui efi 
(prête d’accoucher, qu’à celles qui font autour| 
Ifdelle 9 quelle doit être mife au lit , principa- 
'jlement daiis ces derniers momens. Le lit doit' 
[être liiffifamment garni, fur-tout du côté des 
(pieds , parce que l’Accouchement étant fait, 
(on n’aura qu a tirer la femme en haut , & elle 
le trouvera àfec. 

j L’on doit fe donner de garde de faire ufer 
(à la femme pendant Son travail * d’aucune 
hoiffoiî capable de l’édbaufer comihe.de vin! 
pur 2 ou autre liqueur fpiritueufe, car on pour- 
rôit exciter une perte:, & même la fièvre. On 
doit lui faire prendre Simplement un peu de 
|VÎn bien trempé, ou de la nourriture légère r 
pour ne point trop., charger l’efeomac. On aura! 
(attention que l’air de là chambre ne foit pointj! 
(trop froid , en un mot , on tâchera de tenir, 
la femme le plus chaudement iqu’il fera pofii- 
jWe de crainte que le froid ne railentifie fes 
douleurs. 

L’on doit éviter de toucher trop fouvent la 




des Accouchemens. 5 5 

femme, comme bien de gens le foijt, croyant 
par là l’aider * au lieu qu’on ne fait au contrai¬ 
re que la fatiguer , & fouvent irriter fes par¬ 
ties , quife tuméfient aifémenti On doit crain¬ 
dre aufîi qu’à force d’avoir le doigt dans l’o¬ 
rifice , on ne perce trop tôt les membranes * 
ce qui rendroit l’accouchement laborieux. 
L’onfë contentera d’oindre le doigt de beurre 
non falé , oü d’huile * & on le promènera tout 
autour de l’orifice pour faciliter fa dilatation. 

Si en touchant la femme auffi-tôt quon efi 
âppellée, on a lieu de préfumer que le travail 
fera long,on l’en avertira avec ménagement, & 
en lui faifant efpérer que fon état peut bien¬ 
tôt changer. Cette attention à l’avertir d’abord 
ide fa fituation efl très utile, car en lui promet-] 






f $& Abhrigé de £ Art 

Uneclrconffance qui n eft point à négliger, 
c’eft de faire garnir la tête de la femme avant 
quelle accouche ; elle peut le peigner, & fi 
elle metteit de la poudre 9 elle obferveroit 
qu’elle n’eût point d’odeur , elle doit avoir 
de bons bonnets , & de greffes cornettes *■& 
s’accommoder la tête, de manière qu’elle n y 
fente point de froid & quelle puiffe être 
douze ou quinze j ours fans y toucher. 

C H A P IT RE XIIL 

De tAccouchement naturel .. 

A Près avoir obfervé les ménagemens dont 
je viens de parler , on aidera la femme de' 
lia manière fui vante o Si les douleurs augmen- 
jtent, que le vifage foit animé, le ventre baille;, 
le pouls elèvé, l’orifice dilaté au moins de la 
largeur d’un écu de fix livres , fies bords très- 
êmincis , les e aux bie n tombe es , fur-tout dans 
les.douleur s , la tête de l’enfant les fuivant de 
près par les efforts; que la femme ne peut s’em¬ 
pêcher de faire pour pouffer In bas , toutes 
ces circonltances annoncent un accouchement 
■prochain, fur-tout aux femmes qui ont eu des 

































5 8 Abbrtgè de U Art 

de délivrer la femme, on doit la confolerlei 
plus afFeftueufement qu’il eft poffible : fon! 
état douloureux y engage ; mais il faut le faire 
d’un air de gayeté, & qui ne lui infpire au¬ 
cune crainte de danger. Il faut éviter tous les 
chuchotemens à l’oreille, qui ne pourraient 1 
que l’inquiéter, & lui faire craindre des fui¬ 
tes fâcheufes, On doit lui parier de Dieu,&; 
l’engager à le remercier de favoir mile hors 
cje péril. Il faut éviter de lui faire faire des' 


aftes qui ne pourroient que la contriiter.Si elle; 
a recours à des reliques, il faut lui repréfentey 
quelles feront tout aufîl efficaces, étant mifies ! 
fur le Ut voifin , que fi on les pofoit fur elle- 
même, ce qui pourroit la gêner, 

On évitera de comprimer le ventre de la 
femme, efpérant^par ce moyen d’accélérer la 
ferrie de l’enfant. Cette pratique efi: très-mau- 
yaifp : on fie donnera bien de garde auffi de 
PIftrf dans la partie de la femme un doigt 
d# chaque main en forme de crochet , com¬ 
me biens des femmes le font. Ce tiraillement 
npû d’aucune utilité pour faire avancer lai 
tête de l’enfant. On fie contentera de dilater 
V orifice de la matrice, encore doit-on le fairej 
bien doucement, Qn ne doit point efipçrer fi 





des Accouchemens. 59 

qu avec un doigt on puiffe faire avancer la tête* 1 
on rifqueroit, à force de la tirer, de la bleffer 
& d’y faire des égratignures, ce qui n’arri¬ 
ve que trop fouvent. En touchant la femme * 
on doit toujours avoir égard au col delà vef- 
fie, crainte qu’il ne foit trop fatigué; car fau¬ 
te de ménagement * on poürroit y occafiom 
ner une inflammation , qui feroiî dangereufe. 
On ne doit point infinuer le doigt dans le 
fondement, pour faire avancer la tête de Fen- 
fiant, cette pratique ne peut être que préjudi- i 
’ciable ; Firritation de cette partie eft capable 
d’y faire naître quelque ulcération , qui feroit 
de difficile guérifon ? ôf poürroit caufer la défi 
truâion de la cloifon qui fépare les deux ou¬ 
vertures * ce quirendroit la femme fort dé¬ 
goûtante, On fe. contentera d’oindre avec du 
beurre ces parties * fi elles n étoient point 
aflez hume&ées , foit par les glaires * foit par 
1 écoulement des eaux, & fi elles fe trouvoient 
a fec depuis long-tems , Fon aurok foin de les 
hume&er fouvent ? pour les rendre plus dif- 
pofées à prêter. 

Les eaux étant retenues dans les membra¬ 
nes , & la poche quelles forment, s’avan-1 
Ç a lit toujours au point de fortir de la partie, la j 






6 o Abbrege' de P Art 

tête de l’enfant fuivra de près, la matrice f e 
trouvant affez dilatée pour ne plus la retenir,! 
comme elle faifoit dans le commencement ,j 
l’orifice ceignant alors la tête, comme une ef i 
pèce de couronne, c’eflpour lors qu’on dit 1 
que l’enfant efl au couronnement. Après avoir 
laiffé pafîer quelques douleurs 5 on fe déter¬ 
minera à percer les membranes, ce qui doit 
fe faire dans le moment de leirort, ©u de la 
douleur , & l’enfant fort fouvent en même- 
tems, rien ne s’oppofant à fa fortie. L’on fe 
fervira pour les percer du bout du doigt, 
d’un gros grain de fel, ou de la pointe d’un 
curedent , évitant d’empioyer la pointe des 
cifeaux, ou autre infiniment trop aigu * ca¬ 
pable de bleffer "l’enfant. 

On ne doit point mettre la femme a décou¬ 
vert ? comme plufleurs le font , fi l’on ne rou¬ 
git point de l’indécence qu’il y a de la laiffer 
ainfi toute nue, expofée à la vue des fpe£ta. 
trices, on doit au moins la cacher avec foin, 
pour garantir fes parties de l’impreflion du 
froid , qui pourroit lui être préjudiciable ; 
d’ailleurs la Vue en ces cas là nous efl: inutile, 
puifque ce font nos mains qui doivent fentir, 
|& nous faire diAiiiguer ce qui fe paffe. On 







des Aücouchemens. 6 1 

devrait dès le commencement que Ton pra¬ 
tique l’Art des Accouchemens , fe faire un 
exercice d’apprendrë, les yeux fermés y & de 
reconnoître tout par le tâÛ. 
j Lorfque Fenfant parôîtra difpofé à fortir , 
|on tiendra une main de chaque coté de la par¬ 
tie , pour que les pouces en les applatiffant 
Técartent à mefure que Fenfant s’avancera 9 ôc 
l’on repouifera les grandes levres pendant fa 
fortie. La tête étant fortie , il faut le retenir 
tout de fuite, en gliffant les doigts fous la m⬠
choire , fans prendre la tête par les oreilles, 
crainte de les arracher ,ce qui'eft arrivé plus; 
■d’une fois» En tenant ainfi la tête, on ne doit 
point tirer Fenfant avec trop de violence, par 
le danger auquel on l’expoferoit , file cordon 
fe trouvoit autour du col, ou de quelqu’au-H 
jtre partie, comme Je le ferai obferver. 

| Il arrive quelquefois, comme le dit M. 
jDionis, que Fenfant parvenu au couronne-; 
i-Hient, y refie pendant quelque tems par la; 
réfiflance que cette couronne , c’efl-à-dire,! 
l’orifice fait à s’ouvrir fuffifamment pour fa; 
fortie, & que la tête de Fenfant, dont les fu¬ 
tures ne font pas encore formées, s’allonge 
jCn pointe dans le vuide de la couronne, mais 





6 i Ahbrégé de T An 

! qu’enfin par les efforts reitérés de f enfant , q U j' 
font alors plus violeris, parce qu’il a la liberté 
de s’étendre davantage, efforts d’ailleurs fécond 
dés de l’aâion de la matrice, de celle des' 
mufcles du bas ventre , ôt du diaphragme ; il 
force cette barrière , & entre dans le vagin , 
c’eft alors que l’on dit que l’enfant eil au paf 
fage. Sur quoi il efl à remarquer que la fortie j 
de l’enfant dépend bien moins de fes efforts j 
particuliers que de l’àûion de ces trois 1 < 
organes. 

Quoique le plus fort foitfait, l’enfant n eff 
pas hors d’affaire , il trouve fouvent de la ré-| : 
jfiftance à l’entreë de ce conduit ; les nymphes; 
& les grandes lèvres ne prêtant point affez 1 
pour permettre fa fortie. La tête de l’enfant 
fe préfente , on la voit, & elle ne peut fe dé-j 
barraffer fans le fecours d’une habile Sage-fem-| 
me , ou d’un Accoucheur qui avec fes deux 
mains , qu’il gliffe entre la tête & les grandes 
lèvres, les oblige de s’écarter pour la laiffer 
avancer : alors coulant fes doigts jufques fous 
les mâchoires de l’enfant, il le tire dehors ; 
mais il ne fufüt pas que la tête foit fortie , il efl 
néceffaire que les épaules fuivent. Il ne faut 
pas tirer la tête avec trop de violence , ni la lui j 


élever 









. 


I 


















Cette fùjure représente iEnJ-ant cpii trient nature lement avec la position 1 
convenable des mains aux deux cotes de la trie pour le tiret' en bas. 
















des Accouchement. 6j 

-eiever comme on voit dans cette figure * 
on doit la tirer un peu à droit pour dégager 
;uné épaule, & enfuite à gauche pour faire venir 
l’autre, & fi l’on ne peut réuffir par ce moyen, 
il faut couler deux doigts le long du col juf- 
qu’à une des aifielles , pour débarraffer une 
épaule, & en faire autant de l’autre côté pour 
débarrafîer l’autre ; de cette manière les épau¬ 
les étant paffées , le refie du corps fuit fans 
peine. 

En parlant delà matrice, j’ai dit que lavef- 
fîe, dont la figure approche de celle d’une 
bouteille renverfée * étoit fituée à fa partie 
antérieure , immédiatement derrière les os 
pubis. L’on ne doit donc point s’étonner , fi 
jl’on voit quelquefois des femmes enceintes 
ne pouvoir retenir leur urine , & d’autres qui 
ont une indifpofition contraire / ne rendant 
leur urine que difficilement ; il arrive meme 
quelquefois que l’on efi obligé de fonder ces 
dernières, c’efi - à - dire d’introduire dans le 
inéat urinaire , ou l’orifice du conduit de i’u-j 
fine , une fonde creufe nommée Algalie , qui! 
pénétrant jufques dans la veffie, facilite la 1er-I 
f ie des urines. L’on fent bien que la premie- 
re de ces indifpofitions, nommée incontinent 


K 




De la Ligature du cordon . 

pAi dit au Chapitre précédent qu il ne fal- 
1 loit point tirer Fenfant avec trop de vio- 
nce ; cette précaution efi fi néceiTaire , quej 
il arrivoit que le cordon formât un ou deux! 
>urs au col, ou à quelqu autre partie , F ou 
Durroit en tirant ainii Fenfant ? détacher 1 









des Accouchemens. 65 

tout-à-coup l’arrière-faix, & exciter une per¬ 
te de fang confidérable. On pourroit encore' 
caufer un renverfement de la matrice , en 
entraînant fon fond vers l’orifice, fi l’arrière-j 
faix J étoit très-adhérant ; on rifqueroit en¬ 
fin de rompre le cordon près du placenta, 
ce qui rendroit l’opération plus difficile, étant 
obligée alors de porter la main dans la ma¬ 
trice pour, en faire la féparation ; fouventmê-j 
me les gros cordons fe caffent plîîs aifément 
que ceux qui font déliés. 

L’enfant étant forti, on l’approchera de la 
partie de la mere, prenant garde que le nez ne 
foit en deffous,crainte qu’il né foit fuffoqué, ou 
qu’il n’avale ce que la femme perd dans ces 
momens : on le retirera enfuite &on le met¬ 
tra fur le dos, ou encore mieux fur le côté. 
Lorfque par fes cris il aura donné des mar¬ 
ques de vie , on lui nouera le cordon 5 en 
tournant deux ou trois fois le fil que l’on 
ferrera aiTez , pour prévenir Fhémorragie qui 
pourroit arriver, fi l’on n’avoiî cette précaü 
tion, & qui feroit capable de caufer la mort! 
de l’enfant , ce que Fon a vu arriver ; on! 
évitera aufîi de le lier trop ferré , crainte de 
le couper , ou d’occafionner des douleursj 



66 Abbrégé de L’An 

très-vives qui font quelquefois fuivies de con- 
vulfions y ce que Viardel dit avoir vu. 

La ligature du cordon étant faite , pour 
saffurer fi on la allez ferrée , il n’y a, après 
l’avoir coupé, qu’à en effuyer Je bout avec 
un linge , & examiner s’il n’en fort rien ; s’il 
feinte quelque chofe, c’eft une marque qu’elle 
pft point affez ferrée , & il faut néceffai- 
rement la ferrer davantage; &Fon doit re? 
garder comme une preuve que le cordonift 
ïfuffilamment ferré, lorfque rien ne fort. 

La diffance de la ligature au nombril doit 
||re de deux travers de doigt au plus., on 
fera une fécondé ligature , à trois travers de 
doigt de la première , &*on coupera le cor? 
jlon fntre les deux, Quelques-uns confeiilent, 

Iayant que de couper le cordon 1 , de faire une 
jfrpifième ligature immédiatement au-delïus 
! |f la première, pour prévenir l'hémorrhagie, 
||ui ne manqueront pas d’arriver , fi cette pre- 
Iffiiere ligature yenoit à fe lâcher. 

J |'ai dit qu’il falloit couper le cordon entre 
jles deux ligatures, pour faire fentir la nécef- 
.|Jté 4 e ljfr la portion du cordon qui répond 

1 !au placenta encore attaché à la matrice ; car 
|| fome du f|ng qui s'écoule par la veine! 







des Aceouchemens. èj\ 

ombilicale, mettroit la raere en grand dan-; 
iger, fi elle ne lui caufoit la mort. On lit dans’ 
lun Ouvrage de M. Méry, premier Chirur-j 
igien de l’Hôtel-Dieu de Paris, une Lettre quij 
lui fut communiquée par M* Aubert, Chi¬ 
rurgien de la meme Ville, qui prouve la né- 
ceffité de cette ligature. Ce Chirurgien fut 
appelle au fecours dune perfonne qui avoit 
caché fa groffeffé à fa famille. Le terme venuj 
quelle devoit accoucher, elle fut furprife lai 
nuit, & entra en travail fans autre fecours que! 
celui de fon frere, qui accourut aux cris que s 
les douleurs lui faifoient pouffer. Etonné de! 
voir un enfant, qui parut dans le moment, 
il prit , tout embarraffé qu’il étoit * un fil! 
dont il lia le cordon proche l'ombilic, le cou¬ 
pa au-deffus de la ligature, & fe retira enfuite, 
ne fçachantpas qu’il y eût autre chofe à faire. 
Peu de tems après cette infortunée fille, fe fen¬ 
dant aiïoiblir confidérablement, s’écria quelle 
fe mouroit ; ce qui obligea le frere d’appel- 
ler M. Aubert qui trouva F Accouchée bai-j| 
gnée dans fon fang. En l’examinant, il fentit 
le placenta attaché au fond de la matrice 3 le 
cordon pendant hors de la vulve fans liga¬ 
ture , par lequel il s’étoit déjà écoulé deux; 







:à trois pintes de fang. Ce Chirurgien ayant 
.noué le cordon, la perte ceffa dans le mo- 
Iment , ■& F Accouchée étant délivrée, fe trou¬ 
va hors de danger. 

! Ces ligatures étant faites, on remettra fen- 
jjfant entre les mains d’une perfonne entendue, 


3 n , oc meme iur la tete, 
tre , des linges trempés 
ou de Feau de-vie ; on 
quelques gouttes de ces 


oignon près 


narines de I entant , pour 
lui en faire recevoir l’odeur. Lorfque par ces 
différens moyens fes forces commenceront a 
revenir , ce dont on s’appercevra par les 







des Açcouchemens. 69 

couper, le cordon entre les deux , comme j 
je Fai dit. . j 

Si Fon avoit fait la ligature du cordon F 
fans avoir fait attention à la foibleffe de l’en¬ 
fant , joint à ce que je viens de dire que Ton 
kiiferoit, on lui délieroit encore la ligature, 
& cette faignée par Fombilic , d’environ 
d’une douzaine de goûtes de fang, le rappel- 
leroità la vie ; c’eft avec cette reffource que 
j’ai eu le bonheur de la rendre, en plufîeurs 
occafions, à desenfans tout-à-fait abandonnés. 

M. de la Motte , dans fon Traité des Accou- 
chemens , rapporte trois Obfervations , pour' 
montrer ce qu’il a à craindre de la ligature 
trop ferrée du cordon , comment on doit y 
remedier, & ce quil faut faire à celui qui 
a été arraché. 

Il dit que l’enfant d’un de fes amis , ayant 
eu le cordon lié trop près du ventre, avec un 


ni tres-délié , & trop ferré , ce qui joint à la 
délicatefle du cordon, qui étoit très-menu , 
lui donna lieu de fe rompre tout près du ven¬ 
tre dès le lendemain de la ligature. Le fang 
qui s’écoula par la playe , quoiqu’en petite 
quantité , mit Fallarme dans la maifon. Les 
Chirurgiens qui furent appellés, craignant les 






jo Abbrégé de l’Art 

fuites de cette hémorrhagie , jugèrent qull ' 
failoit pincer , avec un infiniment en formé 
de bec de corbin, un peu de la peau voifine 
& tâcher de faifir l’extrémité des vaiffeaux 
rompus , perfuadés qu’en ferrant tout ce qui 
auroit été pincé avec un fil ciré il viendroient 
à bout d’arrêter l'hémorrhagie. Ces Chi¬ 
rurgiens né furent point trompés dans leur! 
^'attente , l’hémorrhagie çelTa ; mais les effets' 
de cette ligature trop ferrée , devinrent fu- 
neffes à l’enfant, qui mourut par les grandes 
douleurs quelle lui caüfa, & par l’inflamma¬ 
tion des parties voifines, qui s’étendit même 
Jufques dans le ventre, qui lui fiiccéda, M. de 
la Motte blâme ces Chirurgiens d’avoir em¬ 
ployé d’abord un moyen fi violent, eu égard 
à la déliçateffe de l’enfant, & aupeude fang 
qui couloir par la playe ; car c’étoit plutôt 
un fuintement, qu’une hémorrhagie d’aucu¬ 
ne conféquence , & ce fuintement, eût été 
arrêté par l’application de quelque remède 
fimple , fans en venir à l’extrême qu’ils ont 
employé, comme il eff prouvé par l’Obfer- 
vation fuivarite 

M. de la Motte fut appellé au fecours 
d’une femme en travail à deux heures après 


minuit, 










des Ac'coucheméns v> fî 

minuit , quelque diligence qu’il pût faire * 
Î1 n’arriva qu’après la fortie de l’enfant, qui 
étoit tombé fur lé plancher * la femme ayant 
été furprife de la dernière douleur , étant 
|debout ,, dont l’arrière-faix étoit relié dans 
lia matrice , & le cordon de l’ombilic rom- 
!pu, ou plutôt arraché jufques dans le ventre 
de l’enfant ; de manière qu’il n’étoit pas relié 
la moindre extrémité d’aucun des vailîeaux qui 
le compofoient, pas même aucun vellige * ôè 
d’où il ne fortoit aucune goutte defang;té 
lieu étant comme une excoriation un peu 
profonde qui fe feroit faite; ce qui détermi¬ 
na M. de la Motte, à donner d’abord fes foins 
à la mere , qu’il lit coucher dans fori lit * après 
quoi il détacha l’arrière-faix 5 qui étoit fort 
adhérant à la matrice , & le tira au dehors j 
le cordon qui étoit très-foible & très-petit Me 
lui ayant été d’aucun fecours. Il appliqua en- 
fuite fur la play e du nombril un petit tampôM 
de charpie féche , qui remplilfoit le lieu d’où 
le cordon avoit été arraché, & le foütirit pàf 
june emplâtre dé poix noire 3 ürle petite cdim 
iprelie , un bandage contentif lait d’un linge 
plié en trois ou quatre doubles. L’emplâtre fé 
[détacha quelques jours après d’elle-même. 


L 









\j V Abbrégé de L’Art 

j & la pîaye du cordon fe trouva # cicattifée. 

La crainte que l’hémorrhagie ne furvînt 
après que l’enfant feroit revenu de fa fynco- 
pe , obligea M. de la Motte de foutenir le 
petit appareil par un bandage. 

La troifième Obfervation concerne une 
petite fille de trois jours, à laquelle le cordon 
de l’ombilic venoit de fe détacher > & dont 
il avoit fuinté affez de fang pour imbiber une 
petite compreffe pliée en qüatre, ce qui caufa 
dit M. de la Motte, une allarme d’autant plus 
grande, que l’âge de la mere ne laiffoit guéres 
efpérer d’autres enfans ; mais il rétablit bien-tôt 
le calme, en promettant une prompte guérifon, 
!qui fut fuivie de fon effet. Il appliqua fur la 
playeom plumaceau de charpie féche , qu’il 
| couvrit d’une emplâtre de diapalme y & 
foutint le tout par un petit bandage , jufqua 
)cë que l’endroit A’où le cordon s’étoit dé- 
Itaché trop-tôt, fût cicatrifé,ce qui arriva fept 
I à huit j ours aprè s. 









des Accoüchemens, 




1 er doucement en bas , on la fera foufEer 
dans fa main ; & on lui frottera- légèrement 
ie ventre à la région de la matrice ; fi barriè-l 
re-faix n eft pas trop adhérant, il fë détache¬ 
ra comme de lui-même , par ces différens 
moyens. 

Si le placenta ne fe détachoit point alors f 






Abbrége de l’Art 

l’on s'y prendroit de la manière que je le 
dirai dans le Chapitre trente - quatrième , où 
je ferai mention" de harrière^faix adhérant à 
}a matrice. 

L’on obfervera de ne point mettre la fem¬ 
me debout, ni de la faire promener , comme 


mmaillotçr l’Enfant, 

t néceffité , la'/er la tête 
du vin chaud, & un 
pour ôter Forçhire qui 


maniéré 









des Accouchemens. 75! 

affez fouvent , & ne point: 
recevoir le Baptême dans; 


s ’y rencontre 
le préfenter pour 
'un état dégoûtant. Si la maifon étoit dénuée 
de tout, on le laveroit feulement avec de 
l’eau chaude. Pour le çoeffer, on lui mettra 
ipreffe de ling 

afin de couvrir la fontai- 
que Fenfant 

~ t n 1 


tge ou d’étoffe atta- 


|une petite com| 
jchée à fon béguin 
!ne. Cette précaution empêche < 

!ne s’enrhume. L’on nettoyera auffi le relie du 
•corps de la craffe qui le couvre 3 avec du vin 
chaud & du beurre au moyen d’une petite 
éponge fine ou d’un linge, On enveloppera 
Je cordon avec un morceau de linge blanc 
& ufé , fur lequel on aura mis un peu de 
beurre fans fel, d’huile ou de fuif ; enfiiite on 
éprendra un autre morceau de linge double 
de quatre travers de doigt de largeur ? pour 
lui faire une bande, qui étant paffée fous les 
reins, reviendra affujetîir par devant la peti¬ 
te ^ compreffe qui renferme le cordon ; un 
point d’aiguille en fait la façon , & eil pré¬ 
férable aux épingles. Cette bande efi: indif- 
penfable ; on doit la ferrer légèrement ; elle 
^ rî à contenir le nombril, qui pourroif for- 
tir par les cris de Fenfant, & lui caufer une 
hernie ? incommodité que je vois tous Içsj 





,<76 Abbrege de L An 

jours arriver, pour n’ayoir pas eu cette atten¬ 
tion. 

La manière de mettre Fenfant dans Les 
langes , eft meilleure dans ce pays qu’ailleurs; 
la bande qu’on ne doit point trop ferrer,.finit 
aux genoux, les jambes ôdes pieds font tou¬ 
jours à Faife dans les bouts des langes, qui 
ne font arrêtés qu’ayeç une épingle. Cette 
méthode eft fi bonne, qu’il eft rare dç voii 
ici des enfans qui foient bancroçbes. 

On ne doit faire ftetter Fenfant qu’au boui 










des Accouchemens. 77 

s’il étoit fermé par une membrane , ou autre¬ 
ment, ôn appellerait un Chirurgien pour y 
remédier. 

On recommenderà enfin qùe fenfant foit 
toujours couché fur le côté , pour qu’il puiilej 
rendre plus aifément les phlegmes qu’il doitj 
rejetter ; car fouvent il en eft fufFoqué, pour; 
n’avoir pas eu cette précaution^ 


De. la maniéré d’accommoder VAccouchée J 
& du régime quelle doit ohjerver. 

F E temps qu’on a employé pour accom- 
nioder l’enfant , efl fuffifant pour que lâj 
mere fe foit repofée. L’ayant placée fur le' 
pied du lit, comme je l’ai dit , on peut en 
la tirant en haut la coucher, fans lui faire faire \ 
aucun mouvement, & par conséquent fans; 
jla fatiguer. On évitera par ce moyen de laj 
jmettre debout. On prendra une ferviette pliée ; 
en trois , ou quelque linge qui puiffe faire 
l’effet d’une bande : on la paifera fous les reins, 
& on l’arrêtera en devant avec des épingles. 
Cette bande, ou ferviette , ne doit pas être 






Un ne doit point lerrer cette bande, ou 
:te ferviette , les premiers jours ; ce que 
n obferve quelquefois fi peu , que l’on 
)it faire beaucoup de bien à F Accouchées 
la ferrant extraordinaifement, ce qu’il eft 
s-important d’éviter ; car en la ferrant ainfiJ 
pourrait exciter non feulement de vives 
uleurs, mais même une inflammation aubas- 
ntre. Les premiers jours étant paflés, on 
ra foin de refferrer un peu là bande chà- 


une 






dès Accoiichemens. yÿ 

A l’égard du régime que doit ôbfefvër la 
nouvelle Accouchée * il eft prefque impoffî- 
|ble d’en prefcrire un à ces pauvres malheu-* 
reüfes. Peu s'en fallut que je ne caufafle la 
mort à une que j’avois accouchée; croyant 
que pour rétablir fes forces le bon bouillon 
fefoit ce qùe je pôurrois lui faire prendre de" 
meilleur; mais je la jettai dans un très-mauvais 
état par Ce changement de nourriture ; il lui 
fürvint un dévoiement qui l’auroit réduite à 
la mort, fi je ne lui avois donné un remède * 
qui fut cependant moins efficace que fa nOUf- 
riture ordinaire , à laquelle je fus obligée de 
la remettre* D’ailleurs prefque toutes les fem¬ 
mes de campagne nourrilfenf leurs enfans ; 
cette évacuation de leur lait les garantit des 
fuites fâcheufes des couches ^ pourvû qu'elles 
ayent été ménagées dans leur accouchement* 
On doit prendre garde fi elles perdent afief, 
fi elles urinent fouvent & fans douleur , fi le 
Ventte neft point tendu * fi elles vont facile¬ 
ment à la Telle ; & fi elles étoient quelqués| 
jours fans y aller , on leur ferôit prendre uni 
lavement fait d’une déco&ion d’herbes émol¬ 
lientes, ou feulement avec de l’eau, où l’on j oin- j 
droit un peu de beurre, ou de la graifie du pot , 1 






8o Abbrégé de £ Art 

j Quoique ce Livre ne 
les Aeoouçheufes de 
comme elles peuvent 
quelques Dames d’i 
& qui ne 


»it deltine que pour! 
pagne , cependant 
•ppellées- auprès de 
une complexion délicate, 
font point accoutumées à nourrir 
leurs enfàns, j’entrerai dans un detail plus cir~ 
eonllaneié fur les foins que Ton doit fe donner 
auprès d’une Accouchée; - 

Les femmes délicates fe conduifent d’une 
manière. différente , que les femmes de la 
campagne. Lorfquelles font, dans- leur lit ^ on 
doit leur donner un bouillon ; & fuppofé que 
la Garde ne feit pas bien entendue 3 on lui 
fecontmendera d ? en donner un de trois en 
troislieufesAce ne fera cependant qu après 
avoir feu de; F Accouchée, fi elle eff d’un grand 
appétit : on ce cas., les iimples bouillons ne 
foffiroient pas, on y j oindroit quelques peti¬ 
tes loupes de pain blanc ,, coupées très-min¬ 
ces i & en petite; quantité, qu’on laifferoit 
ûmfdemem tmmpev dans le bouillon , fans les 
fake mitonner, ce qui les rendroit de difficile 
digeffion.. L’on aura: foin que dans le bouillon 
il ni entre point de veau étant contraire à 
certains. teinpétanjens:,: .& pouvant d’ailleurs 
exciter le dévoiement. 






des Accouchemens. 81 

On donnera pour boiffon ordinaire la ti- 
fanne de chiendent, que l’on fortifiera avec 
un peu de bon vin , fuppofé que la femme foit 
accoutumée à en boire ; mais fi elle nen bu- 
voit pas, au lieu de vin, on y ajouteroit un 
peu de firop de capillaire,obïervant toujours 
! que la boiffon foit donnée tiède. 

1' L’on ne doit point exciter la fùeuf par un 
! air trop cbaud dans la chambre, ou par trop 
de couvertures. La précaution que bon aura 1 
de faire obferver à V Accouchée beaucoup de 
ménagement dans fes alimeris , ofi très-faîu- 
taire; lajfièvre de lait née fera pas fi violente 
& durera moins. Lorfque la fièvre eÉ ceiee f 
on peut laiffer à la femme la liberté de man¬ 
ger, mais avec modération pendant quelques 
jours , c’efi-à-dire , que le cinquième ou le 
fixième jour , elle peut manger en peu de 
volaille le matin, & elle doit sen abflenir 
le foir, jufqu’à ce quelle commence à fe le¬ 
ver, & à faire un peu d’exercice 
Il efi: efTentiel de smfiruire fi les lochies 
ou vuidanges coulent fufhfamment; on doit 
demander à la Garde à voir les cbaùJFoirs, 
ce que l’on ne'peut chez la plupart des fem-i 
Imies <fe la campagne, qui men font -point d’u-; 







8z Abbrégè de l'Art 

fage. On obfervera fi la perte eft confidéra- 
ble , afin de ne rien laiflerà appréhender pour 
les fuites , foit qu elle fût trop grande, pu que 
î§ femme ne perdît point affez. Le premier 
jour 9 le fang doit être d’un beau rouge , & 
couler affez abondamment ; le fécond jour, 
il doit fluer avec moins d’abondance 3 & le 
tpoifieme il perd de fa couleur, fe trouvant 
plus pâle. Il arrive même quelquefois que 
î’Âccpuchée ne perd prefque pas, parce que 
le lait montant au feiii, fufpend la perte ; ce 
dont il ne faut pas s’inquiéter, pourvu que 
q§m fuppreffion ne foit accompagnée d’au- 
cuti accident fâcheux, comme de la difficulté 
de refpirer, de la fievre ÿ de la tenfion du 
ventre ^ car alors il faudroit demander du 
fonféiî, y ayant à craindre pour la malade ; 
cependant en y remédiant de bonne heure, 
pn préviendra les accidens que le lait peut 
pcçafipnner, & pour cela on fera ufer les! 
premiers jours d’une infufion d’armoife, f 
lies vuidanges ou lochies ne couloient pas fuf- 
jfifamment ; & pour empêcher que le lait ne 
jfe porte au fein avec trop de violence, & 
!n’y féjourne trop long-temps, on lui donnera 
;un bouillon de cerfeuil, dans lequel on fêta 







des Accouchemens . 8 3 

difloudre un gros ééarcanum duplicatum, ou 
de fel de Glauber. Ces fels font très-bons 
pour empêcher que le lait ne fe grumele dans 
le fein* que l’on aura foin de tenir couvert 
& chaudement s ou ne s’épanche fur quelque 
partie du corps. On mettra fur le fein de 
l’onguent popuLeum , ou de l’huile d’olive avec 
de l’étoupe de lin ; le miel eft encore fort 
bon. On préférera ces remedes à tous les au¬ 
tres, parce qu’ils font très-doux. 


CHAPITRE XVII J. 

Des tranchées qui arrivent aux Accouchées , 
des hémorrhoides , & de la nécejjité de bajjiner 
la partie . 

O N emploie divers remedes pour foula- 
ger la femme dans les violentes dou¬ 
leurs de colique quelle relfent les premiers 
jours de fa couche. Je puis dire avoir mis 
en ufage tous ceux qu’on m’a alluré être bons, 
fans en avoir trouvé aucun d’efficace ; le feul 
que je confeillerois , c’eft Tufage des lave- 
mens faits avec la décoélion des herbes émol¬ 
lientes * & d’appliquer ces herbes furie ven-. 









84 Abb.régé de T. Art 

tre : on aura foin d'en entretenir la chaleur 
au moyen des linges qu’on fera chauffer de 
temps en temps. Voilà ce que j'ai trouvé de 
: meilleur pour calmer ces douleurs. On a cou¬ 
tume de faire avaler de l’huile d’amandes dou- 
; ,ces 


même en quantité ; fi néanmoins eilej 
provoquoit le vomiffement, l’on en donne-! 
roit peu ; car les vomiffemens feroient plus! 
dangereux que les tranchées, dont on na| 
point à craindre les faites, lorfqu’elles ne font; 
;que momentanées, & que la femme fent quelle 1 
perd à chaque douleur. 

Il eft des femmes qui, après être accou¬ 
chées , fouffrent des douleurs d'hémorrhoï- 
des : on leur fera prendre une tifanne faite 
avec la graine de lin; on appliquera fur la 
partie un linge couvert d’onguent populeum . 
•Il y a quantité de remedes dont je ne parlerai 
•point, chaque perfonne ayant le lien pour 
ces fortes de maladies. 

j Je fais qu’il eû. difficile d’engager les feul¬ 
âmes de la campagne ,& même quelques-unes 
des Villes, à fe h affiner dans leurs couches; il 
faut pourtant les y déterminer en leur remon¬ 
trant la néceffité de le faire. On peut leur 
ven parler fans bleffer la modeffie; elles -fouf 







ifrent iouvent ,-ians oler le plaindre, mr-tout 
| aux premiers accouchemens, .où la partie efl 
•jprefque toujours: un peu déchirée ce. qui 
forme une petite plaie, qui peut ^augmenter 
[par Fâcreté du fang & des lochies.. On leur 
Ifera faire d’abord des lotions avec du lait & 
|du cerfeuil, ou de Feaü de guimauve./ S’il 
furvient des démangeaifons > on fera; ces. lo¬ 
tions avec un mélange d’eau & de vinaigre , 
!& enfuite avec du vin fuffifamment chaud. 


Du dévoiement qui furvient a la Femme les 
premiers jours des couches. 

L E dévoiement dans les premiers jours des 
couches devient quelquefois dangereux, 
.frondenéglige, ou qu’on 1 arrête touta-coup-; 
ù’eil à quoi il faut bien prendre garde. L’on 
ae doit point employer indifféremment tous 
les remedes enfeignés par des bonnes Fem¬ 
mes, ou par des Gardes mal inflruites. Le 
jdévoiement efl fouvent occafionné pour avoir 








86 Abbrégé de V Art 

medes trop violens dans la vue d’exciter fe§ 
douleurs, ou enfin parce que l’on ne s’eft 
point informée, avant que la femme accou¬ 
chât , s’il y avoit du temps quelle eût été à 
la felie. Les excrémens retenus trop long, 
temps occafionnent très-fouvent le dévoie¬ 
ment. On fera prendre à la Femme des la- 
vemens compofés de lait, auxquels on joindra 
le jaune dun œuf frais & un peu de fuccre. 
Ces remèdes font très - adouciffans. Après 
avoir ufé quelques jours de ces lavemens, 
l’on pourra en faire avec la déco&ion de la 
plante appellée queue de cheval , ou preLe , ou 
avec celle de Fécorce de grenade, en dé¬ 
layant dans chaque lavement un jaune d’œuf, 
On en donnera deux petits par jour , & Ton 
aura foin de faire prendre de bon bouillon 
à TÂccouchéè * polir quelle ne foit point 
trop affoiblié; mais fi la fièvre furvient, & 
que les évacuations commencent à fe fuppn- 
mer, l’on ne fauroit trop-tôt appeller un Mé¬ 
decin, ou un habile Chirurgien. 









Cette figurejuit voir le bafin par devant et un peu de coté afin de 
faire apercevoir an vice de conformation provenant de la trop gran¬ 
de saillie de la partie supérieure de l os \Sacrunt en dedans du bféin- 
ainsi y ue de la rentrée des os Pubis auféi en dedans ce (fui ne peut 
permettre-a la tête qui est appuyée deféus. Et la face tournée du’ 
coté des Vertèbres des Lombes de trouver son pafiâge . 


Gravé en Couleurspar J.Robert, 


P. Chapparre . 















Cettefg ure fait voir un bassin renversé vu posterieurement etof- 
Jé'P un autre vice de conformation dé pendant de, la tropgrande cour 
bure de la partie inferieure de l'os Sacrum A.et du (occis B .canon, 
aufèidu trop grand prolongement des deux épines des os IschionJ 
repué CC. ce ejaino-peutpermettre a la tète de l'enfant de sortir 


Ceint par- P. Chapparre. 


Gravé cri Cmi/eurj- par' J' 












w 



Autre vice de conformation produit par le r effarement des br 
ches des os Pubis AA. ce qui rend l’arcade queforme ordinairement 
les os, si étroite qu'elle ne permet pas a la tête de l’enfant de sortir, 
laquelle est en outr'e preféee de chaque cçtépat' les épines des os P- 
ch ion BB. et c’estce qu'on nomme communément unefemme barrée 


éPeintpari*. Chapparre. 


Grave an Couleurs par 











des Àccouchemens, 


:XXK>:X<XXXKK5<XXX>CXXXX>OCXX 





88 Abbrégé de tArt 

tion extraordinaire du baffin, appeüa plufieurs 
de fes Confrères des plus renommés, qui ayant! 
auffi reconnu cette difpofition contre nature,! 
jugèrent qu’il n’étoit pas poffibie d’accoucher! 
la femme par la voie ordinaire, & c on vin-! 
rent de la néceffiîé de l’opération céfarienné, 
c’eft-à-dire, de faire une incifion, tant aux 
parties contenantes du ventre, ^qu’à la ma¬ 
trice, & d’ouvrir la poche ou fac , formé par 
lies membranes chorion & amnios , pour en 
uetirer le fétus. L’enfant qui vint au monde 
!jpar cette opération, avoit le volume d’un en¬ 
fant à terme : il vécut plufieurs jours , & la 
mère/jouit aujourd’hui d’une parfaite fanté. 

|: Mais fi l’accouchement n’étoit laborieux 
que par la difpofition particulière du coccyx 
qui fe porteroit trop en devant, & que ce 
fût dans une femme d’un certain âge, qui 
jaccouchât pour la première fois ; les cartila¬ 
ges ,& les ligamens qui permettent à cet os 
de fe porter en arriéré, lorfquul efi: compri¬ 
mé par la tête de l’enfant, ne prêtant alors 
que difficilement : auffi remarque-t-on que 
ces femmes foufixent plus long-temps que les 
jeunes : pour faciliter leur accouchement, on 
infinuera la main toute"entière dans la partie. 





des Accouchemens. 8 y 

on la paffera fous la tête de l’enfant, en ap¬ 
puyant un peu fur le coccyx, pour le forcer 
à fe porter en arriéré, à mefure que l’en¬ 
fant s’avancera; ce qui facilitera beaucoup 
fa fortie. 

Lorfque l’enfant relie trop long-temps au' 
paffage, on doit lui affurer la vie fpirituelle! 
par le Baptême, ce qui fe fait toujours fous| 
condition, en lui verfanî de l’eau fur la tête ,i 
|ou en la lui faifant parvenir parune canule de; 
;feringue, & prononçant ces paroles : Enfant , 

I fi tu es vivant , je te bapdfe au nom du Pere , 
du Fils , & du Saint-Efpnt ; ÔC lorfqu’il fera 
porté à l’Eglife, on avertira le Prêtre que 
l’enfant a été ondoyé. 

Dans tous les accouchemens contre natu¬ 
re, aufîbtôt que l’on peut faire avancer un 
pied dans le paffage, on doit donner à Ten¬ 
tant le Baptême, avant que d’aller chercher 7 
l’autre pied; le temps que Ton méttroit pour 
le faire venir , pourroit priver l’enfant du 
bonheur éternel. C’eft un des grands repro¬ 
ches que l’on puiffe lé faire, li l’on y man- j 
iquoit. La même chofe doit être obferyée,j 
llorfqu’au-lieu d’un pied , ou de la tête. Tené 
tant préfepte quelqu’autre partie» 






|jq: Abbrégé de J Art 

CHAPITRE XXL 

De F Accouchement où VEnfant ejl arrêté au : 
pajfage par des épaules trop larges . 

|TL arrive quelquefois que les épaules dej 
j JL l’enfant font trop larges à proportion du 
jfolume de la tête» On ne s’attend point à. 
Ifrouver d’obftacle à fa fortie , lprfque la tête} 
éfi hors de. la partie ; le fëcours d’une main 
{labile e ft néanmoins très-néceffaire pour con- 
iferyer la vie à l’enfant; car fouvent il meurt j 
Ipar la faute de celle qui pratique cet Art, 
||e que j’ai vu arriver plus d’une fob. On! 
jfe donnera bien de garde de tirer de toutes! 
.fes forces , l’enfant étant foible, la tête pour-: 
voit fe féparer. Torique la tête fera - fortie, 
fi le tronc ne fuit pas, on cédera dans l’inf- 
jtant, & on palfera la main gauche fous le 
menton, pour foutenir la tête, afin d’empê- 
jcher que le nez ne foit porté vers le fonde- 
jment de la mere, & que par cette attitude 
l’enfant ne foit fuffoqué. En lui tenant la tête 
en droite ligne, on infinuera le doigt indice 
de la main droite fur la poitrine, pour le 








des Açcouchemens. pï 

’gliffer fous l’aiffelle ; on recourbera ce doigt 
en forfrie de crochet, on dégagera l’épaule * 
que Ton fera fortir de la partie, & par l’ef¬ 
fort que la femme fera obligée de faire, on 
aura l’enfant en vie , fans lui avoir fait aucun 
mal ; mais fuppofé qui! ne cédât point à cette 
Façon de sy prendre, à raifon de la largeur 
extraordinaire des épaules, on fera foutenir 
la tête par quelqu’une des affilantes, ou par 
la Garde ; précaution abfolument néeeffiaire, 
{& on dégagera les deux épaules , l’unè après 
l’autre, ou toutes les deux en mémehîemps, 
en infinuant un doigt de chaque main fous té$ ! 
aiffelles, & lorsqu’elles feront un peu avan¬ 
cées, on aura l’enfant dans finftanî. On in¬ 
troduira les doigts du côté du fondement de 
la mere, parce que le vagin , étant une partie 
charnue & membraneufe, prête facilement; 
ce qui n’arriveroit pas, fi l’on paffoit les doigts 
au-deffus,.les os ifchion ne prêtant point, il 
fcroit impoffible d’en venir à bout, Par cette 
tnéthpde, on cpnferyera la vie à plufieurs 
jenfans, qui pendent par lignprance de cer- ; 
; tains Chirurgiens de village, ou de femmes | 
Ans expérience, qui ndnt d’autre reiîburce \ 
.^ue celle de féparer la tête, ou de fe fervir:| 


9 2/ Abbrégé de T Art 

de crochets , ou dune cuillier à pot, pour 
faire fortir par morceaux le rede du corps. 

. —. . . *- 

CH APURE XXII. 

De-la difficulté df accoucher, lorfque Vorifice 
de la matrice fe refferre tout-à-coup , après 
avoir laiffé paffer la tète . 

I L eil encore un obftacle à la'fortie de Fen- 
fant, quoique la tête foit à moitié hors de 
:1a partie; fçavoir, lorfquel’orifice de la ma-; 
trice fe refferrant tout-à-coup, les épaules ne; 
peuvent fuivre à caufe de cet étranglement,; 
qui feroiî capable de caufer la mort à Fen- 
! fant, fi l’on m’y apportait du fecours fur le 
champ. Il faut alors fe donner bien de garde 
de tirer l’enfant à foi; car l’on entraîneroit 
en même-temps la matrice, ce qui feroitper¬ 
dre la vie à la mere. 

Après avoir tenté, comme je l’ai dit, de 
tirer l’enfant avec ménagement, fi l’on fent 
de la réfiftance, on infinuera un doigt pour 
j en découvrir la caufe ; on reconnoîtra par 
jce moyen que la difficulté vient de l’orifice, 
ieii le fentant tout autour du col de l’enfant f 







9 * 



Quatrième dépré de Dilatation de la Matrice, lequel a permis 
a la tête de sortir, mais qui s'étant contractée sur le champ 
•serre le col de l'Enfant. 


pint par' P Chapparrc . 


Grave en Couleur par J. Robert. 









des Accouchemens. 9 5 

l à qui il forme une efpece de collier : on le 
dilatera facilement, en infinuant un doigt de 
jkhaque main, que Ton paffera entre l’enfant 
| & l’orifice ; on tournera ce doigt tout autour 
pour en procurer la dilatation, & il faudra 
aller chercher les épaules : on empêchera la 
femme de pouffer en bas, crainte que la ma¬ 
trice ne fe refferre de plus en plus. Si la ma- 
trice étoit refiée à fec par l’écoulement des 
eaux, on fe graifféroit les mains avec du beur¬ 
re fans fel, ou de l’huile, ce qui rendroit l’oi 
jjrifice. plus Toupie, en obfervant toujours de 
||faire foutenir la tête de l’enfant, crainte qu’il 
ne foit fuffoqué. j 


CHAPITRE XXIÏI. 

De VAccouchement ou la matrice précédé là 
fortie de l'Enfant, 

¥L arrive quelquefois que la matrice def- 
cend confidérablement dans le vagin, & 
au point que l’orifice fe trouve au bord de 
la partie, fans pour cela que l’enfant foit en¬ 
core defcendu. Cet accident * efl plus com¬ 
mun dans les campagnes que par-tout ailleurs, 













94 Abbrégé dé F An 

les femmes y étant plus fujettes au relâche¬ 
ment de matrice, par la faute de Celles qui 
les accouchent , fait eh les faifant tenir de- 
leur recommendant de pouffer 


bout, foit en 
en bas dès Fi 
leurs, fouvent même fans qui! y ait appa¬ 
rence d’acc duc hë ment : 

Lorfqu on s’apperce^fa que la matrice s’a¬ 
vance au-devant de la tête de l’enfant, on fe 
gardera bien-de faire pouffer la femme : oh 
la fera coucher -de façon quelle ait la têtej 
plus baffe que dans l’accouchement ordinaire. 
On in&uera la main toute entière dans la 
jpartie; car lin feul, & même-deux-doigts ne 
jîuffiroient pas; On repouffera tout doucement' 


[la matrice ^ en écartant les doigts ; on la fou- 
rièndra^ & Ton attendra que la tête fe falê 
fentir fans retirer la main, attitude qu’il faut 
|nécéifairement garder , jufqu’à ce que l’en¬ 
fant foit prêt à venir : on repouffera alors*; 
avec le bout des doigts O’orifioe, â -mefure 
que la tête s-avancera, êt que la femme fera 
valoir fes douleurs. Après avoir délivré la 
femme avec beaucoup de précaution, c’efl-à- 
dire, en ne la faifant point pouffer , & ne ti¬ 
rant point trop fort le cordon, crainte que 








des Act'ouchemens. 9 5 

je fond de la matrice ne fort entraîné par l’ar- 
f iere-faix, l’on remettra, après la fortie de 
l’enfant, la main dans la matrice, en la ré» 
pouffant dans fon fond; l’on attendra quelle 
jcommence àfe refferrer, & alors oii retirera 
Itout doucement la main. On fera obferver à 
jla femme d’être couchée la tête plus baffe qui 
Il ordinaire. 


De 1 Accouchement accompagné du relâchement 


ÏL eft encore Une difficulté pour Faccôti-j 
-^chement, elle a pouf caufe le relâchement' 
du vagin. On diftingue ce relâchement de 
celui delà matrice, en touchant la femme \ 
car celui du vagin ne laiffe point de vuide 
du côté du fondement : il ell auffi plus lifïeij 
que la matrice, parce que s’étant dilaté, tou¬ 
tes les Tugofités qu’on y fént dans l’état Or¬ 
dinaire , îe trouvent alors effacées; Il efl de 
toute néêeffité d’y remédier, avant que lâ 
femme accouche ; car l’enfant ne pourroif 
fortir qu’avec beaucoup de peine, & fa for- 









Abbrégé de /’Art 

îie, jointe au efforts de la mere , cauferoit un 
relâchement plus confidérable. Pour y remé 
dier, on s’y prendra de la maniéré fuivante. 
On repouffera un peu l’enfant, en mettant 
d’abord le bout des doigts d’une main du cote 
du fondement 3 évitant de le toucher du bout 
des ongles, crainte de le bleffer, & conti¬ 
nuant à pouffer doucement dans la partie, on 
y fera rentrer le vagin ; on continuera d’a¬ 
vancer la main, jufqü’a ce quelle fë trouve 
fous l’orifice : on lai-ffera la main dans cette 
poiîtion pour retenir le vagin, l’on attendra 
que l’enfant avance, & à mefure qu’il appro¬ 
chera, on reculera la mam. 

Après avoir délivre la femme , on peut ai- 
fément faire rentrer le vagin, en mettant la 
main dans la partie, comme je viens de le 
dire. . ;:e .. .j 

On recommenderai a la femme-de ne . point 
faire des efforts pour aller àla felle , - ce que l’on 
obtiendra, par le moyen des layemens, ainfi 
qu’on en ufe dans la chûte delà matrice. Ï1 ëfi 
néceffaire de coniulîer un Médecin:, ou un ha- 











des Accouchemens. 97 


Je fus un jour appellée pour un pareil acci¬ 
dent , il n’étoit plus te ms de prendre, cette fage 
précaution, le relâchement étoit confidéra- 
ble, reiTemhlant à du boudin replié fur lui- 
même. Je ne pris d’autre parti que de le 
foutenir avec mes deux mains , en joignant 
les deux pouces près Fun de l’autre du côté 
du méat urinaire , en écartant les mains, les 
;deüx indices fe rejoignirent par en bas; je 
le foutins tout entier par cette maniéré, fans 
j mettre les ongles ; je lis dégager la tête 
de Fenfant, & je foutins de toutes mes for¬ 
ces le vagin, pour nfoppofer à ces mouve- 
mens convulfifs , pendant que je la faifois 
! délivrer ; la femme ne fe reffentit point après 
de cet accident; c’étoit pour là fécondé foisj! 
qu’il lui étoit arrive, & dans le premier, elle 
avoir refié trois heures évanouie. 




Des différentes obliquités de la Matrice. 

T’Ai traité dans les Chapitres précédées des; 
y pbftacles qui peuvent rendre les açcou- 
chemens funeffes à la mere & à Tentant r quoi¬ 
qu’il fe préfente bien, c eft - à - dire, par le 
fpmmet de la tête, que la matrice Toit bien; 
placée , que Ton orifice, fe trouve vis-à-vis de 
Fentrée du vagin, & de la partie de la fem- 
■me , & qu’en la touchant ? on fe fente direct 
'jtement au milieu. Il eft encore des : difficultés 
'qui ont pour caufe les différentes obliquités 
jde la matrice, & qui rendroient la forpe de 
l'enfant impoffible, fi Ton n’y apportpit du 
fec-ours. 

Les relâchemens de la matrice prouvent 
âffez que les ügamens qui l’affujettiffent, ont 
de Ta facilité à s’étendre. J’ai fouvent trouve 
que les ügamens d’un coté, ayant plus prête 
que les autres, avoient donné lieu à la ma-[ 

\ trice de fe porter vers le coté oppofé, ce que 
! j’ai reconnu par le toucher ; car au lieu de ! 
j rencontrer l’orificè de la matrice au milieu,' 









Cettejuqure représente le bassin vu etvjuce et un peu penche en 
avant avec l'obliquité latéralle de la Matrice, dont l'orifice est^D 
appuyé sur la partie droite du bassin. 



Grave en Couleurs par J. Robert. 



















Dans cettefpare la situation oblique de la Mat/dce est directe - 
ment oposée a la précédente,son fond étant couché su/' la face) 
in te/'ne de Vos des Isles droit, et son orifice appuyé sur la partit 
cjauehe du bassin . 


Peintpar F. Chafrparre . Gravé en Couleurs par J. Robert^ 







des Accouchemens. 99 

je le trquvois de côté , & paffant la main fur 
le ventre, je fentois aifément que la matrice 
étoit penchée. Je remarquois en même-tems 
que lorfque le corps de la matrice étoit in¬ 
cliné du côté droit, fon orifice étoit tourné 
vers le côté gauche du baflin : or la tête de 
l’enfant appuyant alors fur l’os innommé, elle 
y trouve une forte réfiflence, ' & il faut de 
nécellté que l'enfant & la mere périffent, 
malgré toutes fes douleurs &~les efforts quelle 1 
pourroit faire, fi l’on n’y apporte du fecours. ! 
Il en fera de même, fi l’enfant fe porte du 
côté gauche ; car alors l’orifice fera tourné 
du côté droit. Quelques fâcheufes que foient 
ces différentes fituations, & quelques diffi- 
1 culte,? qu’elles préfentent, on les furmontera 
aifément, en s’y prenant comme je vais le dire. 

Si l’orifice de là matrice efl tourné du côté 
gauche, il faudra faire coucher la femme du 
même côté; car le poids de l’enfant qui fe L 
trouve du côté droit, le fera avancer dans 
le milieu ; & tandis que la femme refiera dans 
cette attitude, Ton Jnfinuera deux ou trois 
; doigts de la main droite dans le vagin, on 
les paffera entre l'orifice de la matrice & 
X enfant, & avec la main gauche, on pouffera 








icement le ventre pour le taire encore! 

On ne doit point faire ces fortes 
-âions avec violence; il faut au con-i 
y prendre à plufieurs fois. On re-l 
ndera à la femme de ne point pouffer, 
ce que l’orifice foit remis en fa place; 
efforts quelle ferait alors augmente^ 
i difficulté, en preffant plus fortement 
fur l’os innommé. 

Il eft encore deux fortes d’obliquités de la! 
matrice; la première eft lorfque l’orifice vient 
s’appuyer fur l’os pubis. Il eft impoffible, dans; 
une pareille fituation, que l’enfant forte fans| 
le fecours de l’Art. Il faudra donc alors faire 
mettre la femme à genoux fiir le lit,; & quelle! 
s’appuie fur les coudes le plus qu’il fera pof- 
fible. Cette 1 attitude fera tomber l’enfant en 
devant , & donnera plus de facilité d’amener 
l’orifice en fon lieu naturel : on fe fervira des 
doigts pour le reculer doucement du côté de 
l’os facrum , & l’on empêchera la femme dej 
faire des efforts pour pouffer ; c’eft à quor! 
on doit bien prendre garde dans ces fortesi 
d’accouchemens. 1 

La fécondé & derniere obliquité de la ma*" 
i trice, c’eft lorfque fon fond fe porte en deq 


roien 









Pl. VIL 


Çô 

















Cette ffure étant l'opposée, de la précédente ) elle fait voir la.) 
partie postérieure du b a fi in avec l'oblùjuité de la ÆatriceS) 
postérieurement son crrifee par enflant un peu au de fus dt> 
los Sacrum . 


Peint peu-' P Chafïpc 


Gravé en Couleurs par J. Jtobd't' 





des Accouchemens. loi 

yant, tandis que fcn orifice eft jette en ar- 
i r iere du coté de l’os facrum. Cette fituationj 
Ije la matrice approche plus % de la naturelle; 
'que les autres, parce que le ventre faillit fur 
le devant, lorfque la femme eft debout, & 
l’on eft fouvent obligée de foulever un peu 
Üatête de l’enfant pour pafîer le doigt, afin 
:de connpitre.fi elle eft en travail : il arrive 
'quelquefois quen pareil cas, on ne touche! 
que le bord de l’orifice* fans pouvoir fentir ; 
les différens degrés de fa dilatation : lorfqu on; 
trouve cette difficulté* il faut faire mettre la; 
femme fur le lit, & quelle foit un peu ren- 
Iverfée : pour lors le fond de la matrice tombe ; 
fur le dos, & donne la facilité de fentir l’o-i 
rifice. Si l’orifice ne pofoit pas fur l’os facrum 
confidérablemenî, comme il fe rencontre clans 
les femmes à qui le ventre ne tombe pas 
jtout-à-fait fur les cuiffes, en la laiftant cou- 








loi Abbrégê de VArt 

A l’égard des femmes, dont le ventre eg 1 
trop pendant, il n’efl pas pdffiblé que Fac- 
couchcment le falïe de lui-même ,• il faudra : 
que là femme ôc l’enfant périfféiit faute de 
fecours ; Forifice venant à pefer fur Vos fà\ 1 
crüm , l’enfant y fera pouffé violemment par 
les efforts de là mère, & ne poiirfà jamais 
fortir. Si en touchant la femme, le doigt ne ! 
peut atteindre l'orifice, on la ferà coucher, 
& l’on infinüérâ dans le vagin toutë la main , 
apres l’avoir graiffée : on foulevera un peu I 
| la? tête de l’enfant que l'on fent dans la nxa- 
itrice, on fera encore pencher la femme én 
arriéré le plus qu’il fera pdffiblé , -6c on pouf¬ 
fera tout doüceirient le vefttre en haut avec 
lia main gauche, & des deux doigts de la main! 
droite que l’on aura introduits dans forificë, 
on la tirera doucement en devant, obfervanf 
toujours que la Femme ne doit poufféf que 
lof f que l’orifice fera réduit, & que là tête dé 
l'enfant s’avancera. Ces rédu&ions doivent! 
fe faire avec beaucoup de ménagement, & 
il faut y employer tout le temps néeefiaire 
pour ne point violenter la matrice. 

Dans les accouchemens ou l’enfant fe pré¬ 
fente mal, fi la matrice efi oblique, il faudra 1 










des Accouchëmens. îa$ 

dé toute néceffité la remettre dans fon lieu 
'naturel, avant que de vouloir retourner ren¬ 
dant; car autrement il ne feroit pas poffiblë 
d’en venir à bout. 

Lon pourroit empêcher les Femmes d’êtrë 
expofées à ces fortes d’inclinaifons de la ma¬ 
trice , en leur confeillant, lorfqu’elles fe plai¬ 
gnent de porter leurs énfans plus d’un côte i 
que de l’autre, en leur confeillant, dis-je, 
de fe coucher du côté oppofé. A l’égard de | 
celles dont le ventre tombe fur les cuiffes en | 
forme de belace, il faudra leur faire mëttrë { 
de bonne heure, autour du corps, une fer-! 
viette en forme de bande , qui ne foit point | 
trop ferrée : par cette précaution l’on empê-|j 
chera que l’enfant ne eroiffe dans*cette mau-j 
ivaife fituation. . 


Ue L Accouchement ou L Enfant préjente lin 
pied^ ou tous les deux enfemble, 

L Accouchement ou l’enfaiit préfentc un 
pied, ou tous les deux enfemble, efl le 
plus aile de tous ceux où l’enfant vient mal. 









104 Abbrégé de F An 

puifque quelque partie qu'il préfente à Kori-i 
jfiee , fi l’on en excepte le fominet de la tête J 
l’on efi: dans la néceflité de le faire venir pari 
jles pieds, étant la feule reffource que l’Art! 
pour faciliter fafortie. 


fourniffe pour faciliter fa fortie. 

On peut difiinguer facilement les pieds, 
même avant que les membranes foient rom¬ 
pues, Dans cette pofition, la partie allongée 
qu’il préfente, fait prendre aux membranes la 
même forme, & lorfque la douleur efi: paf- 
fée, on fent un pied, où tous les deux que 
l’on reconnoît aux talons, aux chevilles & aux 
orteils. On ne fçauroit prendre les mains pour 
les pieds, leur forme fe trouvant très-diffé¬ 
rente. Il ne faut pas attendre que l’enfant s’en¬ 
gage trop avant dans le pafiagé, ce qui ren- 
droit l’accouchement dangereux pour deux 


jraifons. 


fi la face étoit tournée 


La première eit que 
du côté du nombril de la mere, ce qui ar¬ 
river oitfi l’enfant avoit le ventre en deffus, 
la mâchoire s’accrocheroit aux os pubis, & 
! tous les efforts que l’on feroit pour le tirer, 

| ne ferviroient qu’à lui féparer la tête davec 
| le tronc. 

La fécondé difficulté qui furviendroit, c’efi 










Prtntp ar P Chappai-rc . 


Grave en Cou/curs par J. Robert. 


Cette Planche représenté encore une fnufe manceuvt'e en pi'éffrant de ti - 
rer l'enfant la face en devant plutôt pie de lui avoir tourné par derri¬ 
ère , ce pii donne lieu au menton de lenfant de s'accrocha' sur les os Pu¬ 
bis et en continuant de le tiret' dans cette positioji la tête se renversant 
en arrière la mâchoire peutse luxer, d’ailleurs l’occiput par ce renverse • 
ment appuyant sur l’os Sacrum, il est impofible defaire pafer la tète 
dans le détroit du petit b afin, il faut donc en repoufant l’enfant un.J 
peu en haut lui retourner la face en arrièt'e . 































des Accouchemem. 105 

que fi l’enfant ne préfentoit qu’un pied, com¬ 
me cela arrive fouvent, en tirant ce pied for¬ 
tement , l’autre étant plié derrière fon dos, & 
le genou venant à s’appuyer fur l’eftomac, ce 
pied pourroit pofer fur l’os pubis, & l’effort 
que Ton feroit pour le tirer, ne ferviroit qu’à 
le preffer plus fortement fur cet os, ce qui 
rendro.it la fortie de l’enfant très-difficile, & 
peut-être même impoffible. 

Lorfqu’on aura reconnu qu’un des pieds 
fe préfente, que la dilatation de l’orifice efl 
fuffifante., & qu’il fe trouve éminci, on rom¬ 
pra les membranes, fi elles ne Fétoient pas ; 
l’on attendra pour cela une forte douleur, la 
tenfion qui leur arrive alors les difpofant à 
être percées plus aifément. Les membranes 
étant percées, on prendra un pied ou tous 
les deux, que l’on tirera également, on les 
amènera hors de la partie : on prendra un 
linge, fec & doux, dont on les enveloppera, 
pour qu’ils ne gliffent pas des mains. Lorfqu’on 
aura pafie les genoux , fi l’enfant vient la.face 
en-deffus, on le retournera à mefiire qu’on 
le tirera, pour que le nez le trouve en-def- 
fous du côté du fondement de la mere. Cette | 
précaution efi; abfolument néceffaire pour em- 








:io 6 Abbrégé de L’Art 

pêcher que la mâchoire ne s’accroche aux os 
pubis. On abaiffera les bras l’un après l’au¬ 
tre, & fi la tête ne fort pas dans l’inftant, loin 
de la*tirer avec violence, ce dont il faut bien 
fe garder, car on pourroit la féparer du tronc ; 
pu s’arrêtera, & on fera foutenir l’enfant par 
quelqu’un, pour empêcher qu’il ne foitfuffo- 
qué > & faihffant la mâchoire inférieure, on 
gliffera le doigt indice de la main gauche 
dans la bouche, pendant qu'on infinuera la 
fiiain droite fur le derrière de la tête, pour 
la faire baiffer du coté du fondement de la 
rnere ; on la tirera à foi, tandis qu’une autre' 
perfonne tirera l’enfant par les épaules, 
Plüfieifrs Auteurs veulent qu’ayant abaiffé 
un bras on laiiTe l’autre, pour que la t|te fbit 
conduite plus direâement; mais je penfe que: 
forfque la tête eft un peu groffe, on rifque-| 
roit alors de rendre la fortie de l’enfant plus 
.difficile ; la longueur du temps que l’on met-; 
troitàl’avoir , deviendroit préjudiciable pour; 
le bras, qui, en fe gonflant, formeroit une, 
autre difficulté. 

jj Si l’enfant ne préfentoit qu’un pied, lorf- 
qu’on l’aurpit un peu avancé dans la partie, 
on Fafrüjetîiroit par un ruban, auquel on fe-; 








Cettefiqure représenté Vendant soi'ti mais dont la tête est encore engagée 
sous l’arcade clés os Pubis et pour la débaraficr on représente, les doipts 
d'une mam cjauche appuyés sia' los Occipital et en defous une mam d/'oiâ 
dont le doipt indice va chercher la bouche de l’enfant dans laquelle il s’intro¬ 
duit et tirant avec ce doipt la mâchoire inferieure en bas et l‘autre mam ap ■ 
pupanten meme temps sur l’occiput, la tête se fléchit nécefaircmcntctpar ce 
mouvement elle sot't avecfacilité. 


Gravé en Couleurs par J- Moirrt. 


















î>>. 






des Accouchemens. 107 

roitun nœud coulant, fans trop le ferrer, & 
en fuivant le genou, on conduiroit la main 
fur la çuiffe pour la paffer fur la partie de 
l'enfant, ou fur le derrière, fuivant fa por¬ 
tion, &l’on fuivroit l’autre cuiffe & la jam¬ 
be : pour lors on prendroit ce pied que Ton 
ameneroit au pafiage. Quelquefois on efl 
obligé de repouffer le premier, fur-tout s’il 
étoit trop avancé, & en le faifant rentrer un 
peu, on fe faciliteroit le moyen de faire ve¬ 
nir l'autre. 

Il eft effentiel de s’aifürer que le pied que 
l'on tâche d’avoir, efl celui qui appartient au 
même enfant; car il arrive quelquefois que 
la matrice contient deux enfans , & même 
trois. On conçoit bien qu’en tirant indiffé¬ 
remment le premier pied que l’on trouveroif, 
on pourront en tirer un d’un autre enfant, & 
les corps s’embarrafîant fun & l’autre, il en i 
arriveroit la mort, tant des enfans que de la i 
mere, étant de toute impoffibilité qu’ils vinf ! 
fent enfemble. 

Cet inconvénient de tirer le pied d’un fé¬ 
cond ou d’un troifieme enfant, ne peut néab- 
jmoins avoir lieu que lorfque ies membranes, 
qui renferment chaque fétus en particulier, 

I * -S 






%é de VArt 

x qu’enfin deux fétus font 
ar la poitrine , ou autre 1 
: on fçait qu alors- ils font! 
même enveloppe ; mais 1 


105 At 

.ont été déchirées 
unis l’un 


l’autre p 
corps; ca 
renfermés dans une 
ce dernier cas eft fort rare. 


De l'Accouchement où V Enfant préfènte les. 
genoux ., ou le fondement, 

I L efl aifé de diftinguer fi l’enfant préfente 
les deux genoux, ou un fou], fur-tout lorf- 
que les membranes font rompues ; car l’on 
fent l’os qui efl en devant, nommé la rotule : 
fa rondeur & fa fermeté n’empêchent pas qu’il 
ne différé beaucoup de la tête ; puifqu’en tou¬ 
chant, on fent un vuide de chaque côté, & 
qu’en y paffant le doigt, on trouve le pli que 
fait le genou, lorfque la jambe efl: fléchie. 
On ne le laiffera point engager trop avant, 
ôc en fuivant la jambe l’on ira prendre un 
pied; lorfqu’on l’aura, oxi dégagera l’autre, 





des Âccouchemens. 109; 

que la douleur eft paffée ; car alors on fent 
u n vuide au milieu,.& une gfoffeur de cha¬ 
que cote, niais fouple. S’il ne fe prëfentoit 
jque de côté, cette partie Te diffingüera en¬ 
core au toucher; car en pariant le doigt tout 
autour * on fent le pli que fait la cuiiTe, & 
de l’autre côté le fondement ; on ne peut fe 
tromper fur la différence qu’il y a entre cette 
partie & là tête; 

Si la mauvaife fituation de 1 enfant donné 
jlieu à la compreffion du ventre, il rie man- 
jque pas alors de rendre le mœconium renfer¬ 
mé dans le gros boyaux ; c’eff une matière 
noire qui reffemble à de la poix, & dont on 
prouve alors fon doigt couvert, fi Ton touche 
jla feriime dans ces momens. 

! Lorfqu’on fera affurée que l’enfant préfente . 
|le fondement,-on ne doit point le laiffer en¬ 
gager trop, avant ; car il feroit très-difficile 
! d’aller chercher les pieds, il vaucïroit mieux, 
ifi l’on n’étoit point arrivée affez à temps, & 

|qu’il fut trop engagé dans le paffage, le laif- 
jfer venir dans cette rituaîion : on rifqueroiî ] 
|moins pour lui & pour la mere ; mais s’il ne 
prëfentoit qu’un côté du derrière, cette po-1 
fîtion de travers deviendroit très-laborieufe, | 






11 1 o Abbrégé de L’Art 

jparce que l'autre côté de la hanche, s appuyant 
jfortement fur l'os du badin dé la femme , il 
ne fer oit pas podible que l'enfant pût fbrtirJ 
ILorlqu’il ne préfentera qu un côté du derriè¬ 
re, on le repoulfera tout doucement ^ . pour 
jle faire rentrer, & Ton pafiera un doigt de 
l’autre main, pour aller chercher le pli de 
Faîne : on avancera l’autre côté* afin que le 
^fondement fe trouve dire&ement à l’orifice. 
jSi on le laide venir dans cet état, on lui dé¬ 
gagera les jambes, auffi-tôt que le derrière 
fera pade. 

Si l’on arrive auprès de la femine adez à 
|temps ,& que l’on ait reconnu que l’enfant 
Ipréfente îê fondement, ori terminera, l'accou¬ 
chement fans attendre qu’il s’engage. On in¬ 
firmera la main bien graifiee , & en fuivant 
la fede, la cuide, le genou & la jambe, Fon 
ira prendre Un pied que l'on amènera au pafi 
!fage, & on ira chercher Fautre. 









111 






On représente, par cette Planche l'enfant couché en froncis dans le bas 
sin, la te te appityee sur l'os des Isles droites et le dernière sur le gauchi 
avec la position d'une main pii va chet'cher les pieds de l'enfant pour h 
fà re soi'tir. 


Gravé en Couleunr par J-JtapOj 


Ceint par S. Chapparre. 









dès Accoücfiemens, 


De ïAccouchement ou F Enfant préfemè 
ventre , la poitrine , ou ïe dos. 

S I en touchant la Fenimë on ii 
l’enfant fe préfente mal, on 


fe conduira 
différemment, fuivant la partie qu’il offrira, 
Si c’efi le ventre , ou la poitrine , les meUi- 
branes feront plus applaties, parce que l’en¬ 
fant étant de travers, les retient dë^ deiTx 
cotés ,■ & ne leur laifîe pas la liberté de s’al¬ 
longer : il arrive fouvent que dans céttë p6- 
fitioii le cordon ombilical fe préfentë le pre¬ 
mier, & lorfque les membranes ne font point 
tendues, on fent les Battémeris de les artères, 
à travers les membranes. La dilatation deio- 
rificé étant devenue fufKfantë, on rompra hs 
membranes ^ & on reconnoîtra la partie qiiiil 


Te préfente. Si c’eft la poitrine , en glifiant la: 
jmain deffus, on trouvera le ventre Î’ôîii- ' 
ibilic : l’on fiiivra avec la fnain jufqu’à iâ par ; 
jtie de l’enfant, en trouvant une cuiffe, on 
.ira au genou, & l’on amènera les pieds auj 














: i ï z. Abbrege de i Art , 

Lorfque Fenfant préfente le dos 
peut s 'y tromper, l’épine fe fait fenti 
;que le dos étant courbé, les vertèbre 
[tinguent aifément les unes des autre 
jles fuivant jufquau fondement, Fon 
;aux pied's, la méthode étant la mêi 


T Orfque Fenfant préfente le Bras, cette 
J" fhuaîion lui eâ fouvent funefie, parce 
'que ceux qui ne font pas au fait des aceou- 
chemensj ne connoifient que le fcul moyen 
ide faire rentrer le Bras, avant que d’aller 
|chercher les pieds , & à force de fatiguer ce 
Bras, on le meurtrir fi confiderahîement, que 
la matrice irritée le ferre au point de ne plus 
laiffer de. reilburce, que celle de le couper 
[pour terminer Faccouchement : malheur qui 
jnefi: que trop commun dans les Campa- 












Cettefigure fait voir comme dans la précédente un enfant couché en ù'avers 
lans le InffJin mais elles sont différentes en. ce que la première indique 
benne manœuvre et que celle cy en démcmà'e 
bras ch'oitde l'enfant qui se présente . 


e mauvaise en tirant sur le 


Pont paréP. Chapparrt 


Grave en Couleurs par J. Robert. 












des Accouchemttis. ï i] 

L’on diftinguera aifém-ent fî !e bras fe pré 
{ente ; car -en ce cas les membranes font al 
travers F on fent la main cru 


longées. 

différé beaucoup de la forme du pied par fes 
doigts allongés & déliés. Si la dilatation de 
Formee eff fuffifanté, •& que les membranes, 
ne fuient point rompues , on les 
main jufqu amddTiu 


percera 


littbnüérà la 
de Fenfant, fans toucher a fa main ni au bras, 
& on le repouffera en haut tout doucement 
pour le faire rentrer; mais fouvent cela ne 
Iréuffit point dè.s la première fois, parce que 
l’enfant, alors trop gêné dans là Htiiation, ne 
peut fe prêter aux mouveniens qu on veut lui 
faire faire ; dans ce cas , oh changera dé ma¬ 
nœuvre. Ces tentatives étant doulotireufes 
pour la mere, on les lui épargnera, en con- 
duifant tout de fuite la main fur le coté de 
fenfàht, fur la hanche, la cuiffe,le genou 
& la jambe, êc îorfquon aura un pied, le 
premier mouvement que Ion fera pour le ti-; 
rer à foi, éloignera de toute, néeeffité Je bras 
du paffage : ayant été alors chercher Fautre 
pied, on amènera Fenfànt. 

Par cette méthode 
l’enfant & à la mere ; 


, on lauvera la vie al 
car dans les accouche-j 










ï ?4 Abbrégç de VArt 

mens traînés en longueur par la faute de celles 
gui opèrent, il ell toujours à craindre que la 
matrice, irritée depuis long-temps, ne s’en¬ 
flamme, & ne çaufe la mort à la femme. 

Si lenfant préfentoit le coude, pn le re- 
connoîtroit aifément, parce qu’étant plus poin¬ 
tu que le genou, on ne peut prendre l’un 
poiir l’autre. On fe donnera bien de garde 
de le laiffer trop avancer, crainte que le bras 
ne vienne à fortir jufqu’à l’épaule ; ce quiar- 
riveroit, il l’on n’alloit chercher les pieds 
| promptement. En répondant doucement le 
; Coude, l’accouchement devient plus facile, 
■parce que le bras peut s’étendre aifément le 
long du corps. Il efl au contraire plus mal- 
aifé, lorfque ï’avant-bras efi fortj tout-à-fait 

€ H A P I T R E XXX. 

D& £Accouchement où /’Enfant préfenu l’é¬ 
paule , Voreille ou le menton . 

T ’Enfant préfentant l’épaule, l’on ne doit 
; A-J point efpérer de réduire la tête aifément, 
| pour.quelle vienne fe préfenter direâeinent 
là l’orifice : on peut le tenter , mais ne pas 








On reconnoîtra que c’eft en effet Fépaule 
qui fe préfente, loriqu’en conduifant le doigt 
tout autour, Ton fentira le défions de l’aiffelle 
d’un côté, & de l’autre le col de l’enfant, ce | 
qui ne peut biffer aucun doute ; mais comme ! 
jil pourroit arriver que dans cette fituation J 
{il eût la face en deffus, & que l’épaule étant| 
jrepouffée, il vînt dans cette attitude, Faccou-j 
|chement de viendront laborieux, alors il fau- 
| droit fe déterminer à faire fortir l’enfant par 
[les pieds, en fuivant les parties du corps, 
{comme je l’ai dit. La femme à la vérité en 
ifouffrira davantage; mais ce moyen eff pré¬ 
férable a la réduâion de la tête dans fa fitua¬ 
tion naturelle , qui demanderoit beaucoup de 
temps. 

] A l’égard, de Foreilîe , on ne peut s y trom¬ 
per, & par le fens dont elle fera tournée, on 
pourra juger fi la face eff en deffus ou en deff 
fous, le bord de l’oreille la diffinguant aifé- 
ment, puifqu’ü ne fe trouvé jamais du côté 
de la joue. Ayant fait l’examen néceffaire, 





U 1 6 Abbrégé de T Art 

'pour s’affurer que Fenfant a la face tournée* 
en deffous, on aura lieu d’efpérér qu en re-! 
culant F épaule j la tête fe préfente-ra à l’ori¬ 
fice ; mais fi le col étoit trop penché fur l’au¬ 
tre épaule, après avoir fait inutilement de lé^ 
gérés tentatives , on fe déterminera à faire 
fo-rtir l’enfant par les pieds. 

L’accouchement où Fenfant préfente le men¬ 
ton, ou le vifage tout entier, peut fê termi¬ 
ner aifément , en le faifant venir par la tête. 


tant la main applatie, & la conduifant iou- 
cernent jufqü’à la poitrine de Fenfant, pour h 
foule ver un peu, on fera reculer la tête, for 
poids la fera tomber d’elle-même, .& Fobli 
géra de le placer direâement à l’orifice, es 
qui le fera venir naturellement. Il en fera d 
[même, fi l’enfant préfente la-face toute en 
tiere. 

On doit obferver que les recherches qu 

;Fon fait au moyen du toucher, pour difiat 
! guer ces différentes parties , doivent-fe fair 
invec beaucoup de délicateflè pour n’en ble 






Pl. Xl'JT. 



Cette Planchefit voir une main qui tire lajambe droite de l'enfant tan - 
dis (jue l’autre fléchit et se b'ouve accrochée sur les os des Isles gauches, 
on doit sentir gu'une semblable manœuvre ne paît manquer de luxer la 
cuisse sionfaitb'op deffort et qu’il eut bien été plus pmident d’aller cher¬ 
cher l’aub'e pied avant d’avoir la témérité de brer sur celui qui se pre - 
sente s ad. 


feint par P Chapparre , 


Gravé en Couleurs pat' J.Robert- 
















~^nr4 


IV 



On représente dans cette Planche deux enfants dans le b a fini dont /un 
■pi'ésente.une jambe droite et l’autre la (jonche, l'Opérateur ou lyL'coucheus\ 
ne s’étantpoint a/duré s’il y a deux enfants dans la Æati'ice voyant 
pied droit et un pied cjauche tire sur ces jambes et il résulte de cette mati 
vaise manœuvre Ijue les deux autres cuisses appuyées sur quelques pi 
du contour du bassin ne manquait pas de se luxer et defoivner 
cle invincible a la sortie des enfants. jj j ■ 


Peint par P. Chapparrc. 


Grave e/l (auteurs par S P** 


I 













des Âccouchemens. i17 j 

fer aucune. J’ai vu en pareille oecafion des j 
jyeux crevés, & la face rendue difibrme par 
les meurtrifiiires qu’on j avoir faites; 

Ôn s’y prendra comme je viens de le dire, 
pour tâcher que la tête ne préfente que le 
fommet, & fi après avoir tenté plufieurs fois 
avec beaucoup de ménagement fa réduêfion 
1 dans ces deux diverfes polirions, on ne peut 
; en venir à bout, le parti le plus fur & le plus 
jj avantageux, eft d’aller chercher les pieds, &■ 
[de terminer au plutôt l’accouchement. 


De F Accouchement où 


e rencontrent 


heurs 


T Orfqu’on a lieu de croire y par l’étendue; 
1 j confiderable du ventre de la femme J 
qu’elle eif enceinte de deux, ou de trois en-j 
fans, il efi d’une conféquence infinie de s’afi j 
furer fi le fécond pied que l’on va chercher! 
dans la matrice, efi: celui du même enfant; 
dont on en a déjà un, parce que s’il arrivait, 
cômme je Fai dit, que l’on tirât en même- 
temps le pied d’un autre enfant, les corps 











± 18 Abbrégé de V Art 

jauxqüeîs ces pieds réporidroient ; s’embarraf' 
jferôient l’un & l’autre, & fi Ton s’bbftinoit à! 


jles tirer,- Ton expoferoit la mere & les enfansj 
à de très-grands dangers* étantImpofTiblë que- 

' :C r . r r . i i i 


livrer la femme elt là leule choie que je croie! 
née affaire d’expliquer ici, puifquil nj a point': 
d’autres méthodes que celles dôîit j’ai fait men-| 
jtion, pour favorifer la fortie des enfans dans! 
Iles différentes portions où ils peuvent fe ren-j 
I contrera 

| L’on peut préfumet que la ferîimè éft en- 
jceinte de deux enfans, fi fon ventre eff gros 
làrge,- fi elle .a été plus incommodée dé 
! cette groffeffe que des autres, fuppofé que ce 
j'ne foit pas fa première•& fi elle a les jambes, 
jenflées, de même qiie la partie; Le volume j 
jde l’enfant que l’on reçoit, peut aufïi en an-;! 
jnonCer un fécond, le ventre reffant gros, & 
Lenfant étant très-petit, peut faire juger qu’il 
\y en a un fécond. 

| L’on doit obferver en général, comme je 
Fai déjà dit, de ne point tenter dans aucun 
jaccouchementde délivrer la femme, fans a voir 
^auparavant paffé la main fur le ventre, pour 


s’afluref 









dès Accouchemens. i ip 

's’âflufer s’il ne fe trouve point encofe quel¬ 
que chofe dans la matrice. Par cette précau¬ 
tion, ôri évite le dangér auquel on expoferoit 
la mere & le fécond enfant, fi l’dn tiroit totit* 
à-coup l’arriére - faix. Il peut même àfrivér 
quë lé premier enfant que l’on a reçu, foit 
beaucoup plus fort que celui qui relie, ce 
dernier même pdüvant être, mort depuis plu» 
fleurs jour s.oLôrfqu on aura reconnu qu’il relié 
un fécond .enfant ; on fera au cordon ombili¬ 
cal les deuxiigatures dont j’ai parlé, avant 
de le couper : elles feront à qüatfe traverà : 
de doigt de idiliance l’une de l’autre; & ,ori 
le couperârrentre - deux. Le premier enfant j 
étant forti, on né fera aucune tentative pourj 
tirer l’arrieré-faix : on profitera de la première ; 
douleur pour rompre les membranes du fé¬ 
cond. Il arrive quelquefois que chaque en¬ 
fant a fon placenta particulier ; mais plus or¬ 
dinairement les différens arriere-faix font unis,- 
& par leur union n'en font qu’un feul j 
auquel répondent les* cordons de chaque en- 


En admettant le fentiment de la fuperféta-j 
>n * qui hippofe, comme je l’ai dit, ünej 
sonde génération à quelque difiance de laj 








î me que piuiieurs jours, ou peut-être piuiieuts 
mois après la conception du premier, Oiiem- 
pêcheroit fa perfeélion; mais ne pouvant être 
affinée s’ils ont été formes l’un après l’autre, 
&: fi chaque enfant a fon placenta particulier, 
on rifqueroit auffi de faire périr la mere, & 
l'enfant qui refie encore dans la matrice, en 
voulant la délivrer : le premier cordon &i 
Farriere-faix fe trouvant communs aux deux! 
enfans on détacheroit l’autre partie encore 
! adhérente à la matrice, la perte de fang ve¬ 
nant alors avec abondance, fufFoqueroit l’en¬ 
fant , & mettroit la mere en danger de perdre 
la vie. : ai 

J’avoue une crainte que l’idée de la fuper- 
fétation m’a toujours donnée ; car n’ofant pas 
délivrer la Femme fur le* champ, par la rai- 
fon que je viens d’expofér, & ne pouvant 
deviner fi Farriere-faix eft commun aux deux 
enfans, j’appréhendois qu’en laifïant ce corps 
étranger dans la matrice, il ne vînt à s’y cor¬ 
rompre , fi elle fé refferroit, & qu’elle ne put 
Fexpulfer, ce qui mettroit en grand danger 
& la mere & Fenfant : ainfi il vaut mieux at- 







des Accouchemens. m 

tendre que de tenter de tirer le premier cor¬ 
don; & li Tarriere-faix fe détache de lui-mê¬ 
me, & que les douleurs ceffënt, il ne faudra 
point tâcher de délivrer la Femme du fécond; 
'enfant, ni lui faire ufer d’aucun remede pour 
[faire renaître les douleurs ; mais on attendra 
‘patiemment que le terme de l’enfant qui relie, 
doit expiré. 


CHAPITRE XXX11. 

|De rAccouchement ou le cordon Je préfente 
le premier a-ve-c quelque partie de U En- 
fimt. 

L ’Accouchement où le cordon fe préfente 
le premier avec quelque partie du corps, 
efi le plus funelle. Lorfque c’eft la tête qui 
vient avec le cordon, il faut, pour fauver la 
vie à l’enfant, fe déterminer à le faire venir 
par les pieds, parce que la tête remplilfant 
; le petit baffin, comprimeroit le cordon au 
point d’arrêter la circulation du fang dans les 
vaiffeaux qui le compolent, ce qui feroit pé- 
jrir l’enfant ; mais li ayant rompu les membra- 
|nes, on reconnoît, par le toucher, que la tête 








lit Abbrégé de T Art 

n’eft point trop engagée, on tentera de re- 
pouffer en arriéré le cordon pour le faire 
rentrer, à mefure que la tête avancera. Si! 
là réduêlion du cordon n’étoit pas polïible, 
if faudroit abfolument fe déterminer à re-l 
tourner Fenfant, pour le faire fortir par les 
pieds. 

' 5 A Fégard de l’accouchement où Fenfant fe 
préfente mal, & où quelqu’une de fes parties 
|fi fortie avec le cordon, il n’efl pas fi dan¬ 
ger eux ? pourvu que Ton faffe rentrer le cor- 
jdpn avant que d’aller chercher les pieds; ce 
!qui (e fait facilement; & ne doit point être 
jpmis afin que je cordon ne fe trouve point 
jcpmprimé, ni refroidi. 


CHAPITRE XXXIII. 

l’Acçouchement de l'Enfant mort , & de 
! la tête refée dans la matrice. 

jf JL y a plufieurs lignes qui donnent à con- 
1 -P- poître que Fenfant efi: mort dans la matri¬ 
ce. S'il Yeû. depuis longtemps , & qu’il pré- 
fente le lommet de la tête, quoique la matrice ; 
ine foit point trop dilatée , & que les eaux| 








des Accouchemens. 12.13 

s’écoulent, la peau chevelue fe fépare & s’at¬ 
tache au bout des doigts, Çc.à mefure qu’on 
les remet dans l’orifice, quelque nouvelle 
portion s’y attache encore ; mais fi la dilata¬ 
tion de l’orifice efl: fuflifante, & qu’il n’y ait 
pas allez de temps que l’enfantfoitmort, pour 
que fépiderme qui couvre la peau s’en dé¬ 
tache, l’on peut être afTuré qu’il a perdu la 
vie, lorfqu’en tournant le doigt dans l’orifice , 
on fent la tête très-molle, & quelques-uns 
des os du crâne pafTés les uns fur les autres *, 
enfin fi le cordon fe préfentant le premier, 
|es vaifTeaux qui le compofent font fans bat¬ 
tement, & s’il fe trouve flétri, toutes ces cir- 
conftançes ne permettent pas de douter de la 
mort de l’enfant. 

L’on peut encore juger de fon état par l’exa¬ 
men de quelqu’autre partie qu’il préfente ; car 
fl c’eft un bras , on jugera par le pouls s’il eft 
vivant ou mort. 

On ne doit point prendre pour un ligne 
de mort, ainfl que le penfent quelques-uns, 
la fortie du mœconium , puifque l’évacuation 
jde cet excrément n’a d’autre caufe que la 
preflion des boyaux qui le contiennent, foxt 
que l’enfant foit mort , foit qu’il vive encore. 





12,4 Abbrègé de l’Art 

Il arrive quelquefois que la mere croit que 
!fon enfant eft mort, parce que depuis quel- 
'ques jours elle n’en a point fenti les mQuve- 
mens. Il faut bien fe garder de donner trop 
[aifément dans cette idée, & Ton ne doit rien 
tenter qui foit capable de nuire à l’enfant, fi 
fa mort n’eil conftatée par les lignes rappor¬ 
tés ci-defliis , & dont il eft bon que les Affif- 
tantes foient infimités, pour éviter le blâme , 
auquel on fe trouveroit expofée, fi l’on n’a-j 
voit cette attention. 

Dans les accouchemens trop longs par le 
rallentiffement des douleurs, fans pour cela; 
que la mort foit certaine, on peut faire prem 
dre à la Femme une infufion de deux gros 
de féné, pour difpofer la matrice à fe div 
later. 

Si l’enfant préfentoit le fommet de la tête, 
& qu’il fe trouvât au pafiage, il faudrait lui 
mettre le doigt dans la bouche , en forme de 
brochet, & par ce moyen on pourroit le ti¬ 
rer aifément ; mais H la tête nétoit point afi 
| lez avancée , on pafieroit de chaque côté une 
’ main étendue : comme efie efi alors aifez. fou-j 
pie, on peut, en l’appl-atifîant, la faire entrer 
un peu plus dans le paffagef L’on tâchera 








12^ 



On r épi'es ente pat' cette Flanche un enfant décollé dont la tete este'es - 
dedans le bafin pareequ’ayantptds une situation oblique cm a voulu 
b tirer defarce ce qui n'a pu réufir, les deux épines des os Ischion^ 0 
ayant formé un obstacle a sa sortie . 


par P, Chappgrrc . 


Gravés en Couleurs par J. Robert. 














des Accouchemens . 12 5I 

avec une main de dégager une épaule ,. eir 
indnuant un doigt en forme de crochet fous 
Faiffelle* 

Quant à la tête reliée dans la matrice, j’â- 
vois cru que rien n’étoit li commode pour 
en procurer la fortie, qu’une bourfe. Je n’en 
avois pas l’expérience par moi-même, ôc je- 
ne Favois donnée pour relïburee que fur ce 
que des perfonnes m’avoient alTurée s’en être 
fervi avec fuccès* Mais ces malheureux ac- 
cidens, qui ne font que trop communs dans 
les campagnes , m’en ont appris Finutilitéi 

Si la tête féparée du tronc fe trouve dans 
un balîin bien conformé, & que la tête ne! 
foit pas difproportionnée par fa grolfeur au 
détroit du petit badin, que la face foit pofée! 
fur l’os facrum^ les efforts de la mere fuffi-j 
ront pour en procurer la fortie. On peut en-; 
core lui donner des remedes ; M. Peu dit! 
n’en avoir pas trouvé de plus efficace que les 
lavemens un peu âcres, employés avec pru¬ 
dence. Il ajoute qu’en ayant fait donner un 
où il avoit mis deux gros de fel polychrefle; ! 
à peine la Femme F eut-elle gardé, quelle 
fut obligée de fe mettre fur le badin , où elle 
rendit dans un effort la tête refiée. 





né; Abbrégè de t Art 

Si la tête eft trop groffe * elle contiendra' 
alors par fon volume le détroit du graiid bâf- 
fi n; au petit, on fent l’inutilité de la bour- 


Ique Tignorance de là Sage-Femme de Gam- 
Ipâgiiex Lorüque l’enfant fe prifente par les 
:pièds, elle ié tire toujours ; elle ne s’attache 


[point à mettre la tête en ligne direâe de l’é- 
|pine_du corps de Fenfant; ce qui fait quelle 
Irefte oblique,• M qu elle fe place * comme je 
l’ai rendu daris dette Planche. r. 31 
j Je me fuis déjà trouvée dans ces cas, & 
'en préfence de perfounes:qui ne voulôientfe 
jfervir que d’inftrumens tranclians je ne; me 
ifuis- fervie que de ma main, en' remontant la 
[tête dans le grandi badin, la retournant pour 
lui mettre la face du côté de Fos facrmn , un 
doigt alors dans là bouche , & le pouce for- 
[ tement appuyé fur l’occiput, pour la baifler. 
| fur le coccyx-^ de par cette direêtion la dé- 


barrafler 



dès Accouchèmens. iiy| 

barralTef de l’arcade des os pubis , & j’en! 
ai fait l’extraOion fans aucune violence. 


CHAPITRE XXXIV: 

De L'arriere-faix adhèrent , & de la matrice 
rehverfée. 

propofe déux méthodes, pour déli 
vïer la Femnië. Les uns veulent qu’a-; 
yant de couper le cordon, on aille chercher 
farrieré-faix dans Finflant ; les autres préfe-! 
rent d’attendre qu’il fe détache de lui-même ; 
fans porter Ta main dans la matrice | & de 
faciliter ce détâchemenf par de légères fric¬ 
tions fur le ventrej ou en faifant foufflef là 
Femme dans fa main. Ce font les- circonftan-- 
.ces qui doivent déterminer à préférer Furie 
de ces méthodes à l’autre. S’il y avoit perte 
de fangj la première ferait k préférer, le feul 
|moyen pour la faire céffer, étant la prompte 
lextradion du placenta; ou h la matrice pa- 
jrôiflbit difpofée àfe refferrer, ori devroit pro¬ 
jeter du. moment favorable, pour accélérer 
[le détachement du placenta; mais fi Fori na- 
Ivoit rien à craindre de la perte , & quen të-j 



ji.2.8 Âbbrégé de L’Art 

nant le bout des doigts dans la matrice, oh 
ne feïitît pas quelle Té refferrât, on ne de¬ 
vrait rien précipiter, iT faudrait tâcher feu¬ 
lement de faciliter Ton détachement, comme 
je Fai dit, par de legeresfri£Hons fur le ven¬ 
tre , & Tarnere-faix fortiroit naturellement, 
en tirant un peu à foi le cordon , ce que Ton 
a recommendé au Chapitre de F Accouche¬ 
ment naturel. Si ion s'appercevoit que la ma- 
trice fût difpofée à fe refferrer, il faudrait 
dans Finftanî porter la main dans fa cavité, 
en iiiivant le cordon qui fert de guide, & 
paffant le bout dés doigts entre la matrice &! 
Farriere-faix, on le détacheroit tout douce¬ 
ment, prenant garde que les doigts ne por¬ 
tent que fur le placenta, & on retirerait lé 
tout enfemble, & non par parties. 

Il faudroit en agir de même pour le faux- 
germe adhérent, en obfervant de le détacher 
tout autour, pour l’avoir en entier. 

Lorfque le cordon fe trouve rompu près; 
du placenta, ou, comme Fon dit communé¬ 
ment, près de fa maffe, le détachement de 
Farriere-faix mérite une attention particulière ; 
car îÏQÛ k craindre qu en le féparanî, l’on 
n’occ adonne un renverfement de la matrice, 






Pl . XXIII. 



Cette Planche représente une Æatrice ouverte pour Imper voir Carrière plia 
collé a sonpond,avec une main droite t/ui l'ayant reconnu a déjà co/n - 
mencé à pafiet' son petit doigt sous les membranes pour ypaire suc - 
ce/Jivementpapier tond) les autres apùi de le rouler et Ceect/'aire tout 
entier, pendant cette manœuvre le cordon est tenu pa/' la main y au ch e > 
ayant deux tours parlés autour du doiytindice et du milieu de cette 
meme main . 


^•mt par P. Cimpparrc _ &W en Couleurs par J. Robert. 












des Accôuchetnens. 129 

en entraînant fon fond vers i'orifice, ce que 
l’on a vu arriver plus d’une fois. Pour dif- 
tinguer le corps du placenta d’avec la ma¬ 
trice, on fera attention que la furface de celle- 
ci efi unie. & polie ; au-lieu que la furface 
du placenta fe trouve inégale par la quantité 
de rameau^ que forment les.artères & la veine 
ombilicale. S’étant* aiïixrée qne c’eft le pla¬ 
centa, on le détachera, comme je l’ai dit, 
■eh infirmant le bout des doigts entre les mem¬ 
branes & la matrice, tout autour des bords 
| du placenta, pour découvrir l’endroit qui cede 
le plus aifément. 

L’on ne caufera jamais le renverfement de 
la matrice , en féparant barrière - faix, lorf- 
| qu’on y fera les attentions néceffaires pour le 
|prévenir, & qu’on ne perdra point de vue 
cç que l’ai recommendé. Mais fi: l’on étoit 
appélîée pour remédier à cet accident, on 
réufiiroit en prenant un linge fin , & en re- 
pouffant tout doucement la matricejufques 
dans fon fond : on y laifieroit la main, jufquà 
ce que la matrice vînt à fe refîerrer, alors on 
la retireroit peu-à-peu. 








De la perte de fang qui précédé ou accom¬ 
pagne Tmcjouchementy & de celle qui le 


B A perte de ïangfieCfouvent funefle à la 
mere, fi l’on ny apporte un prompt fe- 
cours. On doit, avant que de rien entrepren¬ 
dre , tâcher de connaître la caufe de cet ac¬ 
cident; car fi la perte etc cccailonnée par le 
détachement du placenta, elle ne peut ceffer 
que. par refferrement de la matrice, qui 
n’aura lieu qu après la for fie de l’enfant. Dans 
ces circoôftances^ il ny a point de temps à 
perdre, il faut de toute néceffité accoucher 
fia Femme. Si la matrice ntétoit pas fuffifam- 
; nient dilatée, on s’y prendroit, comme je l’ai 
enfeigné au Chapitre du Faux-germe,. 

Si en touchant la Femme, c’ell le placenta 
qui fe préfente,. on pourra le reconnoitre par 
(a portion charnue, qui . ne reffemhle jn rien 
|aux parties de l’enfant,; de plus, les caillots 
de fang qui viennent coup fur coup , & l’a- 
Ibondance de celui que la Femme perd, ne 









fe préfentât au paffagé, ou qu’il fortît par l’o¬ 
rifice -, les membranes n étant point rompues , 
fil faudroit les déchirer pour aller chercher 
les pieds de l’enfant, füppolé que la;t|fe ne 
fut point trop avancée'. On ne doit pa ; 5 alors 
faire rentrer le placenta, qui n’eâ plus, né- 
ceflaire pour la confervatîon de l’enfant. Si 
l’on a eu le malheur d’être appellée trop tard, 
,ou que l’on ait été trop long-temps à opérër,! 
la mort de l’enfant eû certaine , & cette mort' 
eft le plus fouvent fuivie de celle de /la 
mere. 

S’il arrive que l’orifice de la matrice ne 
foit point allez dilaté ,/pour permettre au pla¬ 
centa de paffer jufques dans le vagin, on le 
reconnaîtra aux figues que j’ai donnés. L’on 
aura foin , dans ce cas, de repouffer rarriere- 
faix de côté, afin qu’il ne forte qu après que 
l’enfant fera pâlie. 

Il fùrvient allez fouvent des pertes avant 
accouchement : lorfqu’elles ne font ocça- 
fionnéçs que par l’abondance du fang-, & pour 
n’avoir pas fâigné fuffiiamment la Femme pen-' 






ï 3 x Abbrégé de l'Art 

àmt fa groffeffé, une ou deux faîgnees arrê-| 
tent alors ces pertes, & l’accouchement fe I 
fait tout naturellement. 

La perte de fàng qui fuit Faccouchement, 
pas fait faigner 


arrive foüvent pour n avoir pas rait iaignei 
la femme au commencement dé fes douleurs, 
ou pour avoir fait l’exîra&ien du placent; 

enfin pour, ei 
►n-dans là ma ; 


avoir 

tricé: 


iurvieiît j on ne doit rren; 
orter du re me de :1e plus ' 
ire la niâin- dans la ma¬ 
ître fi la perte eft occa- 
corps étranger , foit par' 
quelque portion dit pla¬ 
ne caillot de langé On 
auffi-tat que la matrice 
ces corps étrangers,- la 
malgré cela elle 

;es dans ! 


tnce, pour- reconnc 
donnée par quelque 
un faux-germe, ou 
centa, foit par quelqi 
doit être. ; allurée qu’a 
fera défearraliêe 
perte ceffera. Néanmoins d 
CQntinuoit- >; Fon trempérpit- des ling< 
Foxicrat, que Fonfçait rfê-tre qu’un mélange, 

; d’eau & de vinaigre, qu’on feroit tiédir, d 
la faifon étoit froide , on envelopperoiî avec 
4 ces linges les cuiiTes de la femme/&- on paf- 
iferoit fous fes reins un autre linge mpûillé de! 







lia meme liqueur. On auroit foin de retirer 
Ide la partie les caillots de fang , à mefure 
qu’ils -s’y formeroient. La cire d’Efpagne en 
poudre eft un très-bon remede, & la Sage- 
Femme devroiî en avoir toujours fur foi. On 
en prendra de la grqffeur d’une noifette, que 
l’on mettra en poudre, pour la faire avaler 
à la femme dans lîx cuillerées d’eau., & H la 
perte continue , on lui en donnera une fé¬ 
condé dofe. C’éff un remede dont j’ai vu de 
grands effets < . 

Si l’on eff à portée de faire prendre à la 
femme mie potion, on lui.en donnera une 
[qui fera compofée de deux onces d’eau de 
ùhicorée fauvage, d’une once d’eau de fleurs 
d’orange, de demi-once de flrop de diacode, 
]& autant de flrop de capillaire, qu’elle ava¬ 
lera tout à la fois. 

On lui fortifiera le cœur en lui faifânt flai¬ 
rer des linges trempés dans l’eau de la Reine 
de Hongrie, ou dans du vin, qu’on aura fait; 
un peu chauffer. On la couvrira moins qu’à 
l’ordinaire, & l’on aura foin que l’air de la 
chambre ne foit point trop chaud : on ne lui 
bandera point le ventre, crainte d’exciter la 
jperte. Sa nourriture ne fera que d’un peu de 






i"}4 Abbrégé de VArt 

gelée donnée de temps en temps , & fà tifannei 
fera faite avec la racine de grande confonde! 
& le riz. On pourra lui faife prendre une! 
once de fue de pourpier. 

Si les forces de F Accouchée étoient fuffi-l 
fantes ^ on pourrait la faigner du bras, dans] 
la vué de détourner le fang de la matrice:! 
cette faignée ne doit point fe faire tout de 
fuite, il faut l'interrompre de temps en temps, 
pour ménager fes forcés, & occafionner plus 
de diverlion. On fermera ddnc la veine à 
plufieurs fois, laiffant des intervalles plus ou 
moins grands, fuivant l’état de FAccouchée; 
i Cette méthode eft fort approuvée. 


[es Convuljîons & de la Léthargie , qui 
viennent a la Femme dans le travail. 


Orfqu’il arrive qüe la Femme a des con- 

. . j vulfions avant que d’être accouchée , il 

a tout à appréhender d’un pareil accident,; 
rit pour la mere que pourd'enfant; ainfi on 
'pellera un Médecin, ou un Chirurgien ha-; 
le, & l'on s'attachera à bien examiner l’état. 









de la femme* pour leur en rendre uii compte 
fidele. 

En attendant les fecours néceffaires, poiif 
délibérer fur le parti qu’il y a à prendre 4 il 
faut faire faigner la femme* quand bien mê¬ 
me elle Eaurpit été, & ne lui faire ufer que 
de l’e’au pure, prenant bien garde qu’il ne lui 
en tombe fur le vifage & fur la gorge. Cette 
fraîcheur la faifiifanî * redoubleroit les cori- 
vulfions, les liqueurs fpirkueufes les rerï- 
dfoient encore plus violentes. Si l’on ferif 
que l’orifice de la matrice le dilate * & qui! 
lies douleurs viennent par intervalle entre lés 
Imouvement convulfifs, on peut eipérer pour; 


ijvient pas la première* ne pouvant alors re¬ 
tourner l’enfant fans faire beaucoup de vio» 
dence, ce qui 11e manqueroit pas d’irriter le 
! genre nerveux* quife trouve déjà affeâé, orî 
attendra patiemment le moment de l’accoii- 
chement. La faignée à la gorge eft très-avan- 
tageufe dans ces circonftances, pour dégagér 
le cerveau de la quantité du fang qui s’y por- 






i.3.6 Abhrégé de LArt 

te, ce qui arrive lorfque cet ; 
long-temps. 

II eif encore un autre état qui 
tel pour la femme 


devient mor- 
eft lorfqu’elle tombe en 
[léthargie : cet afFaiffement de tous les reiïorts 
jde Tœconomie animale ne laide plusde.ref- 
ouchement ; ainfi il faut fe 
e l’extraéHon de l’enfant le 
promptement qu'il fera poffible, parce 
c eû le feul moyen de fauver la mere. 


iource 


| - De la defcerne ou rélaxation de la matrice* 

L Es quatre ligamens que j’ai dit défîmes 
à maintenir la matrice dans fa {luxation 
naturelle , fe relâchent quelquefois ; enforte 
que le col de la matrice , au-iieu de fe trou¬ 
ver au fond du vagin, s’avance jufquau mi- 
llelP^lé ce conduit. L’on a vu ce relâchement 












des'Açcouchemens. 137 

devenir fi confidérable , que cet organe fie 
portoit jufqu’aux grandes lèvres, & s’ayan- 
çoit même au-delà. C’eff ce dernier état que 
l’on nomme chute^ de matrice , pour le diflin- 
Iguer du premier , que Ton défigne par le 
1er me de defcerne , ou de rélaxation de ma¬ 
trice* ; 

Entre les- caufès capables dë produire ces 
;accidens, les plus ordinaires font les travaux 
lexcefïifs, ainfi que les efforts que caufent de 

L_ 1_j _ C _ l - . ..rr 


jettes;,' Le moyen de foulager celles qui font 
| affligées de ces relâcjaemens 9 c’efl de leur in¬ 
terdire toute occupation pénible, & de les 
|obliger même à garder le lit pendant un tems 
convenable; à quoi on ajoutera i’ufage des 
linjeélions fortifiantes dans le vagin, telles que 
celles qui feront compofées de gros vin, où 
Ton aura fait bouillir des rofes de Provins. 
Si ce-s. moyens n’étoient pas fufflfans, ou q-u’il 
ne fût pas poffible de les employer, l’on au- 
roit recours aux peffaires, que 
pofer de différentes matières „ 

; 11 aires font faits d’un morceau de liège afîezj 
.épais, de la largeur environ d’un écu de fix 1 


com- 





livres , auxquels on donne une figure ovale, 
& pn les perce dans le milieu de façon à y 
pouvoir paffer le doigt ; le peffaire doit être 
égal dans fà circonférence, & fa furface fera 
rendue très-unie par la cire fondue, dans la¬ 
quelle on le plongera plufieurs fois , jufquà 
ce qu’il s’en trouve entièrement recouvert, 
& qu’il s’y foit formé plufieurs couches : on 


pouffera jufqu’au fond de ce conduit , & lorfi 
qu’il y fera parvenu, on le placera de ma¬ 
niéré que l’orifide de la matrice réponde à 
j’puverture du peffaire. Par cette précaution 
les humeurs qui s’écouleront de cet organe , 
fuiront la facilité de s’échapper, '& la femme 
pourra concevoir. On aura l’attention, avant 
S’introduire le peffaire, d’y attacher un lien, 
'afin.de le retirer plus aifément; ce que l’on 
fera de temps en temps pour le nettoyer, 
Lorfque le peffaire fera placé, on fera met? 
tre la femme en des fituations différentes,doit; 
en la faifant affeoir, foit en la faifant mettre; 
à genoux; on jugera, par là facilité avec la-j 
quelle la femme le fupportera dans divërfes 









i38 



Cette Planche représente une Matrice dans le ha fin avec un Vaxjinfn 
du dans le fond diujuel on aperçoit poser un refaire de cite par le 
trou duquel on voit l’orifice de la Matrice . 




par R. Chapparre . 


(iraitf en Couleurs par J. Robert. 






m 






des Accouchemens. 139 

fituations, fi le peffaire eft bien conditionne, 
c’eft-4-dire, s’il n’eft point trop gros ni trop 
petit, & l’on y remédierait alors différem¬ 
ment , fuivant l’état où il fe trouvera ; ceux 
qui font trop gros, incommodent; ceux qui 
font trop petits, ne tiennent pas, & il faudra 
en augmenter le volume, en les remettant de 
nouveau dans la cire. 

L’ignorance de la plupart des Sages-Fem¬ 
mes de campagne leur fait regarder la ma- 
jtrice, qu’elles appellent la mere' comme la 
jfource de toutes les maladies, Dans cette 
idée, elles y appliquent indifcrétement toutes 
Fortes de remèdes, qui ont fouvent des fuites 
trèsrfâcheufes ; ce que je n’ai vu que trop 
fouvent arriver dans les différens voyages que 
j’ai été obligée de faire. 


CHAPITRE XXX VIIL 

Des qualités requifes à une bonne Nourrice. 

TL feroit à fcuhaiter que la mere de l’enfant 
put le nourrir elle-même , à raifon de la 
^conformité du tempérament, fur-tout fi elle 
jouiffoit d’une parfaite fànté, & qu’elle fut 







i 140 Abbrégé de l'Art 

ibien conftituée, la bonne conftitution du corps 
étant la première qualité d’une Nourrice;! 
quoi il faut ajouter qu'il feroit bon quelle 
de parens attaqués de*cer- 


;ne tut point ne* 
jtaines maladies 
déliés que la pierre, la goutte, les écrouelles, I 
l’épilepfie, &c, 

J Les autres qualités de la Nourrice regard 


tité de lait néceffaire à l’enfant; il faut qu'elles 
ne foient ni applaties y ni attachées aux côtés; 
elles doivent au contraire s’avancer en de¬ 
hors en forme de poire : Je mammelon ne 
doit être ni trop gros, ni trop enfoncé. Un 
mammelon trop gros, remplilTant la bouche 
du nourrifîbn, l’empêcheroit de tetter ; en 
un mot, la groffeur & la figure du mamme¬ 
lon doivent répondre à celles d’une noifette. 
Il doit être percé de plufieurs petits trous, 
pour qu'il lai fie échapper facilement le lait, 
& que le nourrifidn ait moins de peine à iu- 
cer; enforte que l’enfant quittant le tetton, 
f|on voie fortir le lait par plufieurs rayons, ainfi 






ifereux. rour en juger, il raut en faire rayer- 
environ une demi cuillerée dans la main : fil 
lien la penchant un peu le lait coule auffi-tôtJ 
ijc’efi un ligne qu’il efi trop Iereux ; fi au con-j 
jltraire les gouttes relient attachées fans couler! 
fur la pente que fait fa main , c’efi une preuve! 
jqu’il efi trop épais. Pour être cenfé bon , il 
:eft néceffaire qu’il s’épanche tout doucement J 
• ! & que la place en foit un peu teinte. Le lait! 
Itrop féreux ne nourrit point affez, & celui; 
qui efi trop épais, outré qu’il a de la peine! 
à fortir j efi: difficile à digérer : entre les deux,-! 
.néanmoins, quelques Accoucheurs de répu-j 
tation préfèrent le lait le plus coulant, corn-! 
,me plus aifé àfe difiribuer. Enfin, le lait doit; 
être blanc , doux & un peu fuccré. 

Il ne faut pas que la Nourrice foit trop; 
jeune ni trop vieille ; lé premier âge efi trop' 
chaud * & le dernier abonde trop en humeurs, j 
Le bon âge efi depuis vingt-cinq ans jufqu’à 
trente-cinq. 

On préféré les Nourrices qui ont les che¬ 
veux noirs ou châtains, à celles qui les ont 
blonds ou roux , & qui ont des taches de 
Touffeur. Ces dernieres ayant pour l’ordinaire 





142, Abbrégé de L'Art 

une odeur défagréable. Si la peau ri’eO: pas 
d’un grand blanc, il faut du moins quelle net 
foit point livide, ce qui annonceroit un tem¬ 
pérament bilieux : elles doivent avoir un peu 
de couleur , mais point trop. On doit exa¬ 
miner le côl, & le deffous du menton de la 
Nourrice, pour fç avoir fi elle n a pas eu les 
écrouelles^ En regardant les bras, on peut 
juger, par la quantité des cicatrices des fai- 
gnées , fi elle efi valétudinaire, On doit s’in¬ 
former iî elle n’eft point réglée pendant qu elle 
nourrit ; car fi elle l’étok* f abondance du lait 
en feroit diminuée. Il feroit bon encore que.; 
jla nourrice ne fût point louche, ni qu’elle 
n’éût point les dents gâtées, ce qui pourvoit 
jlui donner une mauvaife haleine , capable 
d’incommoder l’enfant. 

On doit éviter de prendre une Nourrice; 
nouvellement accouchée, & avant la fin des- 
quarante jours néceffaires pour la purger de 
fa couche j fou lait ne pouvant alors être bon 
que pour fon propre enfant, tandis qu’il fe¬ 
roit contraire à un autre nourrifibn, par la 
différence de tempérament. Si l’enfant de la 
Nourrice efl mort, il faut s’informer fi ce 
nef! point de quelque maladie contagieufe, 


comme 






des Accouchetîieris. iq.|j 

comme font les fievres pourpreufes, quelques| 
ulcères vénériens, la gale, &c. Tout cela:' 
nannonceroit J)as une Nourrice bien faine ; ! 
mais fi fon enfant vit/on peut juger d’ellej 
par lui-même ; fl fon teint efî: vermeil, fi fa 
chair efl ferme; & fi, l’examinant toutnud, 
on le trouve écorché entre les cuiffes, ceîaj 
fera connoîtré la mal-propreté de la Nourri^ 
ce, qui ne manqueroit pas d’être encore plus 
négligente pour un enfant quelle ne prend 
que par intérêt. Une attention qui efl encore 
néceffaire, concerné les mœurs de la Nour¬ 
rice. Il n’eft pas douteux que le caraàerede 
celle qui allaite , n’influe beaucoup fur l’en- 
j.fant qui face les vices avec le lait, & qui quef 
quefois tient moins de ceux qui lui ont donné 
le jour, que de celle qui l’a nourri. On doit: 
s’informer avec foin fi la Nourrice n’efl point 
fujette au vin, au vol, ou à quelqu’autre vi¬ 
ce, fi elle eft violente, ou fi fon humeur efl 
inégale. Il efl effentieL auffi de fçavoir fi elle 
jeft fujette au mal caduc, & quand même cê 
|ne feroit que le mari qui y fut fujet, il ÿ 
iauroit toujours à craindre que les accès de 
icette maladie ne donnaient lieu au lait de 
,fe troubler, & de devenir nuifible à l’enfant. 


y 




144 Abbrégé de ïArt des Accouchemens. 

Il faut auffi s’informer fi le mari &la femme 
vivent bien enfemble, pour ne point avoir à 
craindre que lorfqu ils fe querellent, ou qu’ils 
fe battent, Tes coups ne retombent fur l’enfant. 

On ne doit rien négliger, pour s’infiruire 
de toutes ces circonfiances, & il faut éviter 
de fe laiifer gagner, foit par fes amis , foit 
par l’efpérànce de recevoir des préféns de 
celle à qui Ton donne la préférence. Quoi¬ 
qu’on ne croie point commettre un crime en 
Te faifanî ; c’en eft pourtant un très-grand, & 
l’enfant en eft fouvent Ta viéiime, foit qu’il 
périffe bientôt, ou qu’il vive long-temps in¬ 
firme. i/on a d’autant plus à fe reprocher de 
navoir pasufé de toutes ces précautions, que 
c’efi; dans lès petits endroits, où l’on peut plus 
aifément sinîlruire des moindres particula¬ 
rités. 










OBSERVATIONS 


Sur des cas Jinguliers , ajoutés a l’Ouvrage, 
de rAuteur. 


PREMÏERÆ OBSERVATION. 

Sur la matrice double. 

r|||pipjA matrice de la Femme , que Ton 
iftAl n ’ av °i r pour l’ordinaire qu’une 
feule cavité, s’eR trouvée quelque¬ 
fois en avoir deux. 

M. Riolan , Médecin de Paris, en fournit 
des exemples dans fon Antropqgrapliie, Li¬ 
vre //, cliap. xxxv , page 1$J. 

Madame la Marche , dans fon Livre , ou Inf- 
truâion familière aux Sages-Femmes, fait aulTi; 

Imention dune matrice de cette efpéce, vue ; 
1=_:_-_:_-A - 1| 




1^.6 Observations, 

jdans le corps d’uné femme, dqnt l’ouverture 
fut faite à l’Hôtel-Dieu. | 

M. Littré , Médecin de Paris, difféquant une 
petite fille, morte à l’âge de deux ans, obferva 1 ; 
qu’elle ayoit le vagin partagé en deux cavités 
égales, l’une à droite , l’autre à gauche, par 
| une cloifon perpendiculaire , de maniéré ce¬ 
pendant que cette cloifon n’étoit point entière, 
ne formait ces deux cavités que depuis le 
milieu du vagin jufqu’à la matrice : chacune 
de ces cavités aboutiffoit à une matrice parti-j 
culiere , qui avoit fon orifice, fbncol, & fon 
fqnd. Çes matrices, qui étoient très-diftinôes 
|f féparées dans l’intérieur ne montroient au 
dehors qu’un corps fimple & continu, à Tex 
çeption néanmoins de leurs fonds, qui étoient 
féparés l’un de lautre , ou pour mieux dire 
qui n-étoient réunis que par un ligament en for 
pie de membrane triangulaire. Chaque fond 
avoit une trompe * un ovaire,, un ligament lar 
:ge > & un ligament rond *> 
jf M. GraveL Médecin fournit auffi des exem- 
flples de double matrice, dans une Thèfe qu’il 
llfputint à Strasbourg en 1738, 

|| Mémoires de F Académie Royale des Sçienç.es, anp& 






Obfervations. 1 A7\ 

M. Philippe - Adolphe Boehmer , célèbre] 
Profeffeur en Médecine, donne auffi un exem¬ 
ple d’une double matrice dans fon fécond Re¬ 
cueil d’Obfervations d’Anatomie, 175 6 . Laj 
cloifon qui féparoit le vagin, fuivant fa lon¬ 
gueur en deux parties égales, setendoit depuis 
jlunion des orifices de cette matrice, jufqu’à 
jcelui du vagin, qui dans ce fuj et avoir deux 
■ouvertures, lune à droite , l’autre à gauche ,j 
réparées par l’extrémité delà cloifon verticale 1 
qui partageoit le vagin en deux cavités. 

' Il eft à préfumer, comme l’a dit M. Littré J 
au fujet de la petite fille, à qui il trouva deux 
^matrices, que les Femmes, ainfi conformées, 
pourroient concevoir en différentes appro¬ 
ches, tantôt par l’une de ces matrices, & 
tantôt par l’autre, félon que la femence virile 
fé porteroit à lune ou à l’autre. 


11 , OBSE RVAT ION, 

Sur les vices de conformation du b afin. 

1F% Arnii les vices de conformation, dont le 
11 baffin efl fufceptïble, il y en a deux prin-j 
cipaux, qui, portés à un certain degré, obil-j 














1 iq.8 Obfervatmns. 

|gent d’avoir recours à F Opération Céfarien-I 
ne , ou du moins rendent l’accouchement! 
très-laborieux. Le premier , ell le rétreciffe-l 
ment de l’entrée du petit baffin, oçcafionné] 
par l’approche de la partie fupérieure de l’os! 
facrum & du corps de la derniere vertèbre; 
des lombes vers l’os pubis , & dont il efi? fait 
mention à la page 87 de ce Livre 7le fe-r 
cond, qui eft contraire au premier, confifie! 
dans le rétreciffement de la partie inferieure; 
du baffin, formé par rapproche contre na- 
f ture des branches & des tubérofités des os 
; ifchion. On en a vu un exemple tout récem-j 
| ment à THôtel-Dieu de Paris, fur une Fem- 
i me âgée d’environ trente ans, à qui l’on a été 
obligée de faire l’opération Céfarienne. L’en¬ 
trée du petit baffin étoit très-fpacieufe, la dif- 
tançe de la partie fupérieure de l’os facrum y 
à la fjmphife des os pubis , avoit cinq pouces 
& quelques lignes ; celle d’un des os des iles 
à l’autre, à l’entrée du petit baffin, étoit de 
quatre pouces trois lignes j les tubérofités des 
os ifchion ne laiiToient êntr elles'qu’un'inter- 
jyalje de deux pouces moins un quart *, les: 
jjpranches de ces os laiiToient entr elles un; 
|pouçe & demi d’intervalle, & les épines, de 







Obfervations. x 49 

ces mêmes os n’en laiffoient que deux pouces 
jentr’elles; & fi l’on fait attention à la difpo- 
ifition des ligamens qui attachent ces parties , 
|on concevra aifément que cette ouverture 
'inférieure du baffin fe trouvoit encore rétre- ; 
jcie par leur moyen. 

En traitant de la génération , l’on a dit que 
quoique la matrice foit le lieu où bœuf * qui 
'a été fécondé , fe développe le plus ordinai¬ 
rement , l’on avoir vu néanmoins cet œufs 
jéclorre dans Fovaire, d’autre fois dans la trom¬ 
pe , & enfin dans la capacité du ventre. L’on 
a ajouté que Ces générations extraordinaires! 
font très-fbuvent mortelles : le fétus qui en 
efl produit, ne pouvant iortir par la voie na¬ 
turelle. Entre les Obfervations que nous avons 
fur cette matière, je vais en citer deux qui 
prouvent que les meres peuvent fur vivre aux 
^opérations néceffaires pour l’extraéHon des 
.fétus morts. 

| La première de ces Obfervations, efl d’A- 
braham Cyprianus, Médecin & ProfefTeur; 
en Anatomie & en Chirurgie , dans l’Aca¬ 
démie de Franeker, fiir un fétus de vingt-un! 
mois, qui fut retiré de la trompe droite de lai 
matrice, fans que la mere en foit morte. I 




r un ri 
de la tî 
la mere 


[pour la. r € 
Ipagnie du 
jde trente- 
jfierne fois 
jvieme me 
:rien de di 
les greffe 
dant tout < 
mammelL 
deau étoii 
fordinair 
fitué un t 


précédentes 


l'u° 

Obfervations . 

Il La leconde, 

eff de M. Littré , auffi fur uni 

|[fétus tiré du ventre de fa mere par le fon-i 

dement. 













Obfervatiüns. içt 

précédentes,' fe remuait avec vivacités Àr-| 
'rivée au terme de l’accouchement, elle fentit; 
de grandes douleurs, &: fon enfant Je remua; 
plus que de coutume, ce qui lui rit efpéréf 
quelle accoucheroit bientôt : fes efpérances 
furent vaines ; car outre qüe ces mouvemens 
fe faifoient fentir dans un lieu extraordinaire ; 
il ny avpit aucune préparation du côté de 
l’orifice de la matrice qui annonçât un accou¬ 
chement prochain : dès-lors l’enfant ceffa de 
fe mouvoir, & la mere commença à fe mieux 
porter. ■ 

Après le dixième mois, les menfirues, qui 
avoient été fupprimées depuis le commence¬ 
ment de la grofTeffe, reparurent, &la mere 
ne fentit plus mouvoir l’enfant, mais feule¬ 
ment un poids très-lourd, & fur-tout vers le 
dix-huitieme mois, auquel tems elle fe trouva' 
fi incommodée ^ qu elle fut obligée de garder 
le lit. Peu de temps après elle commençâ à 
fe plaindre d’une grande douleur aux parties 
voifînes du nombril, & cètte douleur fut fui- 
vie d’un ulcéré fongueux dans cette région. 
Plufieiirs confultations furent faites, tant de 
Médecins que de Chirurgiens, dont les avis 
fe trouvèrent partagés; les uns voulant que 












ji 52 Ubjervduons. 

le. fétus fût dans la matrice, & les autres lé! 

[ niant. 

Il y .avoir vingt-un mois que la groffeffe! 
:avoit commencé, lorfque Cyprianus fut ap-| 
pelle à Louvarde, où il fe rendit avec lesl 
j premiers Médecin & Chirurgien du Prince 
de Naffau. Des qu’il eut vu la malade , con- 
1 fîderé les cireonftances de fon état, & feu 
tout ce qui a voit précédé, il afiiira quelle! 
;portoit un enfant mort. Gn découvrit, par 

lie toucher ,,T|p rlnrp+p p n ri ri p r a KIp afn 


jie toucner, une aurete comiaerame au nas 
de l’ulcere voifin du .nombril, lequel ülcere 
j étant fongueux, donna facilement entrée à 


lune fonde , au moyen de laquelle la dureté 
J fut reconnue être un os. Cyprianus ayant in¬ 
troduit dans l’ouverture le petit doigt, jugea 
ique c’étoit un des pariétaux de l’enfant, ce 
qui l’ayant enhardi, il fe détermina à faire 
d opération néceffaire, malgré la grande fôi- 
iblefie de la malade. 

Ayant fait porter le lit au milieu de la 
chambre , il commença par introduire, le doigt 
dans l’endroit où il avoit fenti un des parié¬ 
taux, & conduifant fur ce doigt une branche 
de cizeaux, il fit une incifion auffi grande 
qu’il fut poflible : elle comprenoit nondeule- 










Observations, 153 

ment les tégumens, mais auffiles mufcles, le 
péritoine, enfin, la poche dans laquelle le 
fétus fut trouvé avec fon cardon ôr fon pla^ 
centa, qui étoit très-mince ,& dont une por¬ 
tion étoit même confirmée, 

Cyprianus ayant reconnu que cette poche 
étoit continue à la partie latérale droite de la 
matrice, ne douta pas que ce ne fût la trompe | 
de ce coté, d’autant plus qu’on a beaucoup; 
d’exemples de fétus trouvés dans ce conduit. 
Ayant retiré le fétus avec fon placenta, "& 
enlevé en meme - temps * au moyen d’une 
éponge trempée dans de l’eau tiède, toute 
la mucofité & le %ig qui s’y trouvoient épan¬ 
chés, il ne s occupa plus que de la réunion 
de la plaie , qui avoit environ un pied de 
longueur : il fit quatre points de future en- 
chevillée, qui fe trouvoient également difians 
les uns des autres , & comprenoient le péri¬ 
toine, & toute répaiffeur des mufcles & de 
la peau. Cyprianus crut devoir laiffer à la par¬ 
tie inférieure de la plaie , une ouverture pour 
l’écoulement des matières qui viendroient de 
l’intérieur, .& dans laquelle il mettoit une 
petite tente très-mollette, qui ne s’oppofoif 
point à l’écoulement de ces matières. Enfin, 






ij4 Kjbjerv citions. 

au moyen d’un régime' convenable, & des 
attentions néceffaires en pareil cas, la femme 
fut parfaitement rétablie au bout de trois mois, 
& continua à fe bien porter ; enforte que neuf 
mois après fon rétabliffement, elle devint en¬ 
ceinte, & accoucha hëüreufement d’une fille , 
êc Tannée fuivante> d’un garçon & d’une hile 
jumeaux» 


IV, OBSERVATION. 


Sui un fétus tiré du ventre de fa mere pat le\ 
fondement , 

A. U mois de Mars de l’année 1702., M. Caf- 
fini * donna avis à TAcadémie Royale | 
des Sciences , qu’une feinnie , fans avoir eu 
laueun ligne apparent de groffefTe , a voit vuidé 
par le liège plufieÏÏrs os, qui fembloiçnf être 
peux dun :; fétus. chargé de vëri- 

|fier un fait fi fingulier, fe tranfporta chez h 
jmalade : il trouva au lit une femme âgéé de 
itrente-deux ans , autrefois fort grade, alors; 
[horriblement décharnée, & très-foible., Uj 


Mémoires de l’Académie Royale des Sciences , année 







ObfervatLons. i5 5 1 ] 

apprit qu’il y avoit douze ans qu’elle étoitj 
mariée; que pendant les fix premières années! 
de Ton mariage elle avoit eu trois enfans; que! 
dans les trois fuivantes, elle avoit fait quand 
■faudes-couches ; que vers le 15 du mois d’Aoüt 
de l’année précédente , elle avoit fenti une 
douleur aigue à la hancfie droite;que cet te dou¬ 
leur, qui avoit diminué quelque temps après, 
avoit entièrement cede au bout de cinq fe¬ 
rmâmes ; qu’au commencement du mois de 
Novembre de la même année, la malade avoit 
encore fenti fous le foie une douleur accom¬ 
pagnée d’ün grand étoudement; & qu’en ap¬ 
puyant fur cet endroit, on y avoit remarqué 
iune tumeur ronde , & groffç comme les deux 
poings ; qu envirôn deux mois après, cette 
; tumeur étant tombée dans le côté droir du 
baffin de fhypogâlïre, la douleur &. rétoude- 
jment avoient cede fur le champ; que huit 
'jours après, la douleur de la hanche étoit re- 
jVenue avec plus de violence que la première 
bois; & qu’enfîn la femme avoit des hémor- 
jrhôïdes intérieures & extérieures, une diffi- 
•cülté d’uriner, d’aller à la belle, & une im- 
IpuiiTance de marcher, principalement ducpté 
ï! droit. ' : v '- v 




15 6 Obfervatiom. 

Vers la fin du mois de Décembre fuivant, 
il lui prit unefievre, qui dura quatre mois 
fans relâche, avec plufieurs redoublemens, 
la plupart précédés de friffons ; elle avoit une 
averfion pour toute forte d'aÜmens r des dé¬ 
faillances, des hoquets, des vomiffemens de 
fang, .& un cours de ventre purulent pu fan- 
glant, qui entraînoit des osdes chairs pour¬ 
ries, des cheveux, &e. Tout celaétoit fiiiyi 
d’épreintes, de coliques cruelles, de toux, 
de crachement de fang, d’infomnies conti¬ 
nuelles , & de douleurs infuppoçtables dans’ 
toutes les -parties du corps , jufquçs dans. la 
moelle des os. 

M. Littré apprit auffl que cette femme avoit 
commencé à rendre des os les premiers jours 
du mois de Mars de Farinée précédente, à la 
fuite de grands efforts, pour aller a la ftlle. 
Le premier os qui parut , fut celui d’un bras 
d’un fétus , dépouillé de fes chairs, qu’on lui 
tira avec beaucoup de peine du gros boyau, 
ou il s’étoit engagée Cet os fut fuivi pendant 
quelques jours de quelques autres, mais plusj 
petits, avec des matières épaifîes, purulentes 
:èç dune odeur eadavéreuiç. 

| L’on reconnut que ces, os etoient ceux dhnf 






demandé 


tétas denviron lix mois, ôt ayant 
|à la femme de combien elfe çroyoït être en- 
! ceinte; elle répondit qii’elle nenfçavqit rien, 

; quelle n’avoit pas même eu aucun fdupçôn 
de l’être, parce que fesrégies ne lui avoient 
pas manqué depuis fa derniere couche ; que 
fon ventre n’étoiî pas groffi confidéfablement; 
quelle n’avoit point fenti remuer l’enfant com¬ 
me dans les groffefTes précédentes; que fon 
fein n’étoit pas devenu plus gros, & quil n y 
avoit point paru de lait, & qu’enfin elle ne 
fe fouvenoit pas d’avoir eu aucune des in¬ 
commodités qu’ellè avoit reffenties dans fes 
premières groffefTes* 

Cependant, quelques jours après, on la fit 
fouvenir qu’au mois de Mai 1701, elle avoit 
eu une forte envie de manger du maquereau, 
quelle n avoit pu fatisfaire à caufe de la cher¬ 
té, On la fit encore fouvenir que dans le mê¬ 
me temps elle avoir été dégoûtée des alimens 
ordinaires, & qu’elle avoir eu des maux de 
cœur. Or, de fortes envies de manger des 
alimens dont elle n’ufoit que rarement, les ( 
dégoûts, les maux de cœur étant des lignes 
de groffeffe, on peut conclure , dit M. Littré , 
que cette femme étoit devenue enceinte dans 







11 5 o (JbJervationSi 

ce temps-là, d’autant pluâ que la grandeur 

des os du fetuk marquoit la même choie. 

M. Littré ayant touché la femme, trouva 
la matrice dans fpn état naturel, rien n’en 
étant forti durant le cours de là groffeffe $ que 
ce qui, fort dans le temps réglé chêz les fem¬ 
mes faines, & qui ne font point enceintes. 


imorrhoides noires cxulcerees, ex iop ouver¬ 
ture étôit fi rétrécie par ces hémorrhoïdes J 
;& par.,une dureté qui en occupôit toute la 
icireonférenCe, qu’il ne put introduire deuxj 
doigts à la fois dans le rectum , fans de grands! 
efforts , oui firent tomber la Femme en foi- 
jblefle. / _ : / ; . f , Q 1 

[ Cet inteffcin fe trôuvoit uicéré intérieure¬ 
ment en plufieurs endroits, & percé d’un trou 
:de la largeur d’environ un pouce & demi y 
butant qu’il fut permis d’en juger par le doigt. 

! L’ouverture étoit fituée du côté droit à la 
(partie poftérieure du boyau, & à deux pou- 
yes au-defiiis du fondement, où à peine le 
doigt indice pouvoit atteindre. Alors il n’y 
but plus lieu de douter du chemin que les os 
& les autres matières étrangères , rendues par 
le liège, avoient pris. 






Observations. I 59i 

M. Littré , examinant avec le doigt la plaie jjl 
ou le troii d’un boyau , feritit la tête d’un fétus ,| 
qui étoit fi fortement appliquée contre cette 
ouverture, qu’il ne put la déranger, & lâl 
face qu’il préfentoit, fermoit fi exaéfement le 
trou , que la malade,, depuis trois jours | ne 
rendoit par le liège aucune dés matières ex¬ 
traordinaires qui en fortèierit auparavant. Gët 
habile Médecin crut ne devoir faire l’extfac¬ 
tion de cette tête; quaprès avoir rétabli les 
forces de la femme, qui fe trouvent trop affoi-l 
blie; ce qu’il fit par 1’ufage des bons coîifôîU" 
més, des oèufs frais , dé la gelée , du vin d’A- 
licant, &c. après quoi il ën tenta l’extraâiôri ; 
en détachant d’abord la peau dè la face; & 
enfuite les petits ôs des mâchoires : à l’égard 
des grands oS du crâné , tels que leS pariétaux 
ôt les deux portions du coronaî, comme leur 
; volume rie permettoit pas de traverfer l’oU- 
! vertu re latérale de l’intedin, il crut devoir 
les divîfer en plufieurs pièces; au moyeri des 
pincettes Courbes & tranchantes, & il travailla 
|enfuite à réparer les altérations confidérablés 
[de finteflin & des parties voifines , ce qu’il, 
ifit par l’ufage des inje£Hons déterfîves * & âü-| 
très remedes convenables. L’üfàge de toüsj 


Y 








ifeo Vbjervationh 

çes differens moyens, prudemment employés 
pendant plusieurs mois, fut fuivi d’un fuccès 
des plus heureux , & la malade, quelque 
temps après le traitement, jouit dune par¬ 
faite fanté, 

tes différentes.. circonftances qui avoientj 
accompagné cette grolTeffe particulière, ne 
permirent payé M. Lime■ de croire que le 
| fétus eût été contenu dans la matrice, d’autant 
| plus que la femme avoit été très-bien réglée 
; pendant tout ce temps-là ; qu’il n’y avoir eu , 

| durant le traitement , aucun écoulement de 
■ matière' étrangère par l’orifice dece yifcere, 
j II fe petfuada donc que le fétus ayoit été con- 
| tenu dans une des trompes ou dans Fovaire, 
Lôç-ll lé crut d’autant plus aifémeut, quuhaypitj 
vu deux exemples particuliers de fétus trou-j 
yés dans, l’un & dans l’autre• Or les memhra-j 
nés de çes partie^, dit M. Littne^ rfayant pasj ( 
de yaifieaux confidérafiles;, & en ade^ grandi 

I nombre, le fétu§ : a dû manquer de inc nqnti 
rider, ce qui.lui a occafionné des mouve-j 
mens çonyulfifsj, qui ont donné lieu à la rup 4 
ture de la poçlre. gû il étoit renfermé, à quoi 
ont pu contribuer aufii les efiprtadeja mere J 
tant pour vomir, que pour aller à la felle ; 











Qbferv aüoûs. iéi 

efforts càufés par la violence des renie des dont 
là femme .faifoit ufage, ôt cette perche étant 
rompue y le fétus a dû tomber dans la capa¬ 
cité de l’hypogâHfëy où, étant mort peu de 
temps après i il eontraâa la pourriture dont 
il a été fait mention, ÔC qui! communiqua 
parties voMnes. 


aux 










ï6z Vbjervatiohs. 

cette Ville : elle efl conçue en ces termes.! 

Une pauvre Blançhifleufe de la Ville de! 
Troyes, mariée depuis quatre ans, & qui 
gvoit fait une fauffe-couche dans les premiè¬ 
res années de fon mariage, deyint grofle une 
fécondé fpis. Au terme ordinaire , elle eut, 
Içs douleurs & les figues qui annoncent uiy 
accouchement naturel très-prochain. Ces fi¬ 
gues fe fournirent dans le même état pendant, 
deux jours t alors on remarqua que 1k matrice 
étoit vuide, quoique l’enfant remuât dans le 
çorps de la mere ayec plus de force & de 
facilité qu’auparavant. Dans le courant du 
mois fiiivant, la femme eut quelques douleurs 
yives, mais pafîageres, & tomba dans un état, 
dé foiblefle & d’affaiffement, qui fit craindre;, 
pour fa vie : elle s’en remit cependant peu-; 
§-peu , & au bout de huit mois , elle reprit; 
|!jes pénibles fondions de fa profeffion : elle ad 
jjÿéou' dans cette fituation pendant trente an-; 

; nées, dont elle a pafie les cinq dernieres àj 
jjoigny, toujours greffe, n’ayant depuis foui 
jlaccident ceffé d’être réglée, & eu du lait dans: 

jjfon fein. Enfin, le 12 Juillet 1747, elle mou- 
1 , 1 itta . ’ - fluxion; 


irut a 1 Motel-JJieu de Joigny, dune 
'de poitrine, âgée d’environ foixante-un an, 





O bferv citions. 163 

A l’ouverture du cadavre, on trouva dans 
le bas-ventre une maffe ovale, grofTe comme 
lia tête d’un homme, attachée au fond de la 
matrice, & qui fembloit fortir de la trompe 
droite/ L’on ouvrit cette malTe , qui pefoit 
près de huit livres ; on y découvrit un en¬ 
fant, parfaitement confervé, fans être envi¬ 
ronné d’aucune liqueur. La peau de cet en¬ 
fant étoit fort épailTe : il avoit des cheveux, 
|& deux dents, inciliv.es, prêtes à percer, a 
chaque mâchoire. L enveloppe étoit en par¬ 
tie- dlfeufe, & en partie cartilagineufe ; elle 
avoit prefque par-tout deux lignes d’épailfeur, 
& quatre dans la partie contiguë à l’arriér é- 
faix, lequel avoit la même confiftanee,' Sa 
forface externe étoit garnie de. petites r émi¬ 
nences graveiëufes, & l’interne étoit comme 
moulée for les ; parties de l’enfant quelle em- 
braffoit étroitement. Une ouverture dans Far 
fiére-foixr fembloit déligner Finfertion du cor 
don ombilical, qui étoït defféché à un travers 
de doigt du nombril, comme li l’on y éût 
fait une ligature; d’ailleurs, toutes les parties 
;de la mere, & notamment la matrice, étoit 
très-faine,' & dans l’état naturel. Cet enfant 
ja été montré à l’Académie des Sciences, pari 







164 UbJ ervations. 

le Chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Joigny.j 
M. Morand f . 9 qui fut chargé de l’examen! 
de ce fait fingulier, en a trouvé , par fes re¬ 
cherches s plufieurs femblables dans les Au¬ 
teurs; il fe borne néanmoins à l’hiftoire de 
trois feulement, qui ont paru les mieux cortf- 
tatés ; fçavoir, Fenfant de Leinzelle, en Sua- 
be ? en 1,720; l’enfant de Touloufe, en 1678; 
& celui de Sens, en 1582,. 
j L’enfant de Leinzelle a été vu à F Acadé¬ 
mie Royale de Chirurgie, M. le Duc de 
iWirtemberg, qui le garde dans fon Cabinet, 
avoit permis à fon premier Chirurgien de 
Renvoyer à Paris. Cet enfant a refié cpia* 

; rahte-ôx ans dans le corps de fa mere, la¬ 
quelle a vécu quatre-vingt-leize ans : il étoit 
renfermé dans une efpécè de boëte greffe 

comme une efpéce fe boule à jouer aux quiF 

les ,, cartilaginemfe, dans l’endroit par. où elle 
temoit à la matrice * & fi dure ailleurs,- quelle 
foutint les coups, de, hache, avec laquelle elle 
fut ouverte. 

La mere fentk les douleurs de l’enfante- 
■ment pendant fept femaines, après quoi elle 

l] * Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, année 
IIX748. 








(Jvj erv allons, 165j 

fe porta bien, à fon fardeau près; cependant' 
jelle eut depuis deux couches heureufes, & 
:&c lès enfans ont vécu. Le volume de fon 
'ventre étant toujours le même* & lui cau- 
jiant quelques incommodités, lorfqu’elle fe 
'donnoit certains mouvemens : elle afiiira tou¬ 
jours quelle étoit refiée groffede fon premier 
enfant. 

Celui dëTouloufe a refté vingt-fix ans dans 
le ventre de fa mere, qui eut du lait dans le 
fein, & quelques fymptomes pareils à ceux 
■de Faccouchement, pendant deux mois, avec 
des douleurs afiez vives pendant trois , au 
bout duquel temps elle reprit un peu fes for¬ 
ces, &conferva jufqu’àla mort la même grof-i 
feur, fe plaignant toujours du poids qui Fin-] 
.commodoit, & quelquefois de douleurs, com-| 
*me pour accoucher. 

j L’enfant de Sens a refié vingt-huit ans dansj 
lie ventre de fa mere. Il fut placé ,*en 165 9 J 
Idans le Cabinet des curiofités de Frédéric ,! 
'troifieme Roi de Dannemarck. Des quatre- 
jEnfans dont je viens de parler, les deux pre- 
fmiers, celui de Joigny & celui de Souabe, 

J ont été formés dans la trompe, & les deux 









i66 UbJ ervatioTis. 

autres, celui de Sens & de Touloufe^ Font 

été dans la matrice. , 

Le fétus de Sens étoit ramaffé en boule , 
ayant les extrémités du corps pliées de ma¬ 
nière à favorifer Farrondiflement de la mafTe , 
les tégumens fort durs , les doigts des pieds 
comme pétrifiés, & fi ferrés, qu’ils repréfen- 
toient Ÿ ouvrage d’un Statuaire, qui les auroit 







Obfervâtions. i 6 f 

mort, caufée par des acçidens tout-à-fait in- 
dépendans; de cette ; circonftânce. 

On lit dans la Bibliothèque Italique , an¬ 
née 172,8 , tome ï\ une OÊferyation fur üii 
fétus qui a refié près de quinze ans dans lé 
ventre, & a été trouvé hors de la matrice; 
& renfermé dans fes membranes, fans être 
corrompu; ni defféché; mais gras, frais* & 
plein dé fuc, quoique la mere fut morte de 
la maladie vénérienne. 

VI. ÔBSERVÀTÎON. 

Sur La Membrane Hymen, 

T 5 On a dit que dans les Filles, quLn avoieht 
JL à permis dans le vagin Fintroduêlion d’au¬ 
cun corps capable d ’y faire violence, on troti- 
voit, pour l’ordinaire a fon orifice, un cerclé 
charnu & membraneux , parfemé de vaifîeàux 
capillaires fànguins. Ce cercle a une ouver¬ 
ture pour l’écoulement des menftrues ; elle 
efl fi petite dans le premier âgé, qu’à peine 
ün petit pois pourroit la traVerfer f elle fe 
dilate dans la fuite peu-à-peu, enforte que dans 
les adultes , elle pourroit admettre rextrémitê; 

- - Z 







.11 6 8 Obfervadons . 

du petit doigt. Les Anciens Font nomme Hy¬ 
men; fon intégrité a été regardée comme^m 
témoignage certain de la virginité, & Ton a 
jappellé Fleur de virginité^ l'écoulement fan- 
‘guin qui accompagne ladivifion de ce cercle, 

|ou pour mieux dire, celle des vaiffeaux qui 
s y diftribuent, occafionnée par laf partie du 
mâle, dont on à cru Fintromiffion néceffairé 
pour la génération ; mais depuis que l’expé¬ 
rience a fait voir que la génération a eu lieu, 
fans que Fon pût foupçonner aucune intro- 
miffîon, vu l’extrême rétreciffement du va¬ 
gin, Fon a ceffé de regarder l’intégrité de ce 
cercle, comme une preuve abToluè delà fa- 
geffe d’une fille, mais feulement comme une! 
préfomption avantageufe pour celle en qui; 
elle fe rencontre. 


VII. O B SE RVATIO N. 

Sur l’extrême rétreciffement de Vorifice du 
Vagin. 

O N lit , dans FHifiôire de F Académie 
Royale des Sciences, année 174S, qu’u- 
1e Femme de Brelt avoit le vagin fi étroit. 







UbJ try allons . 169 

[qu’à peine il permettoit l’entrée d’un tuyau 
[de plume. Malgré cette difpofition, elle de¬ 
vint enceinte, & accoucha heureufement après 
trois heures de travail, d’un,enfant fort ôd 
puifiant. On trouve un femblable cas dans 
l’Hiftoire de la même Académie, année 1712,J. 
avec cette ; différence feulement que dans ce 
dernier, le vagin commença g fé dilater dès 
le cinquième mois; au-lieu que dans la femme; 
de Breft, la dilatation ne fe fit qu’au moment! 
! des plus fortes douleurs,,'& qu’il fallut forcer! 
les voies par le moyen du doigt. 

On lit dans l’Anthropographie à^ Riolan , 
Livre IX, chapitre 3 5 ; , page 197, qu’une 
femme , ( par les cicatrices qu’a voient produi¬ 
tes les plaies, des parties extérieures de la gé¬ 
nération, dans un accouchement laborieux, 
n’avoit au-dehors qu’une ouverture a. permet¬ 
tre l’entrée dl un fiilet : malgré cette difpofi- 
fion elle devint enceinte, &. accoucha par 
des fecours de l’Art/ Qn lit dans le même en- 
; droit, qu’une femme-, regardée comme imper- 
for ée , ayant accufé fon mari d’impuiflance, 
le Juge ordonna la vifite, dans laquelle, à fon 
Igrand étonnement, elle fut trouvée enceinte. 







eryations « 


VIII. OBSERVATION. 


&/z<? membrane qui fermoit [orifice du 


| euies myrthiformes , une membrane affez forte 
qui ferme exaâement ce conduit : cette mem¬ 
brane ed contre nature, auffi eft-on obligé 
:àe la divifer pour procurer Técdulement des 
mendrues, dont la rétention pourroit caufer 
jdes accidens très-fâcheux. 

I V -'M. Saviard , ancien Chirurgien de ^Hôtel- 
Dieu de Paris, dit, dans la quatrième de fes 
Obfervations, qu’une fille imperforée, par-' 
venue au temps de fes écouleqiëns périodi¬ 
ques, fe trouvant très-incômmodée d’une pe- 
fauteur fous les os pubis, fe détermina à l’o¬ 
pération que Ton jugea néceffaire ; elle fut 
ifaité avec une lancette à abfcès, que Y on 
plongea dans la tumeur qui fe faifait âpper- 
| ce voir à l’entrée du vagin : il en fortit deux 
'pintes de fang, qui avoit la conddance de lie 
de vin, & une odeur très-fétide ; ce qui en- 







gagea le Chirurgien a mettre en mage, pen¬ 
dant trois -femaines, des injeâions déîérfives, 
auxquelles il fit fucceder les defïicafives, qui 
terminèrent là guérifon. 

Cette memtbrane à donné lieu à des mé- 
prifes cohfidérables. On lit dans A. Paré , 
Livre XXIV, Chapitre 5 0 , qu’une hile fut 
déclarée enceinte par des Matrones, à caufe 
du gonflement confidérable du ventre 5 & de 
la tendon de la matrice, que produifbiî un 
amas confidérable de iarig menftruel ; mais 
cette prétendue gr-offeffe difpafut, lorîqu’on' 
eut incifé la membrane, que le fang, dont 
jla quantité étoit de Huit livres -, fie fut écoulé, 
j * Si les Matrônes, nommées pour juger de 
’l’état de cette fille, ayoient bien connu la dif- 
pofition naturelle des parties extérieures de 
la génération g elles né feroient point tombées 
dans une faute auffi grofiiere. Eh 1 à quelles 
erreurs ne font point expofées les ignorantes, 
qui font obligées de porter leur jugement fur 
des filles foupçonnées d’avoir été dédorées. 




ervattons. 


IX. OBSERVATION, 


Sur Le terme de 


neuf mois , qui n ejt pas af~ 
Juré, mais feulement le plus ordinaire, i ac¬ 
couchementpouvant être retardé, & aller au- 
delà de ce terme . 

M de la Motte n’adopte point le fentiment 
« reçu des Auteurs au fuj-et du terme de; 
neuf mois complets. M. Maurice au dit qu’un 
jpur de plus ou de moins çaufe toujours quel¬ 
que çhofe d’extraordinaire dans l’accouche¬ 
ment; mais M. de la Moite- allure qu’entre 
pluAeurs milliers d’accouchemens, il n’en a 
trouve que deux Air lefqueis il ait pu comp¬ 
ter juAe pour, le terme de neuf mois; U ajoute 
n’avoir jaijaais remarqué que quelques jours 
de plus ou de moins , fuffent d’aucune, cpnfé- 
quençe au terme de la grofleife. Un enfant, 







Obfervàtiojisi ij | 

au treizième mois : on ne doit point regarder 
ces accouchemens avancés ou retardés , com¬ 
me l’effet de quelque accident particulier, 
mais plutôt comme le produit d’une nourri¬ 
ture plus ou moins abondante que le fétus a 
prife dans le commencement de la grofTeiTe 
pour fon entière formation, & qui le met en 
état de faire, fur les parois de la matrice, des 
jirritations plus OU moins fortes, capables de 
jla mettre en contra&ion , c’efl-à-dire, de pro- 
jeurer un refferrement qüi produiféTà fortie 
Idu fétus ou l’accouchement. 


X. OBSERVATION. 

Sur un moyen peu iijitè de rappeller a la vie 
un enfant nouveau nè qui fembloit en être 
privé , pour avoir eu le cordon ombilical j 
long-temps comprime. 

O N lit dans le fécond voulume du Traité 
des Accouchemens de M. Smellîé , Doc¬ 
teur en Médecine, Recueil 21, Obfervation 
II, que cet habile Accoucheur Anglois, après! 
avoir donné fes foins à une femme dans uni 
accouchement contre nature, il jugea par lej 











174 Ubjervations. 

défaut de battement des artères du • cordon 
ombilical * qui avoit été long-temps compris 
me, que l’enfant étoit dans un péril imminent: 
de perdre la vie. Les fecours ordinaires em¬ 
ployés en pareils ca§ * & dont oh a fait men» 
tion, page 6 8, ayant été inutiles, il imagina 
de faire paffer de l’air, dans le poumon, au 
| moyen de la fonde à : femme, qu’il mit dans 
la bouche. À peine l’air y fut-il introduit, 
•que l’enfant fe mit à bâiller, & ce fecours, 

; répété par intervalle , le fit revenir éntiëre- 
'mento 








Objervàtionsï ïyj 

lëûoùooà 


XL OBSERVATION; 


ir un nouveau moyen de remédier aux accu 
dens produits par le féjour de quelques 
portions du Placenta , reflets dans la Ma* 
trice. 


(N trouve dans le troilîeme volume des 
Mémoires de F Académie Royale de 
rurgié i, année 1757, un moyen imaginé 
Mi Rëcolin , Membre de cette Acade- 
, pour prévenir, ou faire celer les acci- 
5 fâcheux qui proviennent dé réitération 
Quelque portion du placenta, tedée daiis 
latnce. Ce moyen 5 qui a été employé 
ieurs fois avec un heureux füccésy cori- 
dans Fiifage répété dés inje&ioils d éâü 
ë, faites dans la matrice même > aïiftioÿëii - 
le feringue à femme, dont le tuyau fera 
gé, comme il convient,- pour être porte ; 
s la cavité de ce vifcere. On conçoit âi-j 
eut que l’eau pénétrant la fubftance dé, 
portions du placenta , les met comme 
dilfolution ; ce qui en facilite la fortie, 
eft déterminée d’ailleurs par les chdcl 









1 1 y 6 Obfervations. 

|réitérés de l’eau pouffé e à chaque injec- 
jtion. 


XII. OBSERVATION. 

Sur l'expérience quon a coutume de faire fur 
le poumon d'un Enfant , pour juger fi la 
mere , accufée de l'avoir détruit , efl coupa¬ 
ble , ou non. 

\ |^Uolque l’expérience du poumon jette 
| dans l’eau femble être décifive, comme 
il efl dit, page 28-, - pour abfoudre ou con- 
|; damner une mere accufée d’avoir détruit fon 
j[enfant ;, cependant il efl prouvé par piufieurs 
[faits que cette expérience ne montre pas in-j 
| faillibîetnent que l’enfant foit né mort, ou s’il 
[a vécu; qüelque temps après fa naiffance. 

L’on a obfervé que les poumons d’un en¬ 
fant mort dans le fein de fâ mere> nagent 
quelquefois fur l’eau ; ce qui arrive, fi, des 
qu’il efl né , on lui foufîle dans la bouche , 
ainfi que le pratiquent quelques Sages-Fem¬ 
mes, quand elles doutent de fa vie. Cela ar 
rive encore lorfque l’enfant efl mort long¬ 
temps avant de naître, la pourriture produi- 







Ubjervations-. ' • ijj\ 

iast dans les poumons une raréfa&ion qui les; 
[fait furnager, comme on voit dans les rivières! 
des gens noyés flotter fur l’eau après avoir; 
été long-temps au fond. 

Quoique l’enfant foit né vivant, fes pou- 1 ; 
mons ne laifFent pas quelquefois que d’aller 
au fond; cela arrive, lorfque l’enfant, quoi-; 
qu’il foit né, ne refpire point, & meurt dans 
jcet état : car c’eft une erreur de croire que 
;fenfant ne nuifTe vivre quelque temps fans 








Obfervations . 

Il arrive quelquefois que de plaideurs mor¬ 
ceaux qu’on a coupé au poumon d’un enfant 
qui aura vécu, les uns enfonceront dans l’eau J 
les autres furnageront ; ce qui vient de ce! 
qu’auffi-tôt que l’enfant eff né, toutes les par¬ 
ties du poumon ne fe rempliffent pas d’air éga¬ 
lement , parce qu’il faut aux unes plus de tems 
pour l’admettre, & aux autres moins. 

L’on a vu un enfant qui ayant pouffé quel-: 
ques cris après fa naiffançe, &par conféquentj 
ayant refpiré, fut mis en terre, quoique vi¬ 
vant , d’où étant retiré, fes poumons enfon¬ 
cèrent dans l’eau comme une pierre. 

Il réfulte de ces faits que fi d’après l’expé-: 
fience des poumons, l’on ne peut tirer une 
conféquencê abfolument décrive, elle" fournit 
‘du moins des motifs très-forts pour engager, 

. les Juges à examiner foigneufement la conduite 
de la mere, qu’on accuferoit d’avoir tué font 
|enfant, fur le corps duquel un Chirurgien, 
éclairé & attentif , pourra d’ailleurs dikerner 
les caufes violentes de fa mort. 

I F I N. 




Contenus dans ce Traité, 


''U Es qualités requifes aux.femmes qui. fq 
dejlinent cl. l’Art des Accoucher j 
mens. Page i 

Ch AP. II. De la Matrice , 14 

Ch AP. IÏI. Du Vagin. iB 

1 Ch ap. IV. De la gènérœtwm de. I’Homme. z,z 
; Ch AP. Y* Du Fétus y du F lac entq y du Cor¬ 
don ombilical y &c. 24 

iCHAP. VI, De la vraie & de la fauffe Grof 


Chap. VIL De F Attouchement y improprement 
appelle Toucher . 3 1 

Ch AP. VIII. De la nécejjité de la faignée dam 
la Grojfejfe. y t 

,Chap 5 IX. Du faux germe & de la mole, y 











|A,HAP. A. Jue La jaujje-couctie % ou de L avor¬ 
tement. 41 

Chap. XI. De la fauation naturelle de l’en¬ 
fant dans la matrice . 47 

Ch AP. XII. De la préparation a Taccouche¬ 
ment naturel. 50 

CHAP. XIII. De l’accouchement naturel. 56 
|ChAP. XIV. De la manière de lier le cor- 


ChAP. XV. De la maniéré de délivrer lafem- 


Chap. XVI. De la maniéré dé emmailloter 
V enfant. 74 

ChAB. XVII. De la maniéré d’accommoder 
l’Accouchée , & du régime,quel¬ 
le doit obferver. 7 J 

GhaP. XVIII. Des tranchées qui arrivent a 
lé Accouchée ? des hémorrhoides 
& de la née effilé de b affiner la 
partie. 83 

Ch AP. XIX. Du dévoiement quifurv lent a la 
■ la femme les premiers jours des 

couches. 85 

[ Ch AP. XX. De V Accouchement laborieux a 
caufe du paffage trop étroit , & 
des. vices, de conformation. 87 









DES CHAPITRES. ,8t 

CH AP." XXI. De F Accouchement où lenfant 
ejl arrêté au paffiage par des 
épaules trop larges. 90 

Ch AP. XXII. De la difficulté d'accoucher, 

lorfque lorifice de la matrice\ 
fe rejferre tout- cl- coup, après 
avoir laiffiépaffier la tête. 92 
CHAP, XXIil. De l'Accouchement où la ma¬ 
trice précédé la fortie de Fm- 


jChAP. XXIV. De T Accouchement accompa- 
~ gné du relâchement du Vagin, 


Chap. XXV. Des diffiérentes obliquités de ta 
Matrice. 98 

Chap. XXVIi De lAccouchement où l'En¬ 
fant préfente un pied, ou tous 
lès deux enfemblè. 163 

Chap. XXVII . De FAccouchement où l'en¬ 
fant préfente les genoux, ou le 
fondement. 108} 

I ChAP. XXVIII. De l'Accouchement où F en-\ 
faut préfente le ventre, la poi-\ 
trine, ou le dos. 

ChAP. XXIX. De F accouchement où Fe ; 

pré fente le bras ou le coude . 


-ant\ 






i8t TA B L È-, &c. 

ChAP; XXX. De F Accouchement où F enfant 
préfente F épaule , F oreille ou 
le menton, ng 

ChÂP, XXXI. De F Accouchement où fe ren¬ 
contrent plufieur s enfans. i17 
Ch AP; XXXII. De F Accouchement où le cor¬ 
don fe préfente le premier avec ! 
'quelque partie de F enfant, ni 
ChAP; XXXI II, De F Accouchement de F en¬ 
fant mort ) & de la tète réfléè . 
dans la matrice. nz) 

Ch AP. XXXIV .De F arriéré-faix adhérent J 
& de la matrice renverfée: 1 irj\ 
ChAP. XXX-VV De la perte de fa-hg qui pré -j 
cédé ou accompagne T accouA 
chement y & de celle qui le 


ChAP. XXXVI. Des Convulfons & de la Lé¬ 
thargie , qui furvicnnent a la 
Femme dans le travail. 134 
rélaxa¬ 
tion de la matrice^. 13 ( 

ChAP. XXX V I II. Des qualités requifes a unt 


cerne ou 


bonne Nourrice. 

Fin de la Table des Chapitres, 













DES OBSERVATIONS 


Sur des cas fnguliers , ajoutes à 
de T Auteur. 


PREMIERE ObSË ÜV AT I O N 


t r plusieurs exemples de double matrice. 

Page 145 

)bs. Sur les vices de Conformation dubaf 


III. (JBS. dur un retus de vingt-un mois, qui 

fut retiré de la trompe droite de 
la matrice -, fans que la mere en 
foit morte. 15 o 

IV. Obs. Sur un Fétus tiré du ventre de fa 

mere par le fondement. 154 

V. Obs. Sur dès Fétus qui ont demeuré plu- 

fieuts années dans le ventre de 
leur mère , fans fe corrompre. 













184 TABLE, &c. 

VI. Obs. Sur la Membrane Hymen. 167 

VIL Obs. Sur rextrême rétrecijfement dé l'o¬ 
rifice du Vagin. 168 

VIII. Obs. Sur une membrane qui fermoit l’o¬ 

rifice..du. Vagin. .. 170 

IX. Ob'S. Sur le terme de neuf mois, qui nejl 

: ,pas ajfuré, mais feulement le 
plus ordinaire , Vaccouchement 
pouvant être retardé, & aller au- 


delà de ce terme . 


)bS; Sur un moyen peu ufité de rqppeller\ 
à la vie un enfant nouveau nè 
qui fembloit en être privé, pour\ 
avoir eu le cordon ombdical\ 
long-ternps comprimé. .173 
Obs. Sur un nouveau moyen de remédier j 
: y aux accidens produits par le 
féjour de quelques portions du 
Placema^refiées dans la ma¬ 
trice. rarx 175 

Obs .. Sur Vexpérience qu on , a coûtante 
éde faire fur le poumon d’un en- 
. faut , pour juger fi là mere , ac- 
. cufée de l’avoir détruit , efi cou- 
- pableou non. 176 

Fin de la Table des Obfervations. 










Extrait des Regijlres de VAcadémie de 


M Ümeurs Verdier 6 c Levret , qui avoient 
été nommés par l’Académie, pour exa¬ 
miner une Machine, inventée par la Dame 
du Coudray , MaîtrdTe Sage - Femme, reçue 
à Paris, établie à Clermont en Auvergne, 


mens, en ayant fait un rapport tres-avanta- 
geux, F Académie a jugé cette Machine digne 
de fôn approbation. En foi de quoi j’ai donné 
le préfènt Extrait de nosRegiflres, ce premier 
Décembre 1758. 

M O R A N D, Sécrétaire perpétuel. 


J ’AI examinée, par ordre de Monfeigneur 
le Chancelier, un Manufcrit intitulé : Ab- 
[brêgéde F Art desAccouchemens , ou T on dorme 
des préceptes nécejfaires pour le mettre heureu- 
\fement en pratique , par Madame le Bourjier 
j dp Coudray % Maîtreffe Sage-Femme de Paris. 









Je nai rien trouvé dans cet Ouvrage qui puiffe 
en empêcher l’impreffion ; & je le crois très- 
utile aux Sages-Femmes de la Campagne , peu 
fufceptibles d’inftru&ions plus étendues* A 
Paris ? ce z Juillet 1757. 

M GRAND, Çenfeur Roy ah 


Approbation de M. Sue rainé. Maître 
Chirurgien & Accoucheurancien Prévôt du\ 
Collège des Chirurgiens de Paris , & Adjoint 
au Comité dé VAcadémie Royale de Chi¬ 
rurgie. 

J ? Ai lu, avec attention , XAhhrégé de F. Art 
des Accouchetnetis, compofé par Madame 
le. B ourjîer du Cou dray, ancienne Maîtreffe 
Sage - Femme de Paris. Jpet Ouvragé, qui 
çf abord n’avojt été entrepris que pour i’inf- 
fruÊüon des Sages-Femmes de Campagne, m’a 
paru pouvoir être très-utile à celles des Vil¬ 
les, par le grand nombre de remarques de! 
pratique que Y Auteur a jugé à propos dyj 
inférer : & fi l’on a égard aux Obfervations 
iingulieres que l’Editeur a placées à la fin de! 
ce Traité, l’on conviendra que la leéhire nem 
peut être que très-intéreffante. A Paris, ce' 
20 Décembre 1758, Signé, SUE. 









•gHfH 

PRIVILEGE DU ROI. 

"T OUÏSj par la Grâce de Dieu, Roi de France 
1 a 8c de Navarre : a nos amés 8ç féaux Confeillers, 
les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des 
Requêtes ordinaires de notre Hôtel , Grand Çonfeil, 
Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieute- 
nans Civils 8c autres' nos Jufticiers qu’il appartien¬ 
dra ; Salut. Notre amée Dame le Boursier du 
Coudray, Maîtreffe Sage-Femme de Paris, P en lion- 
naire du Roi pour démontrer l’Art des AcçoucHemens 
dans tout le Royaume, Nous a fait expo fer qu’elle dé- 
lîreroit faire réimprimer 8 c donner au Public ; VAb- 
brégé de l’Art des Accouchement ; s’il Nous piaifoit lui 
accorder nos Lettres de renouvellement de Privilège 
pour ce nécéffaires. A ces causes , voulant favorable¬ 
ment traiter l’Expofante, Nous lui avons permis & 
permettons par ces Préfentes, dé faire imprimer ledit 
Ouvrage autant de fois que bon lui femblera, 8c de 
le vendre, faire vendre 8c débiter par tout notre 
Royaume pendant le temps' de fix années, çonfécuti- 
ves, a compter du jour de la date des Préfenîes. 
Faisons défenfes a tous 1 Imprimeurs , Libraires, 8c 
autres perfonnes , de quelque qualité 8c condition 
qu’elles foient, d’en introduire d’im preflion étrangère 
dans aucun lieu de notre, obéiflance : comme auflï 
d’imprimer, ou faire imprimer, vendre, faire ven¬ 
dre, débiter,'pi contrefaire ledit Ouvrage,'ni d’en 
faire aucun Extrait fous quelque prétexte que ce puiffe 
être, fans la permilTîon expieffe 6c par écrit de ladite 
Expofantè , ou de ceux qui auront droit d’elle, à 
peine de cpnfifçation des Exemplaires contrefaits, de 










trois mille livres d’amende contre chacun des con- 
rrevenans, dont un tiers a Nous, un tiers a l’Hôtel- 
Dieu de Paris, de l'autre tiers a ladite Expofante, ou 
a celui qui aura droit d'elle , de de tous dépens, dom¬ 
mages de intérêts. A la charge que ces Préfentes fe¬ 
ront enregifirées tout au long fur le Regiftre de la 
Communauté des Imprimeurs de Libraires de Paris, 
dans trois mois de la date d’icelles i que l’imprefTion 
dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume de non 
ailleurs, en beau papier, de beaux carâéteres , confor¬ 
mément aux Réglemens de la Librairie^ de notam¬ 
ment a celui du dix Avril mil fept cent vingt-cinq, a 
peine de déchéance du préfent Privilège î qu’avant de 
•l’expo fer en vente, le manuferrt qui aura fervi de co¬ 
pie a rimpreffion dudit Ouvrage, fera remis dans, le 
meme état où l’approbation y aura été donnée, ès 
mains'de notre très-cher de féal Chevalier, Chance¬ 
lier de France, le Sieur de Lamoignon , de qu’il en 
fera enfuite remis deux Exemplaires dans notre Biblio¬ 
thèque publique, un dans celle de notre Château du 
Louvre, un dans celle de notredjt fleur de Lamoignon, 
& un dans celle de notre très-cher de féal Chevalier, 





fur ce requis, de faire pour l'exécution d’icelles tous 
adles requis 8 c néceffaires, fans demander autre per- 
miffion y 8 c nônobftant clameur de Haro, Charte-Nor¬ 
mande 8 c Lettres a ce contraires; Car tel eft notre 
plaifir. Donüé a Paris le premier jour du mois de 
Juin Pan de grâce mil fept cent foixante-huit 8 c de 
notre Régné le cinquante-troifieme. Par le Roienfôn 
Confeü. LE BEGUE. 

Regîflrë fur le Regiftre XIV> de la Chambre Royale 
des Libraires & Imprimeurs de Paris y N Q . 444 y fol. 
393 y conformément aux anciens Régiemens y confirmés 
par celui du 28 Février 1723. A Paris y le 22 Décem¬ 
bre 1758^ 


Pi G. LE MERCIER j Syndic .